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Sang bon sang : variation autour de l’hémoglobine

En dépit des efforts de Henri Bergson pour qui « le rire est une mécanique plaquée sur du vivant », bien des mystères demeurent quant à ce qui peut provoquer cet irrésistible titillement aux niveaux de nos zygomatiques. Pourtant, la troupe de Polythéâtre est souvent proche de trouver la solution à cet épineux problème dans sa dernière création Sang bon Sang en s’amusant du glauque, du lugubre et du morbide. Belle performance que constitue ce collage de courtes pièces, qui ne se contente pas de faire rire le chaland polytechnicien mais aussi de l’interroger sur des problématiques plus graves, l’entraînant ainsi vers des réflexions que Richard Martineau croirait sûrement incapable un ingénieur civil au cerveau atrophié par l’alcool.

Ainsi, on évoque le rapport malsain entretenu par les médias face à la violence ainsi que la promotion du fait-divers au rang d’information de première main, pratique de nos jours répandue dans les plus prestigieux réseaux médiatiques. Si la course aux ventes justifie ce raccourci vers la nouvelle spectaculaire, percutante mais aussi inintéressante que de mauvais goût, le lecteur ou le récepteur (ou le consommateur pour utiliser un langage Quebecor) n’est pas exonéré de toute responsabilité. Son image est bien caricaturée à travers le personnage de ce père de famille bourru qui déplace sa tribu chaque dimanche sur les routes de campagne objectif à la main, en quête de l’accident de voiture, du crash, dont les clichés lui procureront gloire journalistique et récompense pécuniaire.

Voyeurisme, pulsions morbides, excitations malsaines à la vue des corps déchiquetés, font aussi partie de nous. Tout autant que l’indifférence face à la souffrance ou à la disparition de l’autre, sentiment que l’on retrouve chez ces deux grands-mères hilarantes assises là à contempler un enfant étalé sur le trottoir, mort ou qui fait du moins sacrément bien semblant de l’être…
Cet état d’ignorance amorphe et délibéré nous amène à l’insoluble problème de communication. Du simple quiproquo à la scène de couple en passant par la paranoïa la plus atroce, comment, l’état premier de fusion révolu, rebondir et créer un espace de cohabitation avec l’autre ? La solution, peut-être jeter de multiples ponts entre les individus. Mais sur ce sujet précis, les étudiants en génie civil en savent sûrement plus que Richard Martineau…




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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