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Prend garde assiette jetable, ton règne achève!

La semaine dernière se déroulait la semaine de l’environnement durant laquelle plusieurs conférences ont été présentées. L’une d’elles abordait la vaisselle et les ustensiles jetables de la cafétéria, qui génèrent beaucoup de déchets. Tout d’abord, le directeur de Polysphère, Pierre-Luc Soucy, a dressé un bilan de la situation du projet de vaisselle durable. Ensuite, le professeur Basil Favis, étant un spécialiste en la matière, nous a gentiment éclairés sur le sujet. Finalement, un étudiant au doctorat a présenté ses résultats d’analyse de cycle de vie concernant les ustensiles réutilisables qui avaient fait l’objet d’un projet-pilote il y a un an. Comme la vaisselle jetable de la cafétéria est un problème qui préoccupe plusieurs personnes, j’ai pensé qu’il serait pertinent de résumer ce qui s’est dit durant la conférence.

Durant l’exercice 2005-2006, les aires de restaurations de Poly ont produit 15,3 tonnes de déchets, c’est-à-dire 5 600 000 ustensiles, contenants, verres, couvercles et serviettes en papier jetés à la poubelle, l’équivalent de 15 conteneurs de 20 pieds (6 mètres) de long. L’arrivée de vaisselle durable à la cafétéria réduirait considérablement ces chiffres. Cependant, l’équipement actuel inadéquat et le manque d’espace font en sorte qu’il s’agit d’une initiative difficile à réaliser.

L’École évalue le coût de l’installation d’un lave-vaisselle convenable à 750 000 $, puisqu’il faudrait sérieusement réaménager la cafétéria pour y arriver. D’autres solutions ont été proposées : le recyclage du polystyrène et l’utilisation de vaisselle biodégradable. La première est complexe, car la seule usine de recyclage de polystyrène au Canada se trouve à Mississauga en Ontario. De plus, il n’est pas possible d’acheter des assiettes faites de polystyrène recyclé à cause des normes d’hygiène alimentaire qui exigent de la matière vierge dans la fabrication d’accessoires entrant en contact avec de la nourriture. La deuxième solution, le biodégradable, n’est pas aussi écologique qu’on le pense. Selon le Professeur Favis, la plupart des plastiques fabriqués à partir de plantes, et donc biodégradables, prennent beaucoup plus d’énergie à produire qu’un plastique courant, comme le polystyrène, et ne sont pas compatibles avec le système de recyclage en place. De toute façon, ces produits, ainsi que le polystyrène oxo-dégradable, comme le Bioxo de Cascade, ne se dégradent qu’en présence d’oxygène. Malheureusement, cette condition n’est pas remplie dans les dépotoirs traditionnels où, a priori, rien ne se décompose.

Le projet-pilote d’avril 2007 concernait les ustensiles de métal, mais celui-ci a dû cesser au milieu de l’été à cause de la disparition trop rapide de l’effectif. Un projet de vaisselle durable devra donc comprendre une approche de sensibilisation ou un système de consigne. En effet, comme beaucoup de clients de la cafétéria ne mangent pas sur place, les couverts se retrouvent éparpillés dans toute l’École ou sont tout simplement volés, leur conférant une durée de vie d’à peine 40 jours… L’analyse de cycle de vie complétée par Vincent Moreau conclut que si un ustensile de métal est utilisé plus de 45 fois, ses impacts sur l’environnement sont moindres que son équivalent en plastique. Les répercussions graves de l’exploitation et de la production de l’acier inoxydable sont en partie responsables du coût environnemental à amortir.

Un sondage effectué en 2004 avait révélé que les étudiants sont en moyenne prêts à payer 20 sous de plus par repas pour manger dans de la vaisselle durable. L’espoir persiste, bien que, comparativement aux universités de Montréal, Sherbrooke et Concordia, Poly ne dispose d’aucun membre du personnel qui est consacré aux questions environnementales, ce qui fait en sorte que plusieurs projets avancent à pas de tortue. Malgré tout, Polysphère est déterminé à réaliser un plan de cafétéria verte qui soit gagnant-gagnant pour l’École, Aramark et les usagers, et compte sur la collaboration très précieuse de ces intervenants pour y arriver. Vous devez y participer, ne serait-ce qu’en rapportant votre assiette et vos ustensiles réutilisables.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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