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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Édito

Chose hors de l’ordinaire, cette semaine, j’ai rencontré un lecteur de mon éditorial. Enfin, rencontré, je ne lui ai pas parlé, je l’ai plutôt pris sur le fait, dans le métro, alors qu’il lisait votre journal favori (celui-ci même que vous lisez, « Le Polyscope », imbéciles!). Je n’entretiens généralement aucun rapport avec mes lecteurs, j’ignore leur nombre, et même s’ils existent, alors vous comprenez que lorsque je prends un sur le fait, ça me flatte l’égo dans le sens du poil (car oui, j’ai un égo très poilu). D’autant était ma surprise que j’ai même observé le ci-haut-cité lecteur à sourire à plusieurs reprises au cours de la lecture (comprendre deux fois). Il semblait donc apprécier l’humour fin que j’applique à mes textes! J’étais cependant choqué quand, après avoir dévoré mon édito, plutôt que de jeter le journal rendu inutile après la lecture de mon chef d’œuvre hebdomadaire, il s’attaqua au sommaire, à la bulle technique, et puis même à l’article débutant la page 3. J’ai alors compris qu’il allait bel et bien consommer ce journal du début à la fin, chose dont j’aurais pu m’assurer en le suivant jusque chez lui, comme j’ai souvent l’habitude le faire pour les filles qui sont avec moi en cours, mais chose qui ne fut pas possible car j’avais malheureusement un rendez-vous ce soir-là avec une jeune pucelle complètement folle de mon corps et avec qui je pratique l’exotique activité du calcul des décimales du chiffre Pi.

Ciel! je m’égare.

J’ai donc observé dans son environnement naturel (le métro) un type qui non seulement lisait notre journal, mais s’appliquait à le faire du début à la fin. Ce type fait parti d’une rare tranche de polytechnicien, une classe de notre microsociété qui rentabilise nos maigres budgets d’impression en lisant de la première à la dernière page le Polyscope, une rare espèce de polytechnicien, de vrais durs à cuire, dont aurait bien eu besoin le comité du Cinécessaire au cours des derniers mois, et dont l’absence se solde maintenant par l’arrêt de la projection de films. Pour ceux qui l’ignoraient, le Cinécessaire est le comité qui présente des films les jeudis et vendredis soirs, à l’amphithéâtre du 6e étage du pavillon principal. Vous devez d’ailleurs être nombreux à l’ignorer, vu le nombre de sièges vides toute la session dernière. Mais quelle en est la raison? Pourquoi les polytechniciens ont-ils abandonné les projections? Par faute de temps? Par faute d’intérêt? Des films trop intellos? Des films pas assez intellos? Ce qui est certain, c’est que la possibilité de projeter des films sur pellicules 35 mm (comme le font les autres cinémas) est rendue trop dispendieuse, faute de spectateurs. On perd ainsi la chance de visionner à bas prix des films qui ne sont pas encore sortis en DVD et cela ne fera à mon avis qu’aggraver la situation du Cinécessaire. Quoi faire? Faut-il prendre les étudiants par la main à la sortie du Pub pour les amener au Cinécessaire? Peut-être bien. On pourrait initier les nouveaux étudiants dès la semaine d’intégration, histoire de mettre le cinéma du vendredi à leur horaire. Enfin, je crois que le Cinécessaire traverse une mauvaise passe, et que l’AEP doit la soutenir pendant cette période plutôt que de le lyncher, pour que le comité se remette sur ses pieds et qu’on continue de profiter de cette opportunité qu’est l’amphithéâtre Bell. Oui, l’équipe doit tenter de trouver des solutions pour augmenter l’assistance, mais on ne doit pas enterrer le comité pour autant. Faites un effort, allez cogner à la porte du Cinécessaire, déclarez-lui votre amour, et allez voir un film, quitte à terminer votre rapport de lab après




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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