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Édit-toto

Faut pas investir dans l’éducation, il faut plutôt investir dans la santé, parce que la population vieillit, et qu’on a besoin d’hôpitaux pour s’occuper de nos aînés. Faut pas investir dans l’éducation, il faut plutôt investir dans les infrastructures routières, désuètes, qui semblent maintenant tellement mal en point qu’elles risquent de s’effondrer. Par contre, il faut avoir de l’argent pour pouvoir investir. Tout ça coûte cher, et le lourd système de gestion de l’état n’ajoute encore que dépenses supplémentaires et inertie administrative. Il faudrait peut-être y investir de l’argent?

Dans une province où les débats touchant à l’éducation impliquent de choisir entre un bulletin lettré ou chiffré, il ne faut pas se surprendre qu’on parle de dégel des frais de scolarité. Quand on finira par comprendre qu’une amélioration de la qualité de l’éducation pourra améliorer à la fois toutes les sphères de la vie publique citées plus haut, on pourra peut-être espérer des changements. Les préoccupations touchant la qualité de la langue française dans le cadre professionnel pourraient être résolues en élevant le niveau des cours de français au secondaire. Les élèves n’aiment pas lire? Et alors, ce n’est pas à 12 ans qu’on va jouer à l’autodidacte. En les forçant à lire, on s’assure que dès le secondaire ils connaissent bien leur orthographe, on évitera alors que les étudiants en enseignement aient de la difficulté avec leur examen de français à l’université. Et finalement, en augmentant les frais de scolarité, on s’assure que la tranche des étudiants, aussi mince soit elle, qui doit travailler à temps partiel pour joindre les deux bouts abandonne ses cours parce qu’elle n’arrive plus.

Modifier le niveau des frais de scolarité est une décision qui implique un choix de société. Une hausse implique qu’on cherche à réserver l’éducation universitaire à une élite financièrement aisée. Par la même occasion, on s’assure que le restant de la population garde un niveau d’esprit critique assez bas. Est-ce le but ultime de Jean Charest lors qu’il souhaite augmenter les frais de scolarité? J’en doute, il cherche seulement à obtenir un bilan financier positif à la fin de son mandat. Le résultat n’en sera malheureusement pas différent.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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