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Monologue d’une tâche

Une française@Montréal

Allô amis de la Poly! Bon, je vais bien faire les choses et tout d’abord me présenter. C’est tout de même plus sympa de savoir avec qui on a affaire lorsqu’on s’apprête à discuter avec quelqu’un. Enfin, là ça ne va pas être une conversation au sens propre du terme, mais plutôt une discussion entre vous et moi où seule moi opurrais parler (techniquement écrire mais on s’en fout). Vous allez me dire que ça s’appelle un monologue, mais ce n’est pas très sexy de vous dire que je vais monologuer avec vous! Bon revenons à nos moutons! Donc qui-suis-je? C’est une question assez philosophique à laquelle j’essaye encore de répondre. Je vous fais la version brève sinon vous allez vous jeter sur le sudoku. Donc je suis une étudiante française en échange, communément appelée «X» dans la communauté Poly. «CALISSE, maudits français, ils envahissent toute la Poly et ont même réussi à infiltrer le Scope, Tabernouch !! ». Et oui, notre but ultime à nous vos cousins français est de récupérer le Québec et d’en faire un département d’Outre-mer! Je vous informe que j’ai déjà repéré des français tellement intégrés à la communauté Poly qu’ils ont même pris votre accent ou devrais-je plutôt dire qu’ils ont perdu leur accent français. Mais encore une fois je m’éloigne du sujet.

Je suis donc une méchante française qui a choisi de profiter de sa dernière année d’étude (en théorie) pour découvrir ses cousins québécois. Je vous avoue que je suis principalement venue pour les bûcherons canadiens. J’ai toujours eu un faible pour les chemises à carreaux. Et puis couper du bois… Mais je suis un peu déçue parce qu’à mon arrivée à l’aéroport je n’en ai pas repéré. D’ailleurs, ça fait un mois que je suis là et toujours pas de beau bûcheron à l’horizon donc AVIS À LA POPULATION si tu connais ou si tu te sens l’âme d’un bûcheron passe au Polyscope on te redirigera vers moi. Ne soyez surtout pas timides, je suis française mais ce n’est pas contagieux. Je n’ai peut-être pas vu de coupeur de bois mais j’ai vu des écureuils téméraires qui n’ont même pas peur de traverser la rue au péril de leur vie. Ça peut paraître ridicule pour un québécois mais là d’où je viens jamais on ne verra jamais un écureuil en ville. Ok je viens de Paris. Là vous vous dîtes, français y compris, «non seulement elle est française mais en plus Parisienne, Ostie (Putain pour les français) je sens qu’elle va nous faire chier!». Je plaide coupable j’ai des défauts et pas des moindres mais bon je suis terriblement attachante. En fait, ce n’est pas très positive parce que dans attachante on entend tâche. Pas du tout la même origine étymologique mais l’effet sonore est là. Vous allez dorénavant m’associer à une tâche tenace qui s’incruste et ne veux pas partir. Chouette! Je viens de ruiner ma présentation et par la même occasion mon avenir social à la Poly. Je sens que ma carrière journalistique va être courte et douloureuse. Je vous vois d’ici me balancer des tomates partout où j’irais dans l’école. Le point positif à toute cette affaire c’est que je risque de décrocher un contrat avec une marque de lessive qui vantera le pouvoir de son produit sur la tâche que je suis.

Je choisi de finir cet article sur cette note encourageante pour la suite de ma carrière. J’espère ne pas me faire éliminer par le public et revenir en deuxième semaine pour une chronique passionnante sur les quiproquos entre les francophones du Vieux et du Nouveau Continent. Sur ce profitez de votre semaine et à bientôt.

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