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Laine sans mouton

«Il était une fois, le petit chaperon rouge… » version 2007 et sur un air de Guantanamera… La chanson mais aussi la fille, parce que Guantanamera, ça veut dire « fille de Guantánamo ». En fait, techniquement, c’est pas vraiment une fille, c’est un gars, mais c’est tout comme parce qu’il tricote… un manteau… de laine de mouton, qui est sur son dos. Sur la plage. À Cuba. Oui monsieur ! C’est sa doudou des mauvais jours.

Et puis d’abord son nom, c’est Blaise Côté (joué par Jean Turcotte), pas Blaise Majesté ! Le crime de lèse-majesté c’est Liz (prononcez Lizzzzzzzzzz), jouée par Marie-Josée Forget, qui l’a commis. Parce que voyez-vous, c’est le roi, qui se laisse influencer par sa femme (Chantal Baril) sur l’oreiller, qui elle même aura demandé conseil à ses domestiques pendant la journée quand il faut que son mari prenne une grande décision politique, qui a fait fermer Filonlaine, la fabrique de laine de Woolkaapland où Liz travaillait. Ça n’a pas empêché Liz de se retrouver serveuse de thé pour la première dame.

Perdus ? Ne vous inquiétez pas, notre voiture parle. Un peu moralisatrice mais quand même dotée de défauts bien humain. Sauf qu’elle ne sait pas ce qu’est un « char » (prononcez châââr).
Nous voilà plongés dans le monde loufoque qu’a créé Jean-François Caron. Je riais bien franchement à voix haute et je n’étais pas la seule (pour une fois !). L’humour intelligent de Laine Sans Mouton, mis en scène par Martin Desgagné, fait une critique de la société contemporaine sans être lourd. Corruption, capitalisme, les pauvres qui s’appauvrissent.

Et si la laine de mouton est maintenant authentiquement synthétique, est-ce qu’on va continuer à se faire manger la laine sur le dos ? Suffirait de pas se conduire en mouton, non ? « Guantanamera, guajira Guantanamera… » sur un air de justice économique et politique. Après avoir vu Laine Sans Mouton, on se sent prêt à faire la révolution et se joindre à Fidel !

Mise en scène par Martin Desgagné. Avec Alexandre Mérineau, Marie-Josée Forget, Chantal Baril et Jean Turcotte. Une coproduction du Théâtre Officiel du Farfadet (TOF) et de Urbi et Orbi. Au théâtre Prospero, du 1er au 20 octobre 2007.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.