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Johnny et ses conseils

Intéressant, cet article de Stéphane Baillargeon (Êtes-vous un turbo-consommateur?, Le Devoir, 28 février 2008), traitant de la surconsommation. On y apprend qu’il y a trois ans, les familles ont déboursé au total 25 milliards de dollars dans les « produits et services culturels » alors qu’ils n’en ont placés que 30 milliards dans leurs REERs. L’auteur se prend d’ailleurs en exemple en expliquant qu’il possède des centaines de disques compacts, de livres, une télévision plasma, deux ordinateurs, etc. C’est le professeur Keating de la société des poètes disparus qui serait content, les canadiens ont bien appris sa leçon et ils appliquent à fond le principe du carpe diem. Mais déjà, Johnny vient nous hanter avec ses maudits insectes : n’est-ce pas lui qui nous rappelait que les cigales se trouvent fort dépourvues quand la bise arrive? C’est pas votre télévision plasma qui va vous rassasier lorsque vous serez retraité (vous avez noté la rime? Je suis à deux doigts de faire de la poésie).
Alors, est-ce le temps de s’alarmer, de courir n’importe où en hurlant à la mort? Non, comme l’explique assez bien M. Baillargeon, ca peut sembler grossier de se demander si on peut vraiment trop consommer de produits culturels. J’ai quand même un doute à ce sujet, question de qualité du produit de consommation, mais même ce sujet est sujet à discussions. Illustrons par un exemple : le journal de Montréal a été le sujet de notre édition «kapoté» d’hiver 2007. Nous voulions (entre autres) présenter le côté «choc» du journal, ses gros titres provocateurs, et ses pages remplies de grosses images sanglantes, qui laissent moins de place pour le texte, qui semble de toute façon secondaire. Ce journal cible davantage les faits divers à travers lesquels ses lecteurs s’identifient peut-être en négligeant les questions de valeurs et de principes qui motivent généralement les décisions importantes qui influencent notre société. Nos reproches face à ce journal étaient nombreuses et suffisantes pour alimenter une édition satyriques, mais au-delà de cela, on peut se poser la question suivante : vaudrait-il mieux que les deux millions de lecteurs de ce journal insignifiant ne lisent rien du tout? À choisir entre ne rien lire et lire le journal de Montréal, quoi choisir? Certains croient qu’il vaut mieux ne rien lire du tout, mais je ne crois pas. Aussi biaisée soit l’information, elle constitue tout de même une façon de s’informer et de cette manière, on peut espérer que les lecteurs se forgeront un esprit critique, qui soulèvera des questions à laquelle le journal de Montréal ne répond pas.

Ma réflexion se base sur le principe (culinaire) suivant : pour bien diriger un pays, il faut suivre la recette suivante : Prendre une poignée d’intellectuels, bien mûrs mais pas encore gâteux, et les mettre dans une salle pratiquement hermétique (il faut faire des trous, sinon, c’est comme un hamster dans une boîte de soulier, après quelques jours, il arrête de danser). Les saupoudrer de décisions à prendre, et les laisser cogiter entre 2-3 jours par décision. Après coup, tamiser le tout pour séparer les décisions cogitées tout en récupérant les intellectuels pour un futur cogitage. Appliquer les décisions sur le pays à diriger, et attendre les résultats.

Ce principe tient compte du fait que nos dirigeants, en se concentrant que sur les décisions à prendre, devraient arriver à trouver des solutions bonnes pour le pays, mais que nous simple mortels n’avons peut-être pas suffisament cogité pour comprendre. Il contient par contre une faille majeure, trouver des intellectuels impassible face aux sondages électoraux et résistants aux enveloppes brunes remplies d’argent. À chacun ses utopies.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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