Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Symphonie des Mille de Mahler

Le 9 et 10 septembre derniers,
l’orchestre symphonique de Montréal a fêté l’ouverture de sa 75e saison en présentant la Huitième Symphonie de Gustav Mahler, ou Symphonie des Mille. Ce choix fait référence à la programmation du concert d’inauguration de la Place des Arts, qui se tint en 1963, puisque Mahler fut parmi les compositeurs interprétés.

Né en 1860 et mort en 1911, Mahler est à la fois un compositeur et un chef d’orchestre reconnu. Quoique n’étant pas natif de Vienne, il appartient tout de même à ce cercle où l’infl uence de Wagner et du romantisme nourrit encore l’imagination. Sa musique n’est donc pas empreinte des conventions qui jusqu’alors ont plus ou moins régit la composition musicale mais présente une sensibilité à l’âme humaine et à la nature, propre à l’héritage romantique.
Cette référence est d’autant plus palpable dans la Huitième Symphonie que Mahler puise dans l’imagerie du Faust de Goethe (écrivain marqueur du début du romantisme en Allemagne),
traduisant musicalement les passages littéraires.

Mais d’où vient donc ce nom de Symphonie des Mille? En fait cela correspond à un surnom qui a été adopté lors de la première de la Huitième Symphonie, de par l’ampleur du nombre de participants (chanteurs, musiciens).
Cette 75e saison se fait donc avec faste et grandeur. Dès l’ouverture de la symphonie, qui s’effectue par un mouvement assuré et vif de Kent Nagano, nous plongeons dans une musique qui fait vibrer en nous un sentiment de sublime. Le choeur imposant, constitué de plus d’une centaine de personnes, génère un chant presque aérien et ce accompagné par le jeu fougueux de l’orchestre et la perfection des voix des solistes.

À cette imposante première partie en latin (Veni, Creator, Spiritus) succède la scène finale du Faust de Goethe (avec des chants en allemand), qui possède une grande liberté musicale, rendant compte de la modernité de l’écriture de Mahler. Les cordes pincées des violons, des violoncelles et des contrebasses, créent véritablement cette atmosphères de forêt, de montagne, de solitude voire d’angoisse.
L’oeuvre de Mahler est très diversifiée dans sa composition : la puissance de tout l’orchestre et du choeur précède parfois des instants durant lesquels seul le premier violon accompagne une soliste; au chant polyphonique des talentueux solistes dont s’est doté l’OSM répond l’harmonieuse mélodie des harpes. Nous passons donc par une gamme d’émotions très diverses, de la fascination quasi mystique à l’enchantement jovial, de l’inquiétude à la tranquillité. Cette oeuvre représente un excellent moyen de s’initier à la musique classique, si ce n’est déjà fait, de par ce vaste éventail d’instants musicaux.

La présence passionnée sur scène de l’orchestre, du choeur, des solistes et surtout du chef d’orchestre fait de cette ouverture de saison un moment inoubliable et confirme la vivacité culturelle de Montréal.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.