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CO2 à crédit

Même si le gouvernement conservateur de Stephen Harper a balayé le protocole de Kyoto de la carte dans son discours du trône il y a moins de 2 semaines, il ne faut pas oublier que le réchauffement de la planète est une menace réelle et qu’il faut diminuer nos émissions de gaz à effet de serre (GES), principalement le gaz carbonique issu de notre consommation de combustibles fossiles, peut importe la politique fédérale. Évidemment, il existe plusieurs façons de contribuer à cette diminution sur le plan personnel. Plusieurs sites internet d’organismes écologiques proposent plusieurs solutions (equiterre.org, davidsuzuki.org, etc). Cependant, comme presque toutes nos activités et produits que nous achetons produisent des émissions de GES, il vient un moment où il est difficile de faire plus. C’est pour cette raison qu’en Europe, plusieurs bourses du carbone ont vu le jour afin de permettre la vente de droits d’émission de GES de la part des compagnies émettant moins que leur quota aux entreprises qui ont de la difficulté à abaisser leurs émissions. Le système est en marche depuis quelques années. Il existe une initiative semblable pour les particuliers : les crédits-carbone (carbon offset). Le principe est à peu près le même : acheter des crédits de réduction de GES, habituellement en tonne de CO2 équivalent, pour compenser les émissions causées par une activité personnelle, comme prendre l’avion, le but ultime étant d’atteindre la neutralité carbonique. L’argent amassé par l’organisme ou l’entreprise qui vent des crédits du genre sert à mettre sur pieds ou soutenir des projets dont résultera une diminution GES équivalente à ce qui a été consommé par les acheteurs de crédits.

Prenons comme exemple un vol Montréal-Paris. Air Canada offre à ses clients d’acheter des crédits-carbone de l’organisme Zerofootprint . Le calculateur du site internet révèle qu’un aller-retour produit 1,2 tonne de CO2, et offre ses crédits-carbone équivalents pour 19,20 $, soit environ 2,5 % du prix du billet.

Il existe plusieurs sortes de projets de réduction d’émissions de GES en branle à travers cette méthode de financement. La première étant la plantation d’arbres qui stockent le CO2 de l’atmosphère par la photosynthèse. Cependant, plusieurs organisations ont laissé tomber cette pratique qui, dans certains cas, fait plus de tort que de bien. Une -autre façon, considérée plus fiable par plusieurs, est de rendre de l’énergie renouvelable disponible pour remplacer celle produite à partir de combustibles fossiles. Par exemple, avoir recours à l’énergie éolienne, hydroélectrique et solaire à la place de brûler du bois ou du charbon. Finalement, la dernière façon est de rendre une consommation de combustibles fossiles plus efficace.

Comme dans n’importe quel nouveau marché, tout crédit-carbone n’est pas bon à acheter. En lisant sur le sujet, on s’aperçoit qu’il est arrivé à maintes reprises que des crédits-carbone soient vendus sans qu’il en résulte la diminution de GES escomptée. Dans des cas extrêmes, on rapporte que des projets mis sur pieds dans des pays en voie de développement aient pu enfreindre les droits de la personne, en forçant notamment des habitants à quitter leurs terres pour faire place au reboisement.

Il existe tout de même quelques balises pour se guider dans l’achat de crédits. Afin de juger que les projets de vendeurs de crédits-carbone sont efficaces et ont un impact positif réel sur l’environnement, il faut que ceux-ci soient régis par une norme ou une organisation indépendante. Ces normes encadrent le calcul de la quantité de CO2 qui serait émise si le projet n’avait pas lieu et la mesure des émissions une fois le projet réalisé. Ensuite, elles assurent que le projet n’aurait pas lieu sans l’investissement issu de ventes de crédits-carbone. Il faut également s’assurer de la longévité du projet et de ses effets externes sur les émissions en dehors des limites du projet. The Gold Standard, régie par un organisme suisse à but non lucratif, répond à ces critères. Les projets attestés par cette norme sont théoriquement basés sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, et ont peu d’impacts négatifs sur l’environnement. Notons que les projets de reforestation sont exclus de cette norme, n’encourageant pas la migration des combustibles fossiles vers les énergies vertes et par le potentiel d’impact négatif sur le milieu.

Finalement, en faisant le tour de la question, il est important de retenir qu’il ne faut surtout pas substituer ses réductions personnelles d’émission de GES à l’achat de crédits-carbone. Cette méthode n’est pas la solution miracle, mais elle contribue à construire une certaine sensibilisation sur le coût environnemental de nos gestes et activités en y associant un montant d’argent réel.

Quelques sites de vendeurs attestés par The Gold Standard :

Erratum
Dans le guide du recycleur de la semaine dernière, on mentionnait que les cartouches à imprimante laser ne sont pas acceptées à l’îlot de recyclage au 6e étage du pavillon Lassonde. En fait, il est possible de les déposer avec les rebuts informatiques ou avec les cartouches à imprimante jet d’encre en soulevant le couvercle-présentoir dont l’orifice n’est pas assez grand pour laisser passer les « toner ».

Mots-clés : Environnement (11)

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