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Le monde selon JP

Présidentielles américaines

Je lisais récemment le blog d’un chroniqueur de la Presse sur ces fameuses primaires américaines. L’auteur se posait la question à savoir pourquoi un tel engouement médiatique pour des élections où nous modestes citoyens non-étasuniens, n’avons finalement rien à dire? Ce pourrait être une question légitime à mon sens, si on parlait des frasques d’un macho populiste et égocentrique fraichement élu à la tête d’un ancien empire (supposément) en déclin, en effet on se contre-foutrerait de la couleur de sa culotte… ou de celle de sa blonde. Mais dans le cas qui nous préoccupe et nous occupe, il s’agit d’élire un métisse ou une femme à la tête de la plus puissante « démocratie » au monde! Bien sûr que ce n’est pas anodin dans un système où c’est souvent l’homme blanc qui est mis en avant, et encore moins dans le contexte géopolitique mondial.

Parlons-en donc de cette campagne. Beaucoup refusent d’accepter le fait que le sexe et la couleur sont partie prenante de cette campagne. Mais c’est justement l’élément central, de cette course à la nomination démocrate qui est tout sauf un débat d’idées : malgré ces discours inspirants, les positions du candidat-vedette Barack Obama sont sommes toutes assez traditionnelles. N’en déplaise à un autre macho (et con de surcroît), Rush Limbaugh, de sa jeune carrière politique Obama a toujours inconditionnellement supporté Israël, même lors de la guerre du Liban en été 2006. Tout comme son adversaire Hillary Clinton, Obama veut une couverture universelle de l’assurance maladie, même si les moyens d’y arriver diffèrent. Pour protéger les travailleurs étasuniens, ces deux démocrates veulent renégocier l’ALÉNA (ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi) ou taxer les compagnies qui déménagent abruptement leurs usines vers des pays où les conditions salariales sont bien moindres. Ils ont aussi voté pour le renouvellement d’une nouvelle monture très légèrement modifiée du Patriot Act qui autorise les agences de sécurités étasuniennes à taper sur tout ce qui est « suspect ». Bref, leurs idées de centre-gauche sont sensiblement les mêmes. C’est peut-être d’ailleurs pour ça que toute cette folie médiatique se concentre sur la course plutôt que sur les programmes.

Sur Bazzo.tv, l’animatrice éponyme s’étonnait du fait qu’Ophray Winfrey avait choisit de « privilégier sa race, plutôt que son genre » en optant pour Obama (qui je le rappelle est de mère blanche et de père noir). On pourrait se lancer dans une guerre des chiffres montrant que bien de noirs étasuniens seraient ravis de n’avoir que les 70 cents (sic) que les femmes gagnent en moyenne pour chaque dollars gagné par les hommes. Mais peu importe, le fait même d’avoir ce débat est une victoire des États-Unis qui montrent une certaine avance sur bien des pays du monde occidental. Qui de la France avec l’épisode Ségolène (suivant le violent épisode des banlieues-racailles), ou du Québec avec l’épisode Marois (précédant le joyeux épisode Boisclair) pourra donner des leçons en matière de cohésion sociale ou d’équité à l’Oncle Sam?

Peu importe le vainqueur de l’investiture démocrate, le résultat sera historique. Reste à savoir si le prétendant démocrate sera élu, et si oui ce qu’il/elle fera de sa présidence et sur comment cela influencera une éventuelle candidature d’une autre femme, d’un homme noir, d’origine hispanique ou japonaise. Mais ça c’est une autre histoire. Le problème sera plutôt dans la conclusion de ce débat. Cette victoire annoncée, sera quelque peu ternie si pour des partisans amers, la conclusion était que la misogynie est plus forte que le racisme ou vice-versa aux États Unis.

Non-événement

Chez nous, c’est le manque total de courage politique du chef de l’opposition Stéphane Dion qui retient mon attention. Les députés libéraux doivent trouver les banquettes du parlement tellement confortables qu’ils restent invariablement assis. Pourtant nombreux sont les griefs qui pourraient être adressés au gouvernement.

Après s’être fait élire comme champion de l’intégrité, le nouveau gouvernement du Canada® n’a pas mis longtemps avant de tomber dans les travers des vieux gouvernements canadiens. Après avoir proposé à un député une compensation financière en échange de son vote, les conservateurs de Stephan Harper font de l’ingérence politique leur marque de commerce. Pendant que les plus proches conseillers du PM tentent de favoriser leurs amis entrepreneurs, d’autres proches limogent la dirigeante d’une instance théoriquement indépendante du gouvernement qui n’avait pas envie de répondre aux bons désirs d’autres amis du gouvernement. On pourrait aussi s’attarder sur l’obstruction que font les conservateurs pour empêcher une comission parlementaire d’enquêter sur les dépenses électorales illégales du parti conservateur.

Et ce n’est pas tout. Ce gouvernement est réellement de droite. Pas de la droite des libéraux de Charest, mais bien pire. Ainsi, le Canada longtemps abolitionniste traitera au cas par cas toutes les condamnations à morts de ses citoyens à l’étranger. Cette nouvelle direction est abjecte autant sur le plan idéologique que sur le plan diplomatique. En effet, comment expliquer à l’Arabie Saoudite que nous n’apprécions pas la mise à mort d’un de nos ressortissant alors qu’auparavant nous décidions de ne pas intervenir auprès des États-Unis dans une situation similaire?

On pourrait aussi parler de l’immobilisme de ce gouvernement face aux secteurs en difficultés québécois ou ontariens, de la tiédeur (on est gentil) du plan contre le réchauffement climatique, de sa constante partisannerie ou de son narcissisme. Tant dans la forme que dans le fond, il y aurait matière à défaire et à battre ce gouvernement, mais c’est sans compter sur Stéphane Dion qui se réfugie derrière cette phrase qu’il pense magique : « Les canadiens ne veulent pas d’élections ». Évidemment vu le choix qu’on a!

Aah de la neige!

Je suis sidéré par tout ce tapage médiatique (encore) sur cette dernière tempête de neige. A en croire les journaux, on a l’impression qu’on vit en Arabie Saoudite! On parle beaucoup d’intégration ces derniers temps, mais j’ai l’impression que les pure-laines ne sont pas capable de vivre leur nordicité qui aux dernières nouvelles est une composante majeure de la réalité québécoise. Comment (et pourquoi) des personnes qui sont nés et ont toujours vécus ici se plaignent autant de la neige et des températures hivernales? Imaginez un poisson faisant une allergie à l’eau! Pire encore, il n’y a tellement pas de nouvelles à communiquer au monde que les journaux télévisés comme la presse écrite font leur une sur de la neige! C’est à ne rien n’y comprendre, fait que moi l’hiver prochain je vais aller en Floride, voir si le monde là bas est plus en accord avec leur géographie et leur climat.

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