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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Tarte à la crème

Quelle peine de voir Martineau nous servir sur l’assiette de sa mauvaise foi chronique, une baudruche où la suffisance du pigiste cache mal l’insuffisance des arguments. Si vous voulez mon avis, ce bonhomme a picolé dur en écrivant son billet «point huit». J’ai du mal à croire que ce faiseur de conjonctures n’ait pas vu passer la faiblesse de son texte d’opinion, lui qui se targue d’avoir fréquenté l’université, d’avoir du goût en matière d’art, de raisonner au-dessus de la mêlée. Réussir la gymnastique intellectuelle qui consiste à confondre dans le même paragraphe DASTRRD, génie, génie civil et pont de la concorde, voilà un exercice qui ferait pâlir d’envie les plus grands contortionnistes de ce monde.

Dans une caricature tout aussi insidueuse, Baudet note «Beuveries à l’initiation des étudiants en génie civil», alors qu’il est de notoriété publique que le DASTRRD réunit tous les étudiants de Poly, et non pas seulement les constructeurs des futurs viaducs condamnés à s’effondrer. Nous n’étions pas sans ignorer que la profession d’ingénieur ne méritait que les projecteurs que suivent des index accusateurs, mais nous avions encore suffisamment de respect pour le métier de journaliste pour ne pas imaginer que ces gratte-papier iraient s’abaisser à la dégradante tâche de chaperonner quelques morveux avec l’espoir avoué de dénoncer la pratique délétère qui consiste à se rincer le gosier aux ferments du houblon.

Avouons tout de même que nos amis avides de sensationnalisme ont ramé dur pour hérisser le poil des jambes du prolétaire moyen. Cherchant désespérément à étaler du sexe bestial et du sang écarlate, les journalistes que Québécor Média a dépêchés sur les lieux de la beuverie n’ont réussi qu’à dénichér une pauvre gamine qui allait se vider la vessie dans les bois, ce qu’ils ont vite fait de maquiller en strip-tease, histoire de vendre encore plus de papier. Constatant peut-être que la pêche était maigre, les scribouillards ont alors jugé bon d’interroger le propriétaire du bar pour lui soutirer des horreurs encore plus rudimentaires. Ce dernier leur dit dans son patois chantant que les ‘sti de niaiseux n’ont pas laissé assez d’tip, ce que les amplificateurs prosaïques ont traduit par intimidation, négociation, vol et recel de biens sociaux. Si j’avais su que l’AÉP avait autant de pouvoir, il y a bien longtemps que j’en aurais été président, quitte à prolonger mon bac de quatre années supplémentaires…

Finalement, il y a toute cette polémique sur la quantité d’alcool consommée. Là aussi il nous a été permis de voir le meilleur comme le pire . Le patron du bar a énuméré 130 caisses de 24. Ce qui nous ramène à 3120 bières. Le journal côte à la baisse et rapporte 2900 bouteilles. Bon point pour lui. Mais ne voilà-t-il pas que Radio Canada nous envoie sur les ondes sa sainte nitouche qui s’offusque que 500 jeunes aient bu, je cite, 2900 caisses de 24. Et elle le fit, croyez-le ou non, sans sourciller, et sans jamais quitter sa fiche des yeux. 2900 caisses, cela fait stricto senso 140 bouteilles par personne. Mais madame, si les étudiants avaient bu 140 bouteilles en 7 heures, 20 bouteilles par heure, ce n’est pas les gratte-papier qu’il fallait appeler, c’est le Guiness Book Record ! Voilà où nous mène le manque d’autocritique dont font preuve les médias. On se confine à rapporter des faits quelconques, à s’égosiller avec autosatisfaction et suffisance, à confondre allégrement les éléments de base de toute pensée logique et à se complaire dans les lieux communs. 3000 bières, 500 personnes, 7 heures. Big deal ! Six bières en sept heures, personnelement, je ne rentre pas en car, je prends la voiture.



BHL entarté commenté par Desproges
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