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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Partez tous !

J’ai toujours détesté écrire l’éditorial de la première édition du Polyscope, celle dédiée à l’accueil des nouveaux. Oui vous, les jeunes ploucs qui arrivez tous frais du CEGEP, la tête à la fois remplie de maints espoirs et rêves ingénieux, ingénériques (et j’aimerais dire ingénus, mais je dirai plutôt ingénéstéticieux!!) et vide car ce ne sont qu’illusions qui s’envoleront tôt ou tard. J’ai toujours détesté écrire cet éditorial disais-je, car il m’a toujours semblé que souhaiter la bienvenue était d’un ennui particulièrement mortel. Et je parle maintenant d’expérience, et non seulement cela, mais ça fait maintenant longtemps que je parle d’expérience! J’entends des clochettes sonner alors que je pense à cet éditorial du numéro 0 d’août 2007, lequel commençait par l’humble présentation du « niveau de sagesse et d’expérience » que j’avais enfin atteint. Si j’étais sage au début de la session dernière, que suis-je maintenant? Gâteux? J’en ai bien peur. Et que font les gâteux? Ils envoient promener tous les petits morveux qui arrivent à Polytechnique! Cela fait maintenant près de quatre ans que j’accueille les nouveaux les bras grands ouverts et l’œil humide, je vous tourne maintenant le dos en vous disant : « j’espère que vous échouerez tous vos cours, que vous terminerez en 7 ans! » Comme ça, il y aura pénurie d’ingénieurs et on triplera mon salaire. Ensuite, quand vous arriverez tous sur le marché en même temps, on me proposera la retraite anticipée à 31 ans et je terminerai mes jours sous le soleil méditerranéen à voguer entre les nationalités : espagnole au déjeuner, italienne au dîner et grecque au souper, et je ne parle pas de nourriture!

Vous vous demandez quand même, « mais il veut en arriver où ce beau mec bronzé en nous méprisant tous comme ça? » Car oui, tout au long de ces années à gribouiller aux petites heures de la nuit quelques incohérences entachant les pages de ce journal, je passais quand même généralement (en quelques rares occasions) un message d’une sagesse inouïe au travers de mes textes. Pour trouver le message, il y a un truc : il s’agit de regarder à côté (voire croiser les yeux) pour que le message pense que vous ne le regardez pas, et soudainement, paf! vous le braquez avec votre loupe de Sherlock pour lui sucez toute sa grandiosité tout comme si vous buviez une moelle épinière à l’aide d’une paille. M’enfin, je m’égare, et pas seulement du bon goût. Car s’il faut revenir à cette dure constatation que je me retrouve une fois de plus à détester écrire cet édito, c’est que je me suis rendu compte qu’il n’y a qu’un seul type de personnes ayant un compte plus élevé de répétitions, et il s’agit de ces dadais qui écrivent à la craie en avant de nos classes de cours, le visage grave de voir toujours autant d’incompétents écrasés devant eux, le regard vide et les cheveux flottant. Et ça, c’est quand ils se présentent en cours, ces ploucs! J’en connais un qui ne se pointe qu’à la première heure de ses cours, et encore, ça c’est lorsqu’ils débutent après 15h00! En fait, pour ce qui sera sans doute mon dernier éditorial de la rentrée (et là je touche du bois), plutôt que de souhaiter la bienvenue aux nouveaux étudiants de Poly, je souhaite une bonne continuation à tous les professeurs qui redoublent de courage (et pourrait-on dire leurs cours, car refaire année après année le même, n’est-ce pas le redoubler?) à chaque début de session pour faire face à nous, pauvres étudiants perdus dans les abysses du monde. Mais séchez donc cette larme qui pend au coin de votre oeil, je serai le premier à briller par mon absence lors de vos cours pour ensuite me plaindre d’être surchargé au moment d’étudier pour l’examen. Ainsi vont les choses, après tout, et on ne change pas les bonnes vieilles habitudes.

Bonne session!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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