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Si nécessaires? Et comment!

Très charitable quand il est question d’offrir le voyage à des emperruqués ignares, l’AÉP a tendance ces dernières années à jouer la carte de la pingrerie quand il s’agit de mettre la main à la poche et faire avancer les initiatives étudiantes dignes de mention. Et si ce n’est pas de pingrerie qu’il est question, on ne saura mesurer l’inaction totale dont l’association a pu faire preuve ou encore l’inconséquence de ses décisions. Dans le cas du Cinéssaire, nous avons droit à un exemple académique de taille.

Lorsque les pavillons Lassonde-McKay se construisaient, les discussions étaient âpres entre la direction et l’AÉP pour réserver de l’espace à l’association. On en ressent encore les conséquences vu le nombre rachitique des comités de l’AÉP qui y exhibent leur pignon. On doit en compter en tout et pour tout trois ou quatre. L’École Polytechnique a joué sur la corde sensible des négociateurs avec le projet de vitrine étudiante au foyer du deuxième de l’ancien pavillon qui se fait toujours attendre. Mais il faut espoir garder, il y aura bien une vitrine étudiante au foyer, entre 2010 et 2020.

L’association a cependant joué les gros bras sur un dossier d’importance. A-t-on jamais entendu gosier porter aussi loin que lorsqu’il était question pour l’AÉP de défendre les intérêts des compagnies privées comme Aramark et Coca Cola ?

Sur cette question, oui, l’AÉP a montré ses qualités de négociateur hors-pair. Si l’AÉP aurait pu mettre une cantine ou un comptoir de services alimentaires par étage, elle l’aurait fait. Si il lui avait été permis de placer un distributeur de boissons gazeuses dans l’anus de chaque étudiant inscrit, elle ne se serait pas gênée (mais on a dû juger que ce n’était pas de très bon goût, j’imagine). Et là, contrairement au sort que l’on a réservé aux comités étudiants, on voit bien que les efforts ont porté fruit.

Les affaires fleurissent à merveille. On a jamais vu une telle disponibilité de gras trans sur les étages de Polytechnique. Jamais la boisson gazeuse n’a autant été à portée des portefeuilles prêts à se délester. Jamais le café à ras d’marde n’a été aussi facilement accessible entre deux cours. Et encore, l’école a mis le holà quand elle a entendu parler du projet secret codename « Un coke, un anus. » Si on avait laissé le champ libre, les petits carrés près des escaliers de secours aurait réellement été là pour des distributeurs. Mais non.

Que serait-il arrivé avec le cinécessaire si l’AÉP avait plaidé pour un déménagement de la salle de projection de l’archaïque amphithéâtre Bell vers une des nouvelles salles alors en construction au premier étage du Pavillon Lassonde? Imaginez seulement. Le cinéma à deux pas de tous les pavillons du campus de l’université de Montréal ? À trois dollars ? Toutes les nouveautés! Avec une belle qualité d’image et de son ? Mais on se serait bousculé. Au lieu de quoi on propose aux gens dépourvus de ressources financières de se bouger les miches onze étages plus haut, sans ascenseur et sans escalier mécanique. On leur offre un film sur des écrans flous, dont la partie du bas est peuplée d’ombres chinoises des spéctateurs. Il ne manque qu’un offre d’empalement pour compléter le combo. Même à trois dollars, personne n’en veut.
On ne s’étonnera donc pas de voir les salles vides. Ça n’intéresse personne. Il ne faut pas être titulaire d’un MBA pour comprendre ces élémentarités de base. Et on s’étonnera d’autant plus de l’inconséquence de l’AÉP qui n’a quand même cru bon investir 15 000$ dans un nouveau projecteur pour respecter les normes numériques du cinéma. 15 000$ dans un projecteur sans qu’aucun enturbané ne se soit posé la question : Et si nous offrions une nouvelle salle ?
La question qu’il reste à se poser: Pourquoi une telle différence de traitement ? Pourquoi l’AÉP met(tait) autant d’énergie à défendre Coca-Cola et Aramark et si peu d’effort à promouvoir ses comités étudiants ? Pourquoi n’a-t-elle pas cru bon d’aider le Cinéssaire (qui connaît des difficultés aujourd’hui) et l’a-t-elle relégué aux oubliettes au fond d’un sixième étage abandonné ? Alors que de l’autre main, elle investissait un colossal 15 000$ pour acheter un projecteur moderne… Qu’est-ce qui peut expliquer ces différences de mérites criardes entre une corporation privée (dont la place est tout en bas de la côte et non sur le campus) et une initiative culturelle étudiante qui en plus peut être rentable ?

Si vous voulez mon avis, la différence tient dans les bénéfices que l’on retire à côtoyer les hauts cadres d’Aramark et de Coca-Cola et l’exécutif étudiant comme celui qui dirige le Cinécessaire. Les directeurs du Cinécessaire ne paient pas le lunch. Les directeurs du Cinécessaire n’excellent pas dans la déférence indue dont quelques rares représentants étudiants ont bénéficié. Cependant, les directeurs du Cinécessaire mangent de la marde. Et vous pouvez leur en donner, ils croiront que leur croix est lourde à porter, mais qu’elle leur appartient. Alors que la responsabilité est en grande partie celle de l’AÉP.

Mots-clés : Cinécessaire (2)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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