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Éthique des transports en commun

Cet été fut mon premier été à Montréal ainsi que la première fois que je prenais le transport en commun sur une base régulière. Cela ne fait probablement pas de moi un expert de la locomotion motorisée partagée, mais je crois quand même que la STM devrait donner des cours à certains passagers. Laissez-moi vous démontrer ce que je veux dire par un fait vécu par moi-même. Je me réveillai au son des oiseaux tropicaux dans ma villa sur Édouard-Montpetit. Alfred, mon majordome m’apporta un chocolat chaud au lit : la journée était parfaite jusqu’à présent. Je pris ma fidèle boîte à lunch dans le frigo et je partis en direction du métro de l’Université. Jusqu’à l’entrée du métro tout était parfait. Le gentil monsieur frisé me remis mon journal quotidien, seul soutient moral et distraction pour l’épreuve qui s’amorce. Ce n’était pas un Polyscope malheureusement puisque nous ne publions pas l’été et que nous n’avons toujours pas trouvé de bénévole pour se planter devant la porte du métro avec une pile de journaux au lieu d’aller à ses cours (Si jamais vous êtes intéressé, vous allez être très bien payé un bénévole). Bref je poussai la porte du métro. Le courant d’air me rafraichissant joyeusement le visage tel un séchoir à main du pavillon Lassonde m’annonce sans pitié que je viens de manquer mon métro. Pas besoin de courir pour une fois, j’ai encore une dizaine de minutes à attendre. Je glisse donc ma carte dans la machine pour passer. Hé non, l’accès au métro m’est refusé par une machine à la tête dure. Je vais donc voir le monsieur dans sa cabine. Il me fait signe (il semble qu’à un certain point, lorsque l’on est enfermé dans une cabine pendant des années, on oublie comment parler) de passer ma carte dans l’autre machine. J’essais de lui expliquer que ma carte est pu bonne, mais il ne comprend pas. Super! Je passe donc ma carte dans la deuxième machine. Wow ca marche. Bon faut que je sois clair, quand je dis ca marche, c’est vague. Il n’y a aucun son qui valide que la carte est bonne, mais le tourniquet est débloqué (avis au intéressé, c’est celui le plus proche de la cabine). Je suis sûr que le monsieur a brisé volontairement le tourniquet pour ne pas avoir à dealer avec les clients insatisfaits. Bon, je lis une partie de mon journal et mon métro arrive. J’y entre et je m’assois sur un siège. Évidemment, un monsieur étrange vient prendre place à côté de moi, même si plein de places sont libres ailleurs. Heureusement, je n’ai que deux stations à endurer l’odeur intense de poudre pour bébé qui émane de lui. Ce qui m’amène au titre du premier cours pour passagers que je suggère à la STM : « L’odeur en public ». Les différents chapitres pourraient être « Comment ne pas puer » et « La solution n’est définitivement pas de se verser une chaudière de parfum dans le visage ». Je sais que le titre du deuxième chapitre mesure 2 mètres, mais c’est mettre l’emphase sur le message. J’arrive à Snowdon. Je sors du métro. Cool, c’est un terminus, je n’ai donc pas l’habituelle vague de passagers qui tentent d’entrer dans le métro avant que le monde sorte. Je ne comprends toujours pas ces gens : c’est presque sûr que quelqu’un va sortir du métro et en plus, tu vois la personne par la vitre de la porte pendant que le métro freine! Tassez-vous! C’est d’ailleurs le deuxième cours que la STM devrait donner : « Tout ce qui rentre dans ressortir ». Ce n’est pas juste de la politesse de laisser le monde sortir du métro quand il arrive, ca facilite grandement les échanges de passagers aux stations. Bon, j’attends le prochain métro. Fidèle à mon habitude, je prévois exactement où la porte du métro arrive. Je suis donc debout, directement devant la porte (j’ai vérifié, personne voulait sortir), alors que le métro freine. La porte ouvre et… quelqu’un trouve le moyen de me couper et de prendre le seul siège assis. Avec mon esprit naïf, j’ai toujours cru qu’attendre le métro c’était comme la loterie. Si tu arrivais à prévoir où arrive la porte, tu te méritais le premier choix dans les sièges avoisinants. Hé non, certaines personnes n’ont toujours pas compris ce qu’est une file d’attente. C’est drôle, moi j’ai appris ce concept là au primaire (ou même avant) et c’est toujours des « vieux » qui me font ce coup là. Le troisième cours pourrait s’intituler « La file d’attente pour les nuls » ou, pour une méthode plus direct « Hey le niaiseux, est-ce que tu referais ce que tu viens de faire devant un Hells? ». Deuxième trajet en métro, l’homme sans sudorifique à côté de moi a évidemment décidé de lever son bras le plus haut possible pour se maintenir en place tout en revêtant joyeusement une camisole qui ne filtre aucune odeur. J’arrive à la station Du Collège, je suis presque rendu à la job, plus qu’un voyage en autobus. Je sors du métro, mon autobus est déjà arrivé. Je montre ma carte au chauffeur, ca fonctionne. Au moins lui n’a pas besoin d’une machine pour lui dire que ma carte est bonne (je persiste à dire que la cage en vitre à des effets néfastes sur les gens du métro). Je remarque une place où je peux m’asseoir dans le fond. J’y vais et sans trop réfléchir, je m’assieds. Je me rends rapidement compte que l’homme à ma gauche a fait beaucoup trop de musculation dans sa vie : ses épaules arrivent à la moitié de mon siège. Celui à ma droite n’est pas mieux, il profite de son sac à dos entre ses jambes (où pour donner l’impression qu’il a un gros paquet) pour écarter ses jambes pour que sa gauche arrive… à la moitié de mon siège. Je me penche un peu par en avant pour laisser place à boule de muscle et je repousse la jambe de l’autre de plus en plus fort avec la mienne. Il laisse sa jambe là. Je sais pas pour lui, mais moi, je n’aime pas dû tout avoir des contacts de force non négligeable le long de ma jambe avec un autre homme, mais bon, lui il semble aimer ça. Probablement qu’il est fils unique parce que moi dans ma jeunesse, j’ai appris le concept de « c’est MA place » ou « tu dépasses TA ligne ». Pour ces passagers qui semblent affligés d’un handicap les empêchant de ne prendre qu’une seule place, la STM devrait leur charger le prix de deux billets ou leur donner le cours « Reste dont debout si tu sais pas t’assoir ». Enfin, mon arrêt, je débarque de l’autobus et le chauffeur me souhaite une bonne journée, mais moi je n’ai qu’une seule chose en tête : le voyage du retour.




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