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World Press Photo

Par Matthieu Sola

Depuis le 29 août dernier se tient au Musée juste pour rire l’exposition du World Press Photo.
Cet évènement annuel regroupe 200 photographies de presse sélectionnées par un jury composé de personnalités du milieu du photojournalisme et récompense les meilleures photos de l’année en les classant dans 10 catégories différentes. Une fois la cérémonie passée (en Hollande, l’association étant basée à Amsterdam), l’exposition voyage dans une quarantaine de pays faisant ainsi découvrir les lauréats au public, composé principalement d’occidentaux.

Étant moi-même amateur de photographies en manque de temps et d’inspiration, je suis allé avec un plaisir et une curiosité non dissimulés au vernissage de cette exposition.
J’ai vu cette dans cette couverture l’opportunité de renouer un peu avec la photo en faisant travailler mon regard avec ce qu’il se fait de meilleur en photographie de presse, un domaine qui m’a toujours attiré. Une fois arrivé sur les lieux, j’ai très vite compris que ce n’était pas le photographe qui était en moi qui allait être touché, les photos étant invariablement d’excellente qualité. Il n’y a rien à dire à ce niveau là, c’est donc en tant que témoin-spectateur de cette année 2008 que j’ai été pris à contre-pieds de nombreuses fois.

Peu après être rentré, mon regard a été accroché par les photos de jeunes enfants tenants des armes à la main. On pense tout de suite à l’Afrique et aux enfants soldats, mais ces enfants là sont blancs et américains.
Enfants chasseurs dans un pays en paix. Un peu plus loin, des photos violentes d’une jeunesse désabusée, aux USA encore. Et en face, des photos tout aussi violentes par leur contexte
: photos de rescapés de la « guerilla »
colombienne. Images de guerres et de victimes qui sont venues me toucher malgré l’anesthésie administré par les violences Hollywoodiennes, probablement grâce à leur sincérité. Un autre exemple : les photos de l’attentat de
Bénazir Bhutto qui sont frappantes par leur côté instantané qui m’a
immergé dans l’action. Je n’en suis sorti que lorsqu’un couple en veston cravate s’est mis à divaguer sur la qualité du vin servi au bar…

Quelques pas plus loin, une photo surréaliste : le général congolais
Laurent Nkunda épaulé par 2 sbires dans une pose digne du gangstarap (il manque les bimbos mais on n’est pas loin). Une image tellement travaillée que derrière lui on a marqué au mur
: « La justice est rendue au nom du peuple ». Le tribunal international de La Haye enquête actuellement sur ses violations des droits de l’homme. Un dirigeant qui a néanmoins compris dans quelle ère médiatique il vit.
J’en ai beaucoup parlé, mais l’exposition ne se limite pourtant pas à ces images de révoltés et de guerres ; certaines catégories comme Arts, Nature ou Portraits permettant de souffl er un peu en admirant de magnifiques photos montrant ce pourquoi les photographes de presse se battent.
Un combat sans fin, mais auquel cet exposition fait grandement honneur.
Allez-y, ne serait-ce que pour savoir dans quel monde vous vivez.

World Press Photo 2008

Du 29 aout au 28 septembre 2111, Boulevard St-Laurent Remerciements particuliers Thierry Ha et PolyPhoto.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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