Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.
Publicité:

Comment rendre durable

Par Rosalie Bélanger-Rioux

C’est du 31 janvier au 3 février que l’Université McGill sera l’hôte du 3e Colloque québécois des Campus durables, le 5e rassemblement entre des étudiants universitaires impliqués en environnement et développement durable. Cet événement s’adresse à tout étudiant intéressé par l’importance des aspects sociaux, écologiques et économiques du développement au sein des opérations, des plans de cours et des attitudes de la communauté dans son institution d’enseignement post-secondaire.

Malgré le fait que l’environnement et le développement durable soient de nos jours très à la mode, on pourrait se poser des questions sur la pertinence d’un tel événement étudiant annuel; certains lecteurs et lectrices peuvent peut-être déjà s’imaginer la horde d’étudiants des CÉGEPS et universités Québecoise débarquant à Montréal pour quatre jours de «partys» («un colloque sur le développement durable, belle excuse pour manquer des cours et demander une extension pour mon devoir de la semaine prochaine…») à la suite desquels ils pourront se flatter d’avoir «fait quelque chose»… Pourtant, chers sceptiques, détrompez-vous : le but premier de cet événement, qui prend de l’envergure à chaque année, est de rendre durable le développement durable sur les campus!

Eh oui, qui n’a pas déjà été frappé par la difficulté de faire bouger la moindre petite chose dans son école : recyclage (oui oui, le recyclage est encore problématique dans bien des institutions d’enseignement!); compostage; utilisation de produits plus éthiques et écologiques; respect des minorités, des femmes et des étudiants à faible revenu… Et qui n’a pas déjà entendu dire que des étudiants de tel cégep ou telle université avaient entrepris une initiative écologique fort intéressante – et s’est découragé avant même de tenter de bâtir le même projet à sa propre école.
Mais voilà qu’entre en jeu le Colloque Campus Durables. Cet événement permet aux étudiants impliqués dans le développement durable de partager leurs idées, mais surtout leurs réussites, leurs échecs et les leçons apprises, avec d’autres étudiants ayant les mêmes intérêts qui seront ensuite aptes à implanter des projets, ou modifier des initiative déjà existantes, sur leur campus. Le colloque facilite aussi l’échange d’informations entre les différents acteurs au niveau des campus par le biais de conférences, discussions et ateliers. À titre d’exemples : des ateliers sur l’implantation de programmes de recyclage, de compostage et de réparation de vélos sur le campus et dans les résidences; une table ronde avec des membres de la Coalition Jeunesse Sierra et d’associations étudiantes sur le rôle que peuvent jouer ces associations dans le développement durable des campus au Québec; ou encore une conférence de Jutta Kill du Durban Group for Climate Justice qui offrira une conférence sur les problématiques reliées à l’échange de crédits d’émission de carbone.
Les organisateurs de cet événement espèrent ainsi que les initiatives de développements durables sur les campus puissent durer au-delà des quelques années durant lesquelles les fondateurs d’un projet étudient à l’institution en question. À chaque graduation, la pérennité des efforts déployés par les étudiants québécois est menacée – c’est pourquoi il vaut la peine de maintenir le partage de ces connaissances par le biais d’un colloque annuel.

Tout cela est bien beau, mais le colloque en tant que tel, est-il durable? On pourrait croire qu’étant moi-même la responsable de la durabilité du colloque, je ne suis pas la personne la plus objective pour traiter d’un tel sujet! Cependant, soyez assurés d’une chose : je suis entourée, dans notre comité organisateur, d’étudiants passionnés qui ont l’excellente habitude de tout voir par la lunette du développement durable : nourriture équitable, locale, biologique et en vrac; impression si nécessaire seulement, et ce sur du papier recyclé; événements sociaux à caractère rassembleur, éthique et écologique… Croyez-moi, la liste est longue et je pourrais continuer, mais je désire terminer cet article par une invitation double…

Tout d’abord, il est évident que j’invite tous les lecteurs à s’inscrire à notre conférence, peu importe leur expérience, tant que vous êtes intéressés par (au moins!) un aspect du développement durable sur les campus. Vous trouverez toutes les informations sur le colloque et le processus d’inscription au www.ssmu.mcgill.ca/scd, site officiel de l’édition 2008! Et voici maintenant ma deuxième invitation, dans un sens bien plus importante que la première. Plutôt que de tenter de vous convaincre qu’il faut faire du développement durable une priorité dans les campus (vous avez tous déjà entendu ces arguments une dizaine de fois j’en suis sûre…), ou même de vous inciter à envoyer une lettre aux dirigeants de votre institution pour les inciter à implanter le compostage dans la cafétéria (sans vouloir être pessimiste, ça ne risquerait pas de fonctionner…), je désire simplement vous inviter à prendre des décisions plus durables dans vos vies. Pensez-y : ne pas poser un geste durable, c’est donc poser un geste qui n’est pas durable… Dis comme cela, est-ce que le développement durable fait plus de sens à vos oreilles? Parce que dans mon cas, ça fait longtemps que j’essaie de promouvoir le développement durable!

Si la durabilité d’un projet ne se mesure pas uniquement par son action directe sur les aspects sociaux, environnementaux et économiques de la communauté, mais également par sa capacité à mobiliser les acteurs et à mieux les outiller face aux enjeux du développement durable, alors ce 3e Colloque Campus Durables devrait s’avérer être un succès!

Mots-clés : polysphère (21)

Articles similaires

Solutions Équiterres

9 octobre 2007

Chaque semaine, vous retrouverez cette section consacrée à des sujets concernant la protection de l’environnement. Enjeux, organismes, actualité, trucs et astuces seront des aspects abordés à travers ces lignes. Nous en profiterons également pour mettre à jour des projets actuellement en branle à Poly ou pour présenter de nouvelles initiatives écologiques. Dans cette première chronique hebdomadaire de la session, Polysphère a décidé de vous parler de l’organisme Équiterre. Équiterre est un organisme fondé à...

Dématérialisation du monde

20 février 2009

Par Alexis Dagenais-Everell Les idées exposées dans cet articles sont grandement inspirées de l’éditorial « La dématérialisation du monde » d’Éric Desrosiers, paru dans le journal Le Devoir. Les citations proviennent du même article. Les chiffres qui y sont mentionnés n’ont pas de source mais je n’ai jamais lu quelque chose qui les contredisait complètement. Il y a longtemps, on mesurait la richesse en nombre d’arbres coupés, en tonnes de céréales récoltées, en ponts...

Portefeuilles pour un monde

27 février 2009

En tant que futurs ingénieurs, vous aurez très probablement la chance de mettre de côté de l’argent, par exemple pour embellir votre retraite lointaine. Il est possible d’investir son argent dans des portefeuilles gérés par son institution financière, ce qui est probablement bien puisque nous ne sommes pas tous des gestionnaires financiers chevronnés. Cependant, comme ce n’est pas vous qui choisissez où s’en va votre argent, quelle garantie avez-vous que votre argent ne servira...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.