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Lettre d’amour à mes snoozes

J’étais à vélo et je roulais vite. Vraiment vite… Profitant du soleil et du service d’emprunt de vélo de l’audio-visuel de Poly, je me suis retrouvé à grande vitesse dans les rues de Montréal.

J’essayais depuis déjà deux jours, sans succès, d’écrire un article. J’avais commandé à mon hémisphère gauche un article sur un sujet vaste — la surutilisation des Snoozes chez les étudiants — et c’est à cet instant que la moitié gauche de mon cerveau est arrivée avec sa pelletée d’idée. Je dévalais la côte et mes idées sortaient, c’était pas le bon moment. J’étais à vélo ! Avec les cheveux sortant esthétiquement de mon casque, je n’avais pas de papier ni de crayon sous la main.

Un humoriste américain que j’adore, Mitch Hedberg, dit dans un de ses monologues : “Si j’ai une bonne idée et que je suis couché, je dois soit trouver la force de me lever pour l’écrire… ou me convaincre que mon idée n’était pas bonne.” J’avais donc le choix. Vivre le moment présent, et laisser s’envoler mon inspiration, ou m’arrêter. Étant dans une côte que j’avais montée le matin même à grands coups de pédale, je ne voulais pas perdre ma belle inertie. C’est pour cette raison que je viens à Poly à vélo. Le matin, j’accumule de l’énergie potentielle, et en fin de journée, je transforme le tout en énergie cinétique. C’est comme travailler puis recevoir une paye. Arrêter dans ma descente aurait été comme se faire geler son compte le jour de sa paye. Ça ne se fait pas !
Alors, j’ai perdu toute ce à quoi j’avais pensé. Il ne me restait plus que le vague souvenir d’avoir eu de bonnes idées. J’étais triste, mais je roulais vite.

En arrivant chez moi, j’ai fait une sieste, juste pour voir si l’inspiration allait revenir.

Je me suis réveillé 15 minutes avant les Simpsons de 17h00 en anglais. Je me suis alors rappelé comme il était bon de savoir qu’il me restait un peu de temps pour dormir, que tout était sous contrôle. C’était l’essence même du snooze. Le snooze est un accompagnateur vers le réveil.
Un bon réveil en est un que l’on accepte. Si on se fait réveiller en plein milieu d’un rêve, selon le rêve, on peut rester frustré pendant des jours ! C’était peut-être un rêve que vous attendiez depuis longtemps. Un snooze c’est une extension, un sursis, un conseiller qui te demande doucement: que veux-TU faire du temps qu’il te reste? C’est un guide spirituel.

Le snooze te permet une prise de conscience que j’adore : “On vient de me réveiller, mais je peux me rendormir!” Retourner à un rêve est un sentiment de puissance et de contrôle incroyable, posséder du temps de sommeil !

Le gros problème c’est qu’avant de se réveiller, on ne sait pas que l’on dort. On est là tranquille, mais on oublie de jouir du sommeil. Ce sont en fait les moments où l’on s’endort qui sont les plus appréciés, et le reste n’est que terrain de jeu de l’inconscient.
Snooze, je t’aime, je t’aimais et lundi prochain, je t’aimerai !


C’est tout ce que j’avais à dire cette semaine. Comprenez-moi, j’ai perdu toutes mes idées en dévalant la côte.

Pour que vous me croyez, j’ai décidé de concoqueter une mignonne image de moi, fort, svelte et athlétique au moment même ou mes idées se sont envolées. Vous comprenez probablement mieux maintenant, à l’aide de mon support visuel coquin, à quel point j’étais en feu et qu’il n’était aucunement question de m’arrêter. On peut très bien voir aussi, sur ce montage ultra-réaliste, que nul part dans mon costume moulant mes courbes masculines, se retrouvait papier ou crayon, ou tout autre attirail me permettant de conserver mes idées de qualité.

Je terminerai donc cet opus en jurant, devant tous le comité du Polyscope, que j’amais, au GRAND jamais, je n’ai pris ou même vu de l’EPO de ma VIE! Toutes les accusations qui pèsent sur moi ne sont que fabrications de l’AEP dans le but de me voir discréditer devant la communauté de l’École Polytechnique. Je distriburai mes échantillons d’urine à qui mieux-mieux au pavillon Lassonde ce vendredi pour que la lumière soit fait sur cette affaire!

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Mots-clés : Le truc à Renaud (27)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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