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Entrevue avec Christophe Guy

Le Polyscope a rencontré le nouveau DG pour qu’il nous fasse part de sa vision de l’École.

Quelles seront vos grands chantiers pour la durée de ce mandat?

Mon mandat est un mandat de continuité avec ce qui a été mis en place par Mr Papineau avec 3 grands axes: Le premier serait le maintien de la qualité du climat d’études et de travail à l’école. Nous voulons poursuivre et améliorer les aspects qui ont le moins bien fonctionné. Par exemple pour les stages et les fameux «Habiletés Personnelles et Relationnelles», nous voulons assurer qu’il y a les ressources nécessaires. On a des résultats encourageants sur à la fois l’augmentation de la clientèle au premier cycle qui était un des objectifs et de l’attractivité de Poly par rapport aux autres facultés de génie. Il reste cependant des réglages à faire. Le deuxième serait de poursuivre la mise en place de plusieurs initiatives en cours dont le programme de formation (PDF) du premier cycle. Enfin le troisième serait le financement de l’école. Cette année encore on aura un déficit significatif d’opérations. Il y avait eu des promesses gouvernementales et donc nous voulons qu’elles se réalisent et qu’elles se traduisent pour Poly par des ressources supplémentaires. Un autre grand objectif est la mise en place de notre nouveau bac en génie biomédical pour septembre 2008. Je souhaite aussi augmenter notre notoriété en étant plus présent et plus connu notamment par plus de présence et d’intervention dans les médias de nos professeurs sur les grands dossiers de l’heure surtout s’ils sont à saveur technologique. Être présent par le biais des étudiants, je crois beaucoup en les clubs étudiants et les sociétés techniques, mini baja, archimède et ces choses là, parce que non seulement cela donne beaucoup d’occasions aux étudiants de diriger des projets mais encourage aussi le développement des étudiants en plus de permettre de nous faire connaître lors des compétitions.

Pensez-vous que l’introduction des nouveaux programmes s’inscrit réellement dans un projet éducatif et de formation ou est-elle plutôt une réponse urgente aux baisses d’inscriptions ?

Je vais prendre la question dans un autre sens. Le métier d’ingénieur aujourd’hui n’est pas la même que celle des années 60-70. Avec une formation adaptée, les jeunes étudiants cherchant une formation d’ingénieur seront bien sûr plus intéressés à venir chez nous. Alors est-ce que cela répond à un besoin de chercher plus d’étudiants? Oui, mais les étudiants viendront car nous avons un programme qui répond aux attentes des employeurs qui engageront nos futurs diplômés. Selon certains, l’École a de plus en plus une vision “utilitariste” et met plus l’emphase sur la production de main d’oeuvre répondant aux besoins du marché plutôt que sur la formation de professionnels accomplis. Quelle est, d’après vous, la vocation de l’Ecole? Pour ce qui est du rôle de l’École, nous voulons que nos diplomés soient en mesure de contribuer au développement technologique du Québec, du Canada. Donc, nous ne sommes pas utilitaristes dans cette optique, nous voulons des personnes qui ont une formation suffisamment large, une tête bien pleine mais qui soient capable de faire la part des choses.

Comment pouvez vous garantir une formation de qualité et complète a l’intérieur des murs de Poly pour les étudiants actuels en génie des matériaux?

Il y a eu une décision du conseil d’administration à la fin des années 80 qui préconisait la fin du programme de génie des matériaux. Pour diverses raisons, cette décision n’a été suivie ni par les professeur ni par l’administration et donc en 2007, nous nous sommes retrouvés devant un constat que depuis une dizaine d’années la situation du génie des matériaux n’avait pas vraiment évolué. Ce qui nous a amené à ladite décision Le programme de premier cycle du génie des matériaux ne représentait pas exclusivement toute la formation qu’il y a en matériaux à Polytechnique. Si on regarde avec les nouveaux matériaux , c’est en génie physique que la formation se donne. En terme de recherche, le regroupement québécois sur les matériaux de pointe, tout les membres venant de Polytechnique sont des professeurs de génie physique. Donc tout le volet des nano matériaux et des matériaux pour la microélectronique et la photonique se trouvent en génie physique mais aussi en génie électrique. Il y a aussi un très fort secteur des matériaux plastiques, polymères et composites à L’École, très performant à la fois en enseignement et en recherche qui se trouve en génie chimique et mécanique. On a une chaire sur les matériaux composites pour l’industrie automobile avec GM Canada. L’enseignant titulaire François Trochu est un professeur en génie mécanique. Pour diverses raisons historiques, le programme de génie matériaux était principalement un programme de génie métallurgique. Et avec le départ de certains profs, plusieurs volets du génie des matériaux ont disparu, la clientèle a baissé, et nous n’avions plus le soutien de l’industrie. Nous avons donc choisi de mettre fin au programme de baccalauréat en génie des matériaux. Nous allons nous assurer que cette décision n’affecte pas la qualité de la formation donnée aux étudiants actuels. Ceux ci pourront bien entendu finir leur programme dans des délais raisonnables.

Au sujet des sociétés techniques, est ce qu’il y aura une augmentation de budget prévu ?

Les sociétés techniques, c’est quelque chose en lequel je crois, que je souhaite continuer à soutenir, et je sais que cela participe à la visibilité et au rayonnement de l’École. On va regarder les projets qui nous seront proposés. Bien sûr on ne pourra pas tous les faire mais, à leur niveau, on peut s’assurer qu’en terme de locaux et d’ateliers que les choses soient là pour leur faciliter la tâche.

Quelle est la situation financière de l’école et quelles sont les solutions qu’il faudrait préconiser pour renflouer l’école ?

Le mode de financement que l’on a au Québec n’est pas capable de répondre aux besoins d’institutions comme Poly parce qu’elle est en génie et seulement en génie. Aujourd’hui, notre position est de dire que nous sommes l’une des trois plus grosses écoles de génie au Canada en termes de nombre et parmi les premières en termes de recherche; il faut que le gouvernement du Québec soit conscient de cela et nous soutienne à la hauteur de nos besoins et de nos ambitions. On veut aussi regarder au niveau des dons externes, de ceux des entreprises, comme celle de Général Motors qui finance une chaire de recherche. Cela aide, car si ce n’était pas cela on aurait perdu une trentaine de profs payés en partie par ces entreprises.

Et concernant le dégel des frais de scolarité ?

C’est un sujet de société et des gens sont élus pour prendre ce genre de décision; donc moi je regarde l’enveloppe globale, mais c’est l’avis du directeur de Poly…

En conclusion, Polytechnique est une institution extraordinaire. On a aussi une communauté très dévouée. C’est pour ca que j’ai trouvé intéressant de relever le challenge de directeur général. Il y a des défis indéniables notamment celui du financement mais aussi des défis très bâtisseurs: les nouveaux programmes. Le PDF est une réponse structurée à ce défi là. Le fait d’être actif sur l’innovation au sens large et dès les premiers cycles et aux cycles supérieurs nous aide à former des ingénieurs innovants des leaders dans leur domaine et pas seulement des supers techniciens. Ce sont des défis très positifs que je serai heureux de relever avec tout le monde.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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