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Auto-Édi.

Vous savez, il y a des semaines où, durant des heures, l’espace réservé à l’éditorial est totalement blanc. On appelle ça le manque d’inspiration. Dans ce temps-là, il faut faire quelque chose. Vu qu’on n’a pas toujours une muse jolie et bien roulée sous la main, on va parfois voir nos périodiques locaux pour trouver l’inspiration. Que vois-je! Titre provocateur sur cyberpresse.ca : « Un nouveau-né homosexuel crée la polémique en Italie ». Test pour détecter l’homosexualité: deux bébés en levrette dans un berceau, un petit gars avec une tuque rose, pas de doute, le titre laisse place à l’imagination. En réalité, l’article parle d’une publicité annonçant que « l’orientation sexuelle n’est pas un choix », cause de ladite polémique en Italie. Autres titres de La Presse cette semaine : « Alerte à Malibu », « Californie, Le feu de l’enfer (24 octobre). » Sans rien redire sur la gravité de la situation, tous ces titres résonnent à mes oreilles à une fréquence particulièrement mélodramatique. Doit-on appeler cela l’ère du sensationnalisme? Je ne crois pas être le seul à le penser. Entre autres, Mohamed Elloumi, conseiller de presse à l’ambassade de Tunisie à Ottawa, dans un article de La Presse du 24 octobre à propos du spectacle médiatique entourant l’expulsion de l’imam Jaziri : « Tout ceci en raison d’une déplorable surenchère dans la vente du sensationnel et même du scandale […]. » Pendant ce temps, Pauline Marois sort de son chapeau un projet d’identité québécoise pour régler le problème des accommodements raisonnables, sans bien sûr attendre le rapport de la commission Bouchard-Taylor qui devrait, si son mandat est rempli (et on l’espère tous), nous éclairer sur la situation et les actions à prendre. Toujours pendant ce temps, un petit article perdu en page 14 de la même parution de La Presse présente que, selon « une vaste enquête sur le financement des réseaux d’enseignement de la province » rendu publique par le ministère de l’Éducation du Québec, « la fréquentation des universités du Québec baisserait de près de 10% si les droits de scolarité facturés dans la province devaient tripler pour rejoindre la moyenne canadienne. » Par contre, « une augmentation des droits supérieure de 1 ou 2% de points de pourcentage à l’inflation n’aurait qu’un impact minime. »

Premier commentaire, mon avis reste le même à ce sujet, une augmentation des frais de scolarité ne peut qu’influencer négativement la fréquentation des universités, donc le nombre d’étudiants finissants, donc le pourcentage scolarisé de la population, ce qui est inacceptable. L’influence a beau être faiblement négative, elle reste négative. Deuxième commentaire, une « vaste enquête » prend selon moi plusieurs mois pour être complétée. La complétion de l’enquête aurait dû concorder avec l’annonce officielle de l’augmentation des frais de scolarités. Ou le gouvernement n’a pas attendu les résultats de l’étude pour prendre sa décision (les libéraux parlent du dégel depuis leur premier mandat), ou il ne l’a rendu publique que plusieurs mois plus tard, mais dans un cas comme dans l’autre, j’ai beaucoup de difficultés à m’expliquer que la décision aie été prise sans que les québécois n’aient vent de cette étude.

Lorsque les faits divers se retrouvent en première page et que les nouvelles se confondent avec les pubs, le niveau de réflexion de la population n’est pas très haut. Les dirigeants cherchent à paraître en première page, et leurs réelles actions, celles représentant leur vision à long terme se retrouvent en pages centrales, loin du centre des discussions. Dans ce temps là, il ne reste plus qu’à avoir la foi. Malheureusement, moi je suis justement à court…




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