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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

La drogue du futur

Tous ces nuages semblent bien arrêtés au dessus de nos têtes. Depuis maintenant un mois, le soleil est au deuxième étage du ciel. Tout ce gris prend sur moi l’énergie néces- saire au sourire. Je ne suis pas dépressif, mais j’ai eu besoin de médicaments, de drogue. Oubliez le liquid paper pis le Ajax! J’ai trouvé la drogue idéale! Elle n’est pas chère, elle ne crée pas de dépendance, elle n’affaiblit pas les facultés et elle est légale.

Tous les jours, j’amène un dollar à mon stage pour me prendre un café. À chaque café j’ai une étoile sur ma carte de fidélité. Tous les 10 jours, un café gratuit. Ce jour-là, je me suis donc retrouvé avec un dollar inutile dans mes poches.

J’ai décidé de m’acheter un gratteux pour augmenter mes avoirs. En voyant les trois bananes, j’étais perplexe, est-ce que je venais de gagner un dollar ou avais-je plutôt gagné ce bout de carton et ce moment de grattage?

Ce dont j’étais sûr c’est que je me retrouvais encore avec un dollar. Un minable dollar. J’avais le choix entre un chausson au pomme ou un objet parmi l’immense choix de la «Mecque du dollar». Je le préfère de loin au repoussant «Shack à une piasse». Je me promenais donc dans cette version orientale du Dollarama où tout m’éblouissait! La rangée de porcelaine, la rangée des fausses plantes, la rangée des poivrières… Tout ce mauvais goût kitch m’épatait.

C’est dans la rangée des jouets que j’ai passé le plus de temps. Le plastique en forme de faux badge de policier et de raquettes de tennis médiocre m’a rendu démoniaque. Je m’imaginais toute la douleur que je pouvais infliger avec ces fusils semi-automatiques mal peinturés. J’étais à l’affût de ce que pouvait m’offrir le mur.

J’ai finalement trouvé ce qui valait le dollar que je réchauffais dans ma main. Les petites pilules d’éponge en forme de « bétail de ferme » Outre l’objet lui-même, le dessin sur l’emballage de vache mauve avec un immense GROW qui ressemble à un néon de magasin de meubles de la rue Papineau avait chassé ma dépression automnale. Juste la phrase « mousse douce» me faisait sourire. Il est en effet si fréquent de se faire fourrer en achetant de la mousse rugueuse.

J’avais les pilules, mais malheu- reusement plus le dollar. J’ai décidé d’en vendre quelques-unes sur la rue. Les gens achètent les pilules à des prix faramineux. Je leur disais qu’ils allaient halluciner un petit poulet jaune.

L’idée était géniale. Admettons 5 dollars pour une pilule. Une aubaine! Une fois la première vente faite, je me suis sauvé. J’avais oublié que le gars venait de se faire avoir solidement…

Le lendemain je pouvais ressortir dans la rue. Le dude venait d’accoucher d’une vache mauve en mousse. Il devait être satisfait de son trip duquel il n’avait aucune séquelle.

Au bout d’un certain moment, mon marché va stagner, mes clients vont s’habituer à « halluciner » des animaux de couleur. C’est à ce moment-là que je vais devoir me diversifier. J’ai vu une version dinosaures. Parfait pour la collection des pilules printemps- été 2006.

J’ai déjà dit qu’une seule de mes journées était aussi remplie qu’un film de James Bond. Je tiens seulement à préciser que je parlais des vieux avec Sean Connery.

Bon, je sais que c’est pas constructif mon affaire. J’aimerais bien être un de ces chroniqueurs qui écrivent en quelques instants des articles qui font réfléchir pendant des heures. J’adorerais vous faire perdre votre après-midi à chercher des mots dans le dic- tionnaire tellement ma culture vous dépasse. Il faut accepter son sort. Je suis un bouffon !

Mais non Renaud ! Aller, prends une pilule !

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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