Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Fous de génie

Vulgariser la science aux enfants : c’est l’ambitieuse tâche que ce sont donnés 11 étudiants de Poly cet été. Le défi était double puisqu’en plus de gérer des enfants en bas âge, il fallait leur inculquer des concepts scientifiques sans qu’ils aient l’impression d’être à l’école. Au vu des petits yeux brillants de mon cousin de 11 ans qui m’expliquait comment faire du béton, Folie Technique relève largement le défi. Il fallait être présent les vendredis qui clôturaient les semaines thématiques pour voir cette très belle alchimie entre moniteurs et campeurs remplir la salle de rires et d’applaudissements alors qu’ils entonnaient leurs chants de groupe ou se remémoraient des activités de la semaine.

En une semaine, ces étudiants réussissent à démystifier et humaniser la science auprès de ces jeunes pour le plus grand bonheur des parents.

Avec un budget de près de 200 000$, cet organisme à but non lucratif est entièrement géré par des étudiants au bac de poly et est actif à l’année longue. Pendant les sessions d’hiver et d’automne, ils organisent des ateliers dans plus de 50 écoles primaires qui permettent aux élèves et aux moniteurs d’avoir une toute première approche concrète avec la science : « l’année dernière, c’était la première fois et peut être la dernière que je voyais et touchais du bout du doigt] de l’azote liquide! » nous a confié Turbo, actuel chef moniteur. Ces ateliers vont d’une introduction à la chimie générale, à la composition d’un laser en passant par la découverte de l’espace.

Toujours en hiver et en automne, une armée d’une trentaine de bénévoles s’active pour négocier des prix préférentiels avec Aramark, faire de la publicité, faire le suivi des inscriptions, écrire des articles pour le journal scientifique, être le guide des visites scolaires et chercher des commandites. Ainsi cette année ces commandites ont permis à 60% des campeurs venant de milieux défavorisés d’assister gratuitement au camp. C’est aussi le moment pour développer les activités que les jeunes feront l’été pendant leur camp. Un étudiant est alors embauché pour accomplir cette tâche qui sera sanctionnée par le conseil d’administration de Folie Technique.
En été, les campeurs ont chaque semaine le choix entre 4 thèmes et sont répartis en 2 groupes en fonction de leur âge : « Environnement et catastrophes terrestres », « À toute vitesse », « Infomania » ou « Construis ta ville ». Dans chaque thème, ils produisent un ou plusieurs projets qu’ils exposent fièrement à leurs parents à la fin de la semaine. Ainsi dans « Construis ta ville », nos ingénieurs civil en herbe font une mini centrale électrique et dans « À toute vitesse » nos futurs ingénieurs mécaniques construisent une voiture.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme disait Rabelais. Avec pour thème principal « fait un pas VERT la science » l’accent est aussi mis sur le développement durable. « Il faut que les enfants se rendent compte que c’est leur futur qui est en jeu et donc nous les sensibilisons à l’écologie et au recyclage » nous confie Turbo. C’est ainsi que votre hebdomadaire préféré, le Polyscope trouve une deuxième vie en servant à bâtir les poutres et les colonnes d’un pont en papier, qui a ce qu’on me dit est très très résistant!

Le succès est au rendez vous, puisque plus de 500 jeunes se sont inscrits 800 fois aux activités de Folie Technique. Certains comme Chronos qui ont été plusieurs fois campeur, décident de revenir au camp comme assistant moniteur.

Pour les moniteurs, cette expérience est aussi valable qu’un stage. Pour Lambda, c’est avant tout une expérience de gestion, d’autant plus que de part le statut d’organisme à but non lucratif de Folie Technique « il faut faire plus avec très peu, donc il faut être très débrouillard en plus de devoir gérer les parents, le groupe et tout ». Pour Nano en génie électrique, « on sent qu’on a accompli quelque chose à la fin de la journée, alors que dans une compagnie on a pas nécessairement ce feeling ». Spin en troisième année de génie civil nous a révélé que même si les activités étaient conçues pour des jeunes, il y a avait un lien entre ses cours et le camp car par exemple, « on construit des structures en béton et on va les tester dans le laboratoire de structures ou dans l’activité charpente, le défique l’on demande aux enfants est de concevoir la structure en papier la plus résistante possible ». Même chose pour Voltage en génie chimique qui lors de la thématique «Environnement et catastrophes » a pu transmettre aux enfants quelques notions de chimie.

Pour certains moniteurs, ce camp était un défi particulier. Un défi de langue pour Fauboss en génie industriel, qui fraichement débarqué de Colombie ne comprenait et ne parlait pas français il y a 2 ans. Nano qui vient de terminer son bac en génie a décidé de passer son été à Folie Technique plutôt que d’entrer immédiatement sur le marché du travail.
Même si plusieurs de ces moniteurs sont en 3e année et peuvent avoir un stage en entreprise, tous s’entendent pour dire qu’ils ne regrettent absolument pas cette expérience, qu’ils jugent très formatrice tant dans le travail d’équipe que dans la gestion de personnes ou dans la communication en public et la logistique.

Tout n’est évidemment pas rose. Cet année avec la vigueur du dollar canadien beaucoup d’entreprises ont souffert et donc sont moins enclines à faire des commandites. De plus comme pour bien des groupes à Poly, l’implication des étudiants est au mieux à dents de scie au pire inexistante. Ainsi pendant l’automne le conseil d’administration qui est le noyau qui monte le camp et coordonne les activités fonctionnait avec 5 étudiants, alors que contrairement à la plupart des groupes étudiants, il y a une obligation de résultat, « le camp il faut qu’il se fasse » ajoute Turbo.

On ne le dira jamais assez, la vie étudiante est diverse et variée. Sans les initiatives étudiantes comme Folie Technique, la formation à Polytechnique perdrait son attrait. Il importe donc à l’École d’y mettre fonds et moyens pour que cette vie étudiante perdure et se développe. Mais il est tout aussi important que les étudiants s’impliquent, seule garantie de continuité.

Pour plus d’information:
www.folietechnique.com
local C210
camp, folietechnique.qc.ca




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Bandes dessinées : XIII

30 janvier 2009

Comment reconnaît-on le succès d’une série de bande dessinée ? Et bien sans doute par sa longévité et sa popularité… XIII fêtera ses 25 ans en 2009. Malgré que le plus célèbre amnésique de la BD n’aie pas encore atteint les sommets de Tintin, d’Astérix ou encore de Snoopy, il pourrait cette année faire de nouveaux adeptes ! En effet, l’histoire de XIII a été portée, l’année dernière, aux écrans de télé en Angleterre,...

Conférence Q-O:Leadership et le Réseautage

13 février 2009

Par AIESEC HEC La branche canadienne de l’AIESEC, la plus importante association étudiante au monde créée et gérée par des étudiants, a aceuilli le 7 février dernier à Montréal les jeunes du Québec et de l’Ontario. 18 universités ont été représentées: Chicoutimi, Concordia, HEC, Laval, McGill, Sherbrooke, UQAM, Carleton, Guelph, Laurier, McMaster, Ottawa, Queen’s, Ryerson, Toronto, Western, Windsor et York. Main dans la main, les AIESEcer ont vécu une expérience inoubliable; durant toute la...

ONU : La voie d’étudiants montréalais raisonne !

9 janvier 2009

Par Des amis du HEC Contribuez à l’évolution de VOTRE monde tel est le leitmotiv de l’événement Résolution 21 qui aura lieu les 30, 31 janvier et 1er février prochains. Inspirés par le Parlement Européen des Jeunes, des étudiants de HEC Montréal proposent, pour la 2ème année consécutive, aux étudiants de Polytechnique, de l’Université de Montréal et de HEC de s’impliquer sur la scène internationale en débattant sur les grands enjeux du 21ème siècle....