Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

VRE, histoire d’une censure

C’est en début de session que se passent nos plus belles heures, nos plus beaux moments à Poly. Je m’explique, quand on est nouveau on participe à la fameuse initiation et l’on s’étonne de l’imagination des futurs ingénieurs, intégrateurs dans tout plein de jeux amusants. Quand il s’agit des anciens (ou des habitués, chacun se situe là où il se sent à l’aise), la première semaine de cours est un rêve continu, une extension des vacances avec des plans de cours et des rappels pertinents. Bref vous l’aurez compris la première semaine de cours est la meilleure. Mais il fut un temps où l’on retrouvait une activité très populaire auprès des anciens comme des nouveaux. Celle-ci nous a attiré bien des problèmes la session dernière lorsqu’un gros et gras macaque, qui dans la vie civile pratique le métier de journaliste, nous a fait comprendre que notre consommation d’alcool pourrait être à l’origine de l’effondrement du Viaduc de la Concorde (chose qui depuis a été éclaircie et où l’on a compris que les ingénieurs qui l’ont construit ont bien fait leur job). Bien sûr tout le monde aura deviné le nom de cette activité et bien du monde lisant cet article se demande, tout en sueur, ce que je pourrais bien en dire. Je rassure tout le monde tout de suite, mon article a surtout pour but d’informer avant de juger. Informer qui? Les étudiants qui ne savent pas encore que cette activité a changé de nom (eh oui toute bonne chose a un début et une fin), en effet on ne l’appelle plus par son nom (aujourd’hui banni du dictionnaire de l’AÉP) mais bien par un nouveau titre : Visite en Région Éloignée ou encore VRE.

Pourquoi? Pour résumer la chose, ce sont encore les hautes instances dirigeantes et digérantes de Poly qui se cachent derrière ce joli tour de passe-passe. Ben oui! Quand une activité dérange, qu’elle fait un bruit qu’on ne voudrait pas trop entendre ou qu’elle fâche le peuple, suffit de lui changer de nom pour arrêter un tantinet le barouf.

C’est tellement fin! Tellement subtil! Tellement intelligent! Comme ça, on change de nom et puis…pouf, ça existe plus! Et personne l’a vu venir avec ses grosses pattes de Yéti. La blague du parachutiste avec un doigt dans le cul, vous la connaissez?

Mais dis donc, c’est qui le mec à la redresse, payé avec l’argent de nos frais de scolarité qui augmentent chaque année de 100 $, qui a eu cette idée de génie? Où se cache-il ce Leonardo Da Vinci, cet Einstein de la formule alambiquée? Dans quel sombre bureau de l’administration l’a-t-on enterré? Vite, qu’on le sorte de là! Qu’il soit promu à un poste de plus grande responsabilité. Directeur de la recherche? Des études? Directeur Général même! A moins que ce ne soit Cégé lui même qui soit derrière ce coup fumeux…
Enfin, puisque la mode est au bannissement des formules qui dérangent et à leur remplacement par d’autres frappantes d’insignifiance, le Polyscope se proposerait lui aussi d’apporter quelques ajustements à certaines expressions dans le langage de l’AÉP, des étudiants et voire même de l’administration.

En grand démiurge qu’il est, le journal le plus impertinent du campus de l’Université de Montréal sortirait alors de sa besace un florilège de mots aussi innocents qu’ensorcelants de ridicule, des phrases aussi enfantines que palpitantes de dangerosité. Mais le journal s’y refuse. À quoi bon appeler un chien un chat, quand on sait pertinemment qu’au lieu de miauler il va mordre? Quel plaisir tire-t-on aux échardes sur les langues? Cette langue de bois accommodante mais tellement trompeuse…

Assumons en adultes ce que les adultes que nous sommes font. Que l’école croit que son image pâtirait si l’on dégoisait avec un verre de trop dans le nez, c’est une chose, mais qu’elle accepte de pâtir, nom d’un chien, puisqu’elle ne se gêne pas de tirer une gloire absurde de nos réussites…

Visite en Région Éloignée! Y a vraiment des coups de pieds au cul qui se perdent.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+

Dans la même catégorie

L’intégration et l’initiation

7 septembre 2007

Par Jésraël Deschênes Parmi les activités organisées par les étudiants de Polytechnique, l’intégration et l’initiation tiennent une place toute particulière. Sur une période de deux semaines, l’ensemble des comités de l’AEP sont invités à mettre leurs efforts en commun afin d’accomplir la plus belle mission qui soit : accueillir en grand les nouveaux étudiants au sein de la communauté polytechnicienne et faire en sorte qu’ils s’approprient leur école. Cette année, pour diverses raisons, ces...

Le Polyscope, sacré meilleur comité à l’interne

1 avril 2015

C’est au cours du Gala de l’Implication, le 25 mars dernier, que Le Polyscope s’est vu décerner le prix du Meilleur comité à l’Interne de l’AEP, ainsi que le trophée Baril White. Euphorie mercredi dernier dans l’Amphithéâtre Bell lorsque Le Polyscope s’est vu décerner le prix du Meilleur comité à l’Interne. Après une année de d’amélioration de contenu, de refonte interne et d’augmentation de la distribution et du lectorat, c’est une très belle récompense pour...

Retrait des bouteilles d’eau des pavillons Lassonde

15 mars 2013

Lundi 18 mars, Poly annonce le retrait des bouteilles d’eau des pavillons Lassonde. Cette action est prévue pour la rentrée scolaire 2013.   Àpartir du 18 mars, soit la journée sans eau embouteillée, préparez-vous à entendre parler d’eau embouteillée! Au fait, il sera question de réduire notre consommation de contenants à usage unique et de promouvoir l’eau de qualité disponible gratuitement. L’ennemi numéro 1 : les bouteilles d’eau. L’ensemble du campus de l’Université de Montréal...