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Boire comment? Cours de dégustation éclair

Dans un de mes articles précédents, j’ai mentionné que boire une bonne bière, ça pouvait être une Expérience (oui oui, avec le grand E) au même niveau que déguster un bon vin. Tout comme le vin, il y a certaines étapes à la dégustation de la bière. Ces étapes vont souvent se refléter par la suite dans la description de la bière.

Il est important de savoir qu’on ne perçoit pas toutes les saveurs partout sur la langue. Par exemple, le bout de la langue goûte le sucré et l’arrière goûte l’amer. Donc une bière aura un goût différent selon l’endroit où elle se trouve dans la bouche. Évidemment, plus la bière est complexe, plus il y aura de goûts différents. La dégustation consiste à trouver le plus de goûts possibles dans une bière.

Quand on commence une dégustation, on commence toujours par regarder la couleur de la bière (la robe), tout comme le vin. Cela peut donner des indications sur la façon dont la bière a été fabriquée. Par exemple, différents grains peuvent donner une teinte différente à la robe. Il est cependant faux de penser qu’une bière plus foncée sera nécessairement plus amère qu’une bière pâle! D’ailleurs, la D’Ham Rousse est beaucoup plus amère que la D’Ham brune.

Un autre aspect visuel important est la mousse (le collet) sur le dessus de la bière lorsqu’on la verse. L’aspect du collet change d’une bière à l’autre. Pour certaines il est plus compact, avec des plus petites bulles, il peut aussi être plus persistent ou être carrément absent. Différentes bières auront aussi un collet qui goûte différemment. On verse toujours une bière dans un verre pour la déguster, sinon il n’y a pas de collet dans la bouteille. C’est aussi plus facile pour percevoir les odeurs. Sentir la bière permet de percevoir les éléments plus volatiles de la bière. Il peut arriver que l’odeur et le goût d’une bière soient très différents.
Enfin vient le moment tant attendu : le goûter de la bière. On goûte plus facilement avec une bonne gorgée qu’une toute petite, alors gâtez-vous ! Il faut promener la bière à différents endroits dans la bouche. Essayez de couvrir l’avant de la langue, de faire rouler dans les joues ou sur le palais. Le goût sera aussi différents pendant qu’on l’avale et après l’avoir avalé. Contrairement à ce qu’on pourrait penser (surtout à cause des bières comme la Dry qui prétendent n’avoir aucun arrière-goût), un arrière-goût c’est bien. Cela fait partie de la bière dans son ensemble. Parfois il reste longtemps, parfois il se dissipe rapidement. Essayez aussi d’expirer par la bouche après avoir avalé : le goût reviendra.

Je déconseille fortement d’essayer de se gargariser avec la bière comme on le fait parfois avec le vin. La bière ça mousse beaucoup plus…

En somme, les étapes de dégustation de la bière ressemblent beaucoup aux étapes de dégustation du vin. Mais n’oubliez pas que c’est vous qui buvez. Faites les étapes que vous voulez. L’important c’est que ça soit plaisant.

Amusez-vous bien aux Houblonneries, je me suis rendu compte cette semaine que je ne pourrais pas y aller… Alors buvez-en une couple à ma santé! C’est par la pratique qu’on développe ses sens et qu’on découvre des nouvelles saveurs!

Les bières de la semaine : El Lapino (Microbrasserie du Lièvre, Québec) – 5,4%
Piment. Piment. Piment fort. Une expérience intéressante, mais on ne goûte plus rien d’autre après. Cela pourrait être plus agréable avec de la nourriture appropriée, mexicaine par exemple. Ça sent le piment, ça goûte le piment, c’est du piment. Il y a d’ailleurs un jalapeno dans la bouteille. Cette bière est pour les aventuriers. Je n’ai pas du tout détesté, mais en petite quantité… Si je me souviens bien, la même brasserie offre une bière aux carottes. Je l’ai dénichée au Métro Joannette.

Vache Folle
(Brasserie Charlevoix, Québec) – 6%
Une bière que je n’ai vraiment pas aimée (on finit malheureusement toujours par tomber sur quelque chose qu’on n’aime pas). J’avais l’impression de goûter à du plastique brûlé (peut-être qu’elle n’était plus bonne?). Il y aurait supposément des relents lactiques. Ce n’est pas vraiment ce que je recherche dans une bière, mais ce sont mes préférences alors ne vous gênez pas pour l’essayer. Je l’ai aussi dénichée au Métro Joannette.

Chimay Grande Réserve
(Abbaye de Scourmont, Belgique) – 9%
Franchement mon style de bière préféré, cette bière d’abbaye ne déçoit pas! Elle a une couleur rousse très foncée et un collet crémeux d’une belle mousse blanche, qui disparait assez rapidement. Les odeurs et goûts se ressemblent, mais sont très complexes : fruits, houblon, épices, caramels, alcool. Le tout est superbement harmonisé et l’arrière-goût dure longtemps, à mon plus grand plaisir. Le goût plus sucré cache bien le haut pourcentage d’alcool, ce qui fait qu’elle est très facile à boire. C’est une bière qu’on peut faire vieillir grâce à son haut contenu d’alcool. Elle est cependant assez chère, mais je trouve qu’elle en vaut la peine. Personnellement, je m’imagine facilement boire cette bière au lieu de vin pendant un souper “fancy” sans qu’il ne perde de sa classe. Elle est définitivement parmi mes bières préférées. Elle est disponible dans certains pubs et restos (mais hors de prix) et de façon plus abordable à la SAQ.

Mots-clés : Dégustation (6)



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