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Des entreprises pas comme les autres

On a l’habitude de voir les plus grandes multinationales comme les plus grands délinquants en matière environnementale. Même si la situation est loin d’être bonne, certaines d’entre elles ont adopté une attitude beaucoup plus respectueuse. Un bon exemple est la compagnie InterfaceFLOR, un fabricant de tapis dont les objectifs sont des plus écolos de toute la planète. Le documentaire « The Corporation », qui sera présenté par Polysphère durant la semaine de l’environnement, en fait l’éloge. De plus, Polysphère a invité le premier vice-président et directeur général d’InterfaceFLOR Canada et InterfaceFLOR Amérique Latine à présenter une conférence mardi prochain pour nous exposer comment ils s’y prennent. En effet, le parcours et les ambitions de cette entreprise sont hors du commun. Fondée en 1973 aux États-Unis, à l’époque où le mot « sustainable » n’avait pas vraiment de signification, InterfaceFLOR se proclame maintenant comme le plus grand producteur mondial de tapis modulaire. Malgré cette position si convoitée dans une économie de consommation comme la nôtre, InterfaceFLOR vise à éliminer TOUS ses impacts négatifs sur l’environnement d’ici l’an 2020. Ici, on ne parle pas que de respecter Kyoto, mais de surpasser ses objectifs.

L’aventure a commencé en 1994 lorsque le fondateur et PDG de l’entreprise, Ray Anderson, a lu le livre « The Ecology of Commerce » de Paul Hawken et « Ishmael » de Daniel Quinn, deux livres traitants de développement durable. À partir de cette année, la compagnie s’est engagée non seulement à devenir environnementalement durable, mais également réparatrice en aidant d’autres entreprises à le devenir.
Comment y arriver? Selon ce qu’explique son site internet, l’entreprise doit accomplir la durabilité sur trois fronts pour que la tâche soit complète : la durabilité économique, sociale et écologique. Pour se rafraîchir la mémoire, la durabilité de l’environnement est l’adoption de procédés ou plus généralement de comportements qui ne mettent pas en danger le bien-être économique, social et environnemental actuel ainsi que de celui des générations futures. Nul besoin de le dire, la tâche est lourde, très lourde même. Les actions à prendre vont de l’élimination des déchets de production, à l’élimination des substances toxiques dans les produits et les usines, en passant par la réduction des émissions dans l’atmosphère, l’utilisation d’énergies renouvelables, le recyclage, la sensibilisation des acteurs en jeu et la création d’un nouveau modèle d’affaires qui appuie le commerce durable. Ce dernier geste est particulièrement difficile, car les législations en place ne vont pas souvent dans ce sens.

Concrètement, l’entreprise comptait l’année dernière sept usines qui étaient alimentées à 100 % par des énergies renouvelables (vent, soleil, biomasse). En tout, 16 % de la consommation totale occasionnée par l’entreprise vient de ce genre d’énergies. L’entreprise se procure également des crédits de carbone pour chaque tapis vendu ainsi que pour le transport aérien de ses employés. Et ce n’est pas tout : la consommation d’eau pour chaque mètre carré de tapis produit a diminué d’au moins 60 % depuis 1996, 8 000 tonnes de tapis ont été récupérées pour être pour la plupart recyclées en 2006. Pour toutes ces raisons, M. Anderson a été nommé héro de l’environnement par le magazine Time en octobre 2007.

Il est encourageant de voir qu’InterfaceFLOR n’est pas la seule entreprise qui possède une vision écologique réaliste. Mountain Equipment Coop possède également des objectifs prometteurs. Tout d’abord, il s’agit d’un détaillant d’articles d’activités de plein air non motorisées. De plus, leurs magasins sont des bâtiments écolos énergétiquement performants. Un pour cent des ventes sont données à des causes environnementales, représentant 2 millions de dollars en 2007. Les employés sont également conscients de l’impact des sacs de plastique pour transporter ces achats : à la caisse, on vous demandera si vous en avez vraiment besoins. Dans le cas contraire, MEC donnera 5 sous également à des causes environnementales. Finalement, il est même possible de recycler certains vêtements qu’on s’est procurés à la coop.

MEC n’est pas la seule entreprise qui donne une partie de ses profits pour l’environnement. Le mouvement « One percent for the Planet » compte 658 membres en Amérique du Nord et 112 en Europe.
En terminant, je crois que si une entreprise à but lucratif est capable d’avoir des objectifs aussi audacieux, je ne vois pas pourquoi nos institutions publiques, comme une université, ne pourraient pas faire de même. Ces entreprises sont la preuve que l’on peut allier profit, réussite et durabilité.

www.interfacesustainability.com www.mec.ca www.onepercentfortheplanet.org

Mots-clés : polysphère (21)

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