Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Pas pour les cardiaques !

Le 13 octobre dernier était une question de vie ou de mort pour l’équipe de football des Carabins. Une défaite et on allait rejoindre les Redmens de McGill comme équipe exclue des séries d’après-saison; une victoire et on soufflait pour au moins une autre semaine. La deuxième option a prévalue, mais ce fut loin d’être aussi simple que l’esprit d’un candidat de Loft Story. Oh que non ! La partie allant au-delà des 60 minutes réglementaires et se terminant sur un pointage de 31 à 28 pour les Carabins (2-4) face à un Vert et Or de Sherbrooke (2-4) complètement anéanti et devant 4293 spectateurs conquis par cette victoire au CEPSUM.

Et à voir les joueurs des Bleus festoyés au centre du terrain après le placement victorieux de 32 verges en prolongation de la recrue Pierre-Paul Gélinas, on comprenait l’importance de cette joute. Quelques mauvaises langues auraient pu ajouter que c’est une réaction naturelle après 4 défaites consécutives ! Quoi qu’il en soit, les Carabins et le Vert et Or se sont livrés tout un duel, sans équivoque le meilleur de cette saison, et franchement aucune de ces équipes ne méritaient de rentrer à la maison la tête basse. Sauf que le chemin du retour à Sherbrooke a dû paraitre plus long cette fois-ci… et les travaux interminables sur l’autoroute 10 ne sont pas la cause de mes soupçons !

Ils risquent plutôt de faire des cauchemars ces prochains jours en pensant au trio de Marc-Olivier Brouillette (26-37-345-3-1), Frank Bruno (9-160-1) et Hantz Boursiquot (20-118-1), les vedettes offensives des Bleus au cours de cette partie. Ce ne sont pas moins de 483 verges au total que l’attaque des Bleus a cumulées. Vous avez bien lu, l’attaque anémique de vos favoris s’est réellement signalée après un coma d’un mois et demi ! Ils se sont réveillés avec des airs des Colts d’Indianapolis. Ce qui n’est pas peu dire. Les courtes passes, les longs relais, les courses; tout fonctionnait pour les Carabins. La recette de ce succès : une exécution à son zénith et une défensive du Vert et Or plus trouée que nos routes ! Peut-être qu’une étude démontrerait que les poules construisent leur nid ailleurs que sur l’asphalte !

Pendant que les Bleus nous dévoilaient un certain potentiel en possession du ballon en 1ère demi, les Shoiry , Fils, Giguère et compagnie ont été médusés par l’unité défensive. En symbiose pour une rare fois, ces deux unités ont permis aux Carabins de retraiter au vestiaire avec un large sourire, mais surtout avec un pointage de 14 à 3.

Puis, le 3e quart a débuté et le quart-arrière du Vert et Or s’est ajusté à la défensive que lui présentait Montréal. Traversant les 96 verges aisément, complétant ses passes entre les secondeurs et les demi-défensifs en plein centre du terrain, avant de lui-même complété la séquence sur une course de 4 verges. En un claquement de doigt, l’avance avait fondu à 4 points et les interrogations recommençaient : Vont-ils encore s’écroulés ? Où se cache Jonathan Jodoin ? Leur performance en 2e demi va-t-elle être semblable à celle offerte par Britney Spears à son retour sur scène aux Emmys awards?

On n’a pas tardé à nous fournir des réponses. 2 minutes plus tard, Bruno franchissait la zone des buts pour la première fois de sa carrière universitaire. Un missile de 47 verges projeté par Brouillette, alors que son ancienne cible chez les Cheetas de Vanier avait facilement devancé son couvreur. Or, Sherbrooke n’a jamais abandonné. Revenant à la charge avant la fin du quart avec un autre touché. Sacre de Samuel Giguère qui a capté un cours relais de Shoiry (22-39-369-2-0) qu’il a converti en long jeu de 58 verges et ridiculisant environ 4 joueurs des Carabins en mesure de faire le plaqué. En voilà un qui a le talent pour percer dans la LCF.

Comme on s’y attendait le 4e quart a été chaudement disputé. Pauvres cardiaques. Tout d’abord, avec environ 2 minutes à faire, ils ont été témoin du placement de 17 verges d’Alex Poirier qui réduisait l’avance à un seul point. Et ce n’était pas fini. Moins d’une minute plus tard, le même botteur se retrouvait dans la position de donné la victoire à Sherbrooke. Position qui était loin d’être idéal puisqu’il se devait de réussir un botté de plus de 50 verges. Faut croire qu’il en a rien à battre de l’idéal, car le ballon est passé très près du poteau gauche. Sur la séquence, le retourneur des Carabins a semblé aussi surpris que les spectateurs de la force de frappe; il a mis un temps fou à sortir de la zone des buts, ce qui a causé le point d’égalité.

Si la fin du temps réglementaire à dû être pénible pour le cœur, il y a bien quelques cardiaques qui n’ont pas survécu à la prolongation. Les locaux ont été les premiers à s’élancer et ont couronné une belle poussée par une passe de 1 verge destiné à Michael Sousha, fin seul dans la zone des buts. Sherbrooke se devait alors de réussir un majeur sinon s’en était fini. Et ça n’augurait rien de bon lorsque le Vert et Or s’est retrouvé avec un 3e essai et 13 verges à faire. Disons tout simplement que le stade vibrait, ça criait en à perdre la voix, ça se donnait de grosses claques dans les mains. Disons que ça célébrait en avance ! Car Shoiry, faisant fi de toutes les distractions et de la pression, a lancé une passe parfaite – ou désespérée – dans la zone des buts. Une passe de 27 verges à Alex Poirier qui était pourtant étroitement surveillé par 2 joueurs des Carabins.
On était donc de retour à la case départ, on passait go sans les 200 dollars. Les 2 équipes ne faisaient que changer de bord… tout comme le momentum !

Par contre, le délire dans le CEPSUM a fait un autre acte de présence quand la tentative de placement sur 37 verges d’Alex Poirier a été bloquée par les Carabins. Ces derniers, décidés à ne pas éterniser davantage la partie, n’ont pas manqué la leur lorsque Pierre-Paul Gélinas a réussi les 3 derniers points.

Côté action, Rambo peut aller se rhabiller !

Décidément, à l’instar du célèbre personnage interprété par Sylvester Stallone, les Bleus ne veulent pas mourir. Et encore une fois, ils ne pourront se permettent de faux pas samedi prochain lorsqu’ils visiteront l’université de Mount Allison au Nouveau-Brunswick. Normalement, les Carabins devraient facilement disposés de leur prochain adversaire qui peine dans la Conférence Atlantique qui est plus faible que celle du Québec. Toutefois, l’unité défensive devra réussir à contenir le quart-arrière Kelly Hugues, qui sait courir autant qu’il sait lancer. Et on se souvient de la débâcle contre Concordia lorsque Liam Mackey avait pris la relève : la défensive n’avait pas été en mesure de s’ajuster à sa mobilité. Mais la plus grande menace risque de provenir des unités spéciales. Souhaitons que Gary Ross – le meilleur retourneur de botté au pays – ne fasse pas trop mal paraitre cette unité qui semble parfois vulnérable et qui a accordé 2 touchés cette saison.

Vraiment, si on ne peut prédire à 100% le voyage à Québec dans 3 semaines, on peut affirmer sans se tromper qu’on ne s’ennuiera pas d’ici la fin de l’année.

Mots-clés : Football (16)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.