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École pour tous le 18 avril

C’est avec dégoût et tristesse que je vous transmets la mauvaise nouvelle. Tel que le stipule la une de la voix de nos étudiants (lire Le Polyscope), la direction de l’école a pris une décision des plus douteuses en reprenant les cours du 26 mars. En fait, ce n’est pas tant la décision qui est douteuse mais plutôt les moyens pour y parvenir.

La raison de ce litige est que de très nombreuses instances parmi le personnel enseignant ne sont pas parvenues à récupérer les heures de cours perdues lors de la journée annulée. L’école va même jusqu’à avancer que des étudiants auraient fait des demandes dans le même sens.

Les horaires des étudiants étant très hétérogènes au sein d’un même groupe, il est en effet difficile de pouvoir tous les accommoder en proposant des périodes de rattrapage hors des heures normales de cours. Suite aux pressions et manifestations d’insatisfaction de la part des enseignants et chargés de cours, la direction a pris la décision d’amputer délibérément le temps réservé aux étudiants afin d’y insérer le temps à rattraper à cause d’une mauvaise gestion administrative.

De plus, il est important de noter que cette journée du 18 avril, journée appartenant aux étudiants pour étudier avant le début de la session d’examen, sera alors supprimée. Cette coupure dans le temps de révision des étudiants pourrait avoir une malheureuse incidence sur les notes des finaux de nombreuses personnes, d’autant plus que les heures « perdues » au cours de cette journée devront être récupérées par les étudiants durant la période d’examens. On comprend aisément toutes les répercussions qu’aura cette décision auprès des étudiants.

À cela s’ajoute également le fait que les corrections de nombreux devoirs et laboratoires seront également retardées, ce qui nuira de plus à la révision, puisque les corrigés ne seront disponibles que plusieurs jours plus tard.

L’AEP, l’association des étudiants pour les étudiants et par les étudiants, s’insurge contre une telle décision qui va à l’encontre de la volonté et même de la consultation des étudiants. Le temps d’agir n’est pas écoulé, il n’en revient qu’à la voix de tous de s’exprimer afin de faire valoir le droit de disposer à leur gré du temps qui LEUR appartient.

Je le répète, je comprends la décision de l’école, mais je dénonce toutefois la manière. L’école se base entre autre sur le fait que les étudiants avaient eux-mêmes choisi l’an dernier de reprendre leur propre journée de grève. Les étudiants avaient alors eu la chance de faire valoir leur opinion lors d’une assemblée générale. C’est d’ailleurs ici que votre association ne partage pas la même vision que les hautes instances, recommandant aux dirigeants de prendre le pouls de la population polytechnicienne avant de prendre position. La direction arguait un manque de temps pour justifier son geste précipité, alors que votre exécutif sait pertinemment qu’il ne suffit que de quelques jours pour vous rejoindre.

Ainsi, l’AEP invite tous ses membres à manifester leur mécontentement (ou leur joie) auprès de l’administration afin de faire prendre conscience une fois pour toutes qu’elle ne peut pas jouer de la sorte avec les contraintes de tous sans effectuer de consultation populaire. Je vous invite donc à faire connaître votre opinion en ligne sur notre site spécialement conçu pour l’occasion, www.aep.polymtl.ca/index.php?title=p01550ndavr1l.

Il ne faut pas oublier qu’une journée de vote pour les élections provinciales relève du devoir de citoyen de tous et chacun. Si l’École ne peut pas trouver de moyen de récupérer les heures de cours pendant la session, elle ne peut pas pénaliser les étudiants parce qu’elle ne parvient pas à gérer les quelques heures de cours à récupérer. En se comportant de telle façon, l’administration agit comme si elle considérait que les élections – un des trop rares recours dont disposent les citoyens pour gérer le domaine publique – étaient en fait une vulgaire perte de temps.

Certainement, ce n’est pas le fait de vouloir récupérer les heures de cours qui insurge les étudiants de l’École Polytechnique, mais bel et bien le moyen mis en œuvre pour y parvenir. Instaurer une journée de cours obligatoire n’est pas un moyen à considérer lorsque l’avenir politique d’une Nation toute entière est en jeu.

Et puis, si les entreprises peuvent se permettre de ne pas retenir leurs travailleurs pendant quelques heures en cette journée, je ne peux croire que l’école ne peut en faire de même avec ses étudiants. Vous connaissez l’importance que j’accorde à la profession d’ingénieur, mais je crois que l’on vient de franchir une zone dangereuse de non retour. Comment se fait-il que les autres professions et autres associations étudiantes peuvent se permettre le luxe de débrayer quelques jours, voir quelques semaines lors de grèves alors que l’on peine à garder nos journées d’études. Il va falloir que l’école et ses étudiants prennent du recul afin de prendre conscience de la chose.

Deux années de suite sans congé avant les examens, non merci.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.