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Le pont de la discorde

Le prolongement de l’autoroute 25 a refait surface dans les médias récemment. Trois groupes environnementaux, Greenpeace, Équiterre et le Conseil régional de l’environnement de Montréal, veulent faire arrêter les travaux de construction qui ont commencé depuis peu en faisant déclarer illégales la procédure suivie lors des audiences publiques du BAPE et l’adoption des décrets, le promoteur du projet ainsi que les impacts environnementaux liés à la construction et à l’exploitation du pont n’étant pas connus lors des consultations publiques tenues en 2005. Le projet en partenariat avec le privé consiste à finaliser l’autoroute 25 en reliant l’échangeur Anjou à l’autoroute 440 à Laval avec un pont payant de six voies traversant la Rivière des Prairies au bout de l’actuel boulevard Louis-H.-Lafontaine.

Les arguments contre ce projet sont nombreux. La circulation automobile sur les ponts de la région va, selon les prédictions du Ministère du Transport, être soulagée à court terme, mais s’empirer à moyen et long terme à cause du développement économique de l’est de Laval et de la couronne nord-est de la Rive-Nord, un des buts du projet. On mentionne également qu’au moins 2000 usagers du transport en commun opteraient dorénavant pour la voiture après les travaux. Il y va de soi que ce nombre additionnel de voitures aggravera la situation déjà critique sur la métropolitaine. De plus, il est tout de même paradoxal de construire un pont sachant que le prix de l’essence ne cessera sa montée fulgurante, tandis qu’on pourrait investir dans le transport en commun. Pour ce qui est du développement de la région, celui-ci peut se faire par l’amélioration significative du transport en commun. Je vous épargne les impacts sur la qualité de l’air et sur la perte de terres agricoles.

Malgré tout, le projet comporte des avantages. Tout d’abord, il améliore l’efficacité du réseau autoroutier montréalais qui peut être qualifié de médiocre. Le nouveau tronçon permettra une réduction de la distance parcourue pour les déplacements entre Montréal et le nord-est, et ce, non seulement pour les automobiles et les camions, mais aussi pour les autobus qui jouiront d’une voie dédiée dans chaque direction, excepté sur le pont où l’autobus est intégré au trafic. Notons que la faible densité de l’est de Laval fait en sorte que l’autobus est plus approprié qu’un moyen plus coûteux tel un train, du moins pour l’instant. N’ayez crainte, après vérification, les autobus ne seront pas assujettis au péage du pont.

Cela dit, faut-il empêcher la réalisation du projet? Je suis d’accord que ce projet va en sens inverse des politiques de réduction des gaz à effet de serre. Cependant, il faut s’avouer que ce n’est pas en empêchant la construction d’un pont qu’on va encourager les gens à prendre l’autobus ou à freiner l’étalement urbain. En fait, la croissance dans le nord-est de la région métropolitaine est très rapide, avec ou sans nouveau pont. Je crois qu’il faudrait plutôt adopter des politiques incitatives efficaces pour le transport en commun qui doit tout d’abord être amélioré. Dans cette optique, le train de l’Est, qui reliera le centre-ville avec Repentigny et Terrebonne d’ici deux ans, réglera une partie du problème des grands oubliés du transport en commun. L’augmentation de l’offre ne suffit cependant pas. Pourquoi ne pas instaurer un péage sur TOUS les ponts reliant l’île de Montréal? Encore mieux, suivre l’exemple de Londres et Stockholm en instaurant une zone de péage au centre-ville. Ces mesures se sont avérées efficaces pour réduire la congestion, encourager le transport en commun et augmenter le financement de celui-ci.

Pour terminer, il est dommage que le projet de la 25 passe avant l’amélioration du réseau de transport en commun, et ce, même si les institutions concernées admettent qu’il ne s’agit pas d’un projet prioritaire. D’autant plus que le nouveau train de l’Est ne permettra que de rattraper le retard incroyable en la matière. Ceci démontre que le transport en commun n’est toujours pas une priorité.

Pour faire un don pour supporter le recours juridique contre la 25 : http://www.greenpeace.org/canada/fr/actualites/donnez-25-contre-la-25




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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