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Le blues des bleus

Les Carabins avaient un autre rendez-vous de prévu en ce samedi ensoleillé du 29 septembre. Dans la maison de l’amour -merci Occupation Double – du stade Loyola, où se sont entassées 2163 personnes, les Bleus (1-3) ont subi la triste réalité d’une troisième défaite consécutive 15 à 21 contre les Stingers de l’université Concordia (3-1). Réalité qui ne s’était pas concrétisée depuis leur première année dans la LFUQ en 2002, année qui s’était soldée par huit défaites consécutives.
Pourtant tous les espoirs étaient permis: tout d’abord, les Carabins pouvaient difficilement exécuter une prestation aussi exécrable que celle démontrée la semaine précédente contre les surprenant Gaiters ; puis, Marc-Olivier Brouillette, remis de sa blessure à l’auriculaire subie lors de la première partie de la saison, était de retour aux commandes de l’attaque. Ce qu’il faut en déduire? On n’accumule pas de victoires avec uniquement de l’espoir.

Ça prend également des officiels équitables. Comme le café! Et s’il est impossible de les avoir à un prix abordable, alors qu’on en déniche une couple qui soit un minimum impartial. Disons simplement qu’ils n’ont pas vu la même partie que moi. J’avance peut-être des hypothèses, mais j’ose croire que c’est différent quand on est sur le terrain que lorsqu’on juge la joute des hauteurs des tribunes. Quoique sans vouloir faire de publicité gratuite, il y a chez Farhat Lunetterie d’excellentes promotions…
Sans sombrer dans les excuses faciles, les faits sont que les hommes-rayés ont décerné une pénalité pour interférence à un demi-défensif des Carabins qui a laissé tous les témoins du jeu incrédules, mis à part la fanfare des Stingers qui ne semble pas saisir grand-chose de ce qui se déroule sur le terrain, mais bon…
Délaissons l’orchestre et revenons au jeu critique. Les Stingers sont en possession du ballon à 27 verges de la zone des buts des Carabins. En situation d’un 2e essai et 13 verges à franchir, Liam Mahoney (3-6-28-1-0) envoie un ballon flottant que touche légèrement le receveur intérieur Marc Champagnie, avant de se faire frapper violemment, euh… très violemment. Pendant que dans la foule, on scande en chœur : « ayoye », les zébrés lancent le mouchoir orange au sol. Dès le jeu suivant, vous l’avez deviné, Mahoney rejoint Cory Watson sur 13 verges pour le majeur. Les fans des Bleus, eux, levaient leurs majeurs aux officiels! On ignore ce qui serait survenu par la suite, mais mentionnons au passage que du même endroit, le botteur de précision des Stingers avait raté la cible un peu plus tôt.

Cependant, les zébrés ont peut-être fauté sur le jeu, mais dans l’ensemble le nombre de pénalités et les verges perdues ont sensiblement été les mêmes pour Montréal (16-170) et pour Concordia (14-148). Ce que les chiffres ne disent pas, c’est que les pénalités accordées aux Carabins semblent toujours survenir aux moments inopportuns.

Les semaines passent et se ressemblent pour les Bleus. J’ai toujours pensé que les coureurs d’athlétisme qui tournent en rond la distance Montréal-Tokyo couraient pour rien, je commence à croire que Frank Bruno court pour rien. À chaques fois qu’il effectue un retour de botté à la Devin Hester (spécialiste des Bears de Chicago), il y a un mouchoir orange qui jonche le sol. Cette fois contre Concordia, il a esquivé tous les joueurs adverses, accéléré le long de la ligne de touche, plongé dans la zone des buts, mais un bloc illégal d’un joueur des Carabins les a empêchés de s’inscrire au pointage.

Le 15 septembre dernier, après une défaite de 9 à 6 contre ses mêmes Stingers, l’entraîneur-chef Marc Santerre refusait de parler d’indiscipline, qualifiant plutôt ses joueurs comme insouciants. Au lieu de jouer avec les mots, il serait peut-être préférable de retourner au tableau et retravailler les X et les O. Je veux bien croire le coach, mais combien de fois les Carabins se sont retrouvés en position d’un 2e essai et plus de 20 verges à franchir? Beaucoup trop souvent. Et quand ce n’était pas un 2e essai et «a long way to go» dixit l’annonceur-maison, les Bleus devaient franchir entre 8 ou 9 verges pour le 1er essai. On se doit de regarder du côté du jeu au sol pour ses déboires, car les porteurs ont conservé une médiocre moyenne de 1.2 verges par course. Hantz Boursiquot a beau avoir inscrit son 2e touché de la saison sur une course de 8 verges au 3e quart, une fois la partie terminée, il n’avait amassé qu’un maigre total de 26 verges en 8 courses. Disons que ça nous fait regretter Mroué.
En fait, la seule menace au sol est… le quart-arrière Brouillette. Il a inscrit l’autre majeur des Carabins au 2e quart à la suite d’une belle feinte de remise à droite avant de décamper à gauche sur 12 verges et d’ajouter 6 points. Brouillette s’est fait sonner peu de temps après et a dû être remplacé par Larosilière pour le reste de la rencontre. Dès le 1er quart je me disais que Brouillette ne terminerait pas la partie sur ses deux jambes si il continuait de se faire frapper à ce rythme-là.

Donc, Larosilière et ses 295 livres se sont amenés en dépannage encore une fois et… Eh bien j’espérais juste que la vraie raison de l’horreur de son jeu une semaine auparavant était vraiment due à une épaule amochée. Et? Eh bien c’est ça ! Il a su orchestré une dernière poussée en fin de match : les Carabins tirent de l’arrière par 6; il ne reste que 4 secondes au cadran; le ballon à la ligne de 34 des Stingers; les spectateurs debout et angoissés; une dernière tentative pour le célèbre Hail Mary; et alors qu’il n’avait rien à perdre en lançant le ballon le plus loin possible dans la zone des buts, il encaisse un sac du quart qui met fin à la partie.




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