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Auto-Édition

Depuis déjà une semaine les médias du Québec n’ont pas arrêté de parler d’identité québécoise. Le Parti Québécois a encore fait parler de lui. Dès son retour, Pauline Marois nous a sorti du fin fond de sa retraite, annoncée après sa défaite contre Boisclair, une proposition de loi d’une controverse comme on n’en fait plus (merci au sensationnalisme des médias qui ne fait jamais défaut dans ce genre de situation). Paulette a donc décidé de créer une citoyenneté québécoise basée sur la langue. Et les anglophones dans tout ça? Eh bien on leur enlèvera le droit de voter, chose que l’on a qualifiée «contre la charte des droits». Si vous ne parlez pas français, vous serez donc comme un demi-citoyen parce que vous n’aurez pas le droit de voter par exemple. Bon, on ne va non plus se mettre à crier haut et fort notre désarroi face à ces propos dits indignes d’un député démocratiquement élu etc…

C’est vrai qu’il ya beaucoup de critiques à faire quant à cette proposition de loi, tout d’abord je ne pense pas que l’identité du québécois moyen soit uniquement sa langue. Celle-ci a beaucoup joué dans la distinction du Québec par rapport au reste du Canada, mais ne nous limitons pas qu’à cela. Pourquoi ne parlons-nous pas de l’héritage culturel québécois, celui de l’église, de la révolution tranquille, et bien avant ça, des patriotes, ou remontons encore à l’origine-même du pays avant de devenir une province (la Nouvelle France). Je pense qu’on devrait recentrer le débat dans ce sens : définissons l’identité québécoise. Je suis même convaincu qu’on trouvera avec ça une solution aux accommodements raisonnables (ou déraisonnables pour certains).
Le débat sur l’identité reprend donc de l’ampleur en parallèle avec la commission Bouchard-Taylor et tous les chefs de partis y participent sans exception en se donnant chacun le rôle du grand protecteur de la culture québécoise (alors que je leur reproche leur irresponsabilité face au débat sur les accommodements). Monsieur Louis O’Neill, ancien ministre péquiste et professeur à l’université Laval, a confié à Radio-Canada: « je souhaite […] qu’on arrête de faire des problèmes avec des choses qui à mon avis sont mineures, comme d’avoir fait un drame national avec l’affaire des fenêtres givrées ». Il faut donc arrêter de se prendre la tête avec des histoires ridicules et se poser les bonnes questions afin d’arriver à un consensus national pour répondre à la fameuse question : qu’est ce qu’un québécois? Il y a un vrai malaise identitaire, les québécois ont peur de se faire envahir par la culture des immigrants, mais le problème c’est qu’ils ne peuvent pas s’en passer (de l’immigration) et il faut donc composer avec. Il faut aussi dire que les partis au pouvoir doivent arriver à s’entendre sur ce sujet au lieu de donner du crédit et de bitcher les autres en disant qu’ils n’y comprennent rien à l’identité. Ce serait, je pense, un premier pas dans le bonne direction.

Pour clore le sujet, je dirai qu’il faut faire des concessions d’un côté comme de l’autre, les québécois doivent consentir à composer avec la nouvelle culture encrée dans les coutumes des nouveaux venus. Mais les immigrants doivent aussi faire un effort pour s’intégrer dans leur nouvelle société, comme me le précisait un ami, il est du devoir de ceux-ci d’apprendre la langue du pays qui les accueille et de faire en sorte de s’y intégrer (notamment le français au Québec car, précisons-le, c’est bien la langue officielle ici). Finalement, pour notre chère Pauline, je dirai que si vous voulez créer une citoyenneté québécoise, pensez à créer un pays d’abord, et vous verrez que ces problèmes ne se poseront plus.

Quant à l’actualité nationale, le gouvernement Harper a encore tapé fort en baissant la TPS d’un point, ce qui irrite ses adversaires et surtout les libéraux qui, pour éviter les élections, laisseront surement passer la loi. C’est ce que ça fait d’avoir un leader qui laisse à désirer. Il y a eu aussi l’accueil du Dalaï-lama en tant que citoyen honoraire du Canada, ce qui n’est pas du goût de nos amis chinois. Chose qui me paraît bizarre c’est le pourquoi de l’invitation. Est-ce parce que Bush a fait ça et qu’il faut donc faire pareil pour paraître cool sur la scène internationale? Ou parce que notre cher premier ministre aime bien les idées de non violence et de bonheur prêchées par le leader spirituel et politique Tibétain? Chose qui me paraît illogique, vu qu’on fait la guerre en Afghanistan: la violence a donc un grand rôle à jouer aujourd’hui sur la scène étrangère canadienne. Cela n’empêchera pas l’invité de l’année de se faire accueillir en grande pompe par notre pays.

Une semaine riche en actualité (le Journal de Montréal est devenu notre exemple au Polyscope et on compte bien lui emboîter le pas), et sur notre nourjal vous retrouverez les chroniques quotidiennes ainsi que la page que vous préférez tous, les mots croisés pour votre vendredi après-midi. Bonne semaine à tous.

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