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Palestine, le repas qui a mal tourné

Depuis quelques temps, je regarde plus souvent la télé. En effet, je me suis rendu compte que l’on avait signé un contrat nous fournissant la télé et l’internet. Alors je me dis, pourquoi ne pas en profiter. Ces jours-ci, je regarde donc la télé lorsque je prends mes repas, car il faut l’avouer, l’emploi du temps à Poly ne nous laisse guère le temps de profiter des reality-shows et autres « oeuvres » qui passent à la télévision. Faute de pouvoir suivre ces séries, je regarde le journal télévisé pour, somme toute, ne pas rester à l’écart du monde et me cultiver un peu ! Ce jour-là, je me suis préparé un steak, avec une sauce aux cinq poivres, et je dois vous avouer que la recette est alléchante. En face de moi, il passe un mini-reportage sur la Palestine. Un peu avec appréhension, j’offre peu d’attention à ce qui se passe et je m’occupe à découper mon steak. Ce qu’ils disent agit sur mon esprit comme un anesthésiant. Mon attention est détournée de mon si joli steak. Il parait que, depuis une semaine, une population entière vit sans eau courante, ni électricité, dans une coupure totale. Les stations d’épurations sont hors d’état de fonctionnement, et les villes sont inondées d’eaux usées et d’odeurs nauséabondes. Les hôpitaux sont prives d’électricité et il n’y a rien a y faire. La population se dirige vers les frontières de l’Égypte, mais elles y sont repoussées avec violence. Il y a comme une impression que personne n’en veut de ces gens-là. Du moins, n’allons pas jusque là, personne ne s’en soucie. La cause de tout ce tralala, un conflit qui dure depuis 60 ans et auquel des générations d’intellectuels, qui par ailleurs ont réussi à aller sur la lune, n’arrivent pas à lui trouver de solution. Ils ont apparemment tout essayé, même demandé à des ingénieurs, mais rien n’y fait. Voilà donc, la tactique semble simple et efficace : étouffer, cause l’asphyxie, c’est un phénomène médical bien connu… Tout à coup, comme par enchantement, ou par désenchantement dirais-je, mon steak change de goût. La belle légende du steak aux cinq poivres a laissé place à une aigre saveur de vinaigre. Je n’ai plus d’appétit, et je me sens coupable. Coupable de quoi ? De rien ma foi ! Mais les faits sont là et je ne peux que m’y résigner. Ô pauvre moi, Ô pauvre monde. Qu’as-tu fait de nous ? J’ai ainsi décidé, poussé par la haine que je n’ai pu déguster mon steak, de combattre. Je suis fauché et je n’ai pas de connaissances haut-placées. Je suis simple et humble, comme toi lecteur et comme tout le beau monde que l’on rencontre tous les jours. Mais j’ai trouvé un moyen de combattre : avec les mots. Combattre l’injustice, c’est possible, juste avec des mots. Je vous remercie de l’attention que vous avez consacrée à mon misérable cri, si mal écrit.

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