Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Mon degré de sagesse

Cette année, j’ai enfin atteint un niveau de sagesse* et d’expérience qui me permettent éthiquement de souhaiter la bienvenue aux nouveaux étudiants de Poly. J’ai pris conscience de ce droit lors d’un BBQ quand certains de mes amis m’ont appris à ouvrir une bière avec un jonc d’ingénieur, et je me suis rendu compte au même moment que je venais soudainement d’entrer dans le club sélect des vieilles croûtes, dont les membres sont tous des étudiants qui pourraient théoriquement avoir fini leur bac mais qui en sont encore à profiter de leur séjour à Poly. Ces mêmes amis, je les avais rencontré il y a quatre ans, lors de la semaine d’initiation et c’est grâce à eux (ou par leur faute) que je suis entré dans ce premier club, car quatre ans plus tard, alors que j’entame une nouvelle année de plaisirs ingénieux*, eux ont choisi la porte d’à côté et entrent dans le non moins sélect club des ingénieurs qui ont terminés leur bac mais qui passent encore au moins une fois par semaine à Poly, juste comme ça, sans aucune raison. Vous qui la semaine prochaine serez tous vêtus à la Mario Bross, vous savez donc maintenant à quoi vous en tenir. Peut-être pas tant pour vos relations interpersonnelles durant les quatre prochaines années, mais sur la salière à utiliser lors de la lecture des quatre prochains paragraphes.

Même si j’en ai le droit…

Ce n’est pas la première fois que je souhaite la bienvenue aux nouveaux étudiants par le biais d’un éditorial. Sur ces 4 années que j’ai déjà passées à Poly, trois furent marquées par ma présence précoce à Poly une semaine avant le début des cours pour préparer ce texte qui a comme but ultime de prendre métaphoriquement chacun des nouveaux dans mes bras pour l’envahir de cette tendre et douce chaleur maternelle que dégage Poly, pour qu’enfin ils se retrouvent en position fœtale, la bouche ouverte comme en attente d’un sein à téter, et se sentent accueillis et entre de bonnes mains dans ces bâtiments qui les feront bientôt tant souffrir… mais ne dit-on pas « qui aime bien châtie bien » ?

Avertissement…

Même s’il faut noter qu’en mon début de 5e année, je fus touché par la technologie (sans que j’aie eu à porter plainte, notez-le) et que j’ai abandonné la propreté du local du Polyscope pour écrire cet éditorial couché dans mon lit, un ordinateur portable sur les genoux (ce qui explique sans doute que je parle autant de chaleur maternelle, blotti sous les couvertures pour me réchauffer en ce froid matin automnal du mois d’août), il n’en reste pas moins que j’ai pris certaines habitudes au cours de mon passage au Polyscope auxquelles je me dois souvent d’abdiquer. C’est pour les protéger que je tiens, avant d’aller plus loin, à avertir les lecteurs que l’une d’entre elles est une forte tendance à m’éloigner sans avertissement de mon sujet principal. Alors, tel un psychopathe schizophrène, je succombe à cette habitude et, du coq à l’âne, laisse Ginette prendre le dessus pour vous entretenir de l’actualité des derniers mois, car dans le but de vous présenter un tantinet votre futur profession, j’aimerais maintenant revenir sur quelques nouvelles récentes qui ont attrait au travail d’ingénieur.

Leçon de vie…

Tous ont entendu parler de l’effondrement d’un pont à Laval ainsi qu’au Minnesota. Une autre nouvelle racontait récemment l’histoire d’une catastrophe semblable en Asie. Dans tous ces cas, la faute retombe d’une manière ou d’une autre sur le travail d’un ingénieur. On pourrait aussi parler des trois jours d’indécisions des ingénieurs de la Nasa qui ne savaient pas s’ils devaient réparer ou pas les tuiles de la navette Endeavour. Très peu de nouvelles font ressortir le travail des ingénieurs dans les médias, et un nombre encore plus faible le fait d’une manière positive. Les étudiants en quête de gloire ne sont sans doute pas au bon endroit sur les bancs d’une école d’ingénierie, et devraient peut-être se diriger vers une autre profession. Par exemple, les étudiants en médecine ont une abondance de séries télévisées mettant en vedette de jeunes et beaux (belles) étudiants accomplissant leur internat à coups d’opérations à coeur ouvert et de traitements miracles pendant leurs nuits de garde entre deux relations sexuelles dans les placards à balais des hôpitaux. Demain n’est pas la veille du jour où vous verrez à la télévision les aventures palpitantes de Bertrand l’ingénieur informatique sauvant le monde à coups de programmes C++.

Par contre, ce n’est pas pour autant que la vie entre les murs de Poly ne soit totalement inintéressante. À elle seule, la gamme de couleurs du pavillon Lassonde prouve le contraire. Et aussi difficile (ou long) que peut parfois être le bac à Poly, il ne faut pas oublier que de s’impliquer dans une des activités ayant lieu à l’école est une bonne manière de profiter davantage de nos années d’études. En tout cas, je n’ai jamais regretté de m’êtrre joint à l’équipe du journal. Cela m’a permis, entre autre, de parler à la 3e personne de ma double personnalité dans un journal tiré à 5 000 exemplaires. D’ailleurs, Ginette aime beaucoup elle aussi. Mais pour comprendre tout ça, j’ai dû attendre quatre ans qu’un pote m’enseigne comment ouvrir une bière avec un jonc.

* À prendre avec un grain de sel

Articles similaires

Poly en feu!

28 octobre 2007

C’était un lundi soir comme les autres. Le Pavillon Lassonde était occupé d’étudiants qui passaient leur intra, étudiaient, faisaient leur lab d’INF2010 à la dernière minute et autres devoirs. Ils étaient loin de se douter de ce qui allait arriver. Or, il semblerait qu’un étudiant était au courant avant même que l’incident fâcheux et rêvé pour certains se produise. En effet, un étudiant que l’on nommera Francisse pour fin d’anonymat, avait prédi les événements....

Recruter à tout prix

30 janvier 2004

Plus le temps passe à Polytechnique et plus l'abasourdissement et l'étonnement majeur deviennent une habitude quotidienne que rien ne vient ébranler et qui se vit, ma foi, assez bien. Le récent scandale qui secoue Polytechnique et dont nous faisons mention en une de notre journal est une simple banalité formelle. En fait c'est une pure invention de notre cru, on s'en sera bien douté. Néanmoins, le problème est sérieux. Quiconque regarde de près ou...

Rentrée 25 août

25 août 2006

Il me vient parfois des questions existentielles, comme ça, sans raison. Il faut savoir que cette première parution du Polyscope en cette 40e année d’existence est entièrement dédiée aux nouveaux étudiants de Polytechnique. Dans ce contexte, je me demandais donc quel devait être le sujet de cet éditorial, et pour ceux qui se le demanderaient, oui, le sujet de mes articles entre pour moi dans la catégorie des questions existentielles. Le sujet de cet...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.