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L’AELEP et l’accomodement raisonnable

À l’heure où l’expression « accommodement raisonnable » semble faire de moins en moins l’unanimité au sein de la communauté canadienne, un bref retour en arrière s’impose afin d’avoir une meilleure perspective de toute la situation.

C’est dans les années 90 que le Canada, afin de combler ses 10 millions de km2 de terres encore vierges mais surtout à court de main d’œuvre, a ouvert ses portes à l’immigration. De ce fait, des centaines de milliers de personnes se sont dirigées vers ce qui deviendra plus tard, leur terre, leur nation.

Vu le nombre croissant d’étrangers qui élirent domicile au Canada, vu aussi la multitude d’ethnies qui formaient la mosaïque canadienne, un système dut être mis en place afin de créer, d’un côté, l’environnement le plus alléchant aux immigrants potentiels, et d’un autre des lois pour protéger les nouveaux venus.

Au fil des ans, les communautés ont grossi en nombre et en forme; une bonne partie s’est rapidement intégrée à la vie de leur nouvel hôte, et a encouragé à suivre leurs pas, une autre a préfèré plutôt former son propre petit entourage à l’image de ses propres valeurs et traditions.

Avec le temps, et vu l’interprétation trop « élastique » de l’expression « accommodement raisonnable », la communauté canadienne commençait par être irritée face à tant de concessions qu’elle devait faire à l’égard des différentes ethnies.

Ainsi, après les multiples cas comme celui des fenêtres du YMCA, le sapin de Noël retiré du palais de justice, le CLSC, ou encore la substitution de l’appellation des vacances de Noël par solstice d’hiver, le boulon a fini par sauter.

Des statistiques ont fait la Une des journaux (et même du Polyscope), relevant le fait que les Québécois sont de plus en plus racistes.
Ces seuls nombres ont provoqué un tollé chez certains politiciens et organisations les qualifiant de blasphématoires, mais ils ont aussi fait sonner le glas dans certains milieux.

Après avoir bien mâché ces multiples études ainsi que les réactions qui ont suivi, l’AELEP ne pouvait rester silencieuse envers des évènements aussi délicat, vu qu’elle pourrait être source de critiques autant qu’un accessoire pour faire taire toutes spéculations.

Les membres de l’AELEP appartiennent à une communauté qui a su s’intégrer aux multiples systèmes et peuples qui les ont accueillis. En donnant un président à l’Argentine (Carlos Meneem), un premier ministre d’une province canadienne, plusieurs députés et ministres dans divers pays, un des membres fondateurs de la charte de l’ONU (Charles Malek), et maintes autres postes non moins importants: la communauté libanaise a longtemps su respecter les droits de leurs hôtes.

Mais, quel est le lien entre l’AELEP et l es accommodements raisonnables et comment pourrait-elle être d’une utilité non négligeable ?

L’accommodement raisonnable peut être interprété de moults façons, mais une base très importante de toute cette philosophie ne pourrait être vue que d’un seul angle ; le droit de l’hôte prévaut toujours sur celui de l’invité.

Même après un bon nombre de générations, quand celles-là ne sont plus considérées comme immigrantes, les valeurs propres, les croyances religieuses et les traditions de leurs communautés d’origine pourront être assujetties à des débats en vue de les appliquer dans la vie courante canadienne, mais jamais imposées.

Car il ne faut pas oublier que ce sont ces communautés qui apportent une bonne partie de la richesse culturelle du Canada.

À partir de ces bases, on peut donc se mettre au travail en considérant Polytechnique, avec plus de 25 % de ses étudiants issus de communautés non canadiennes, comme étant un microcosme de la société multiculturelle canadienne.

On remarque tout d’abord qu’il est inévitable que la majorité des étudiants d’origine étrangère se rassemblent entre eux afin de se sentir moins dépaysés.

Vient alors le but premier de l’AELEP, qui est de créer un environnement de plus en plus monochrome et de rapprocher les deux cultures (Libanaise et Canadienne) à un point où les Libanais ne se sentent plus étrangers par rapport aux Canadiens mais aussi que ces derniers se sentent moins menacés et soient plus sympathiques à l’égard d’une communauté qui est à leurs yeux étrangère.

Et c’est sur ce point que fidèle à sa vocation et à ses promesses (de ne pas remplacer l’AEP, mais plutôt de l’épauler), l’AELEP espère faire une différence.

Vu la multiplicité ethnique de l’École et vu le caractère passif des associations pluriculturelles, pourquoi ne pas créer un nouveau poste au conseil exécutif de l’AEP qui se spécialiserait dans la coordination et l’intégration des diverses communautés culturelles présentes à l’École ?

Pourquoi ne pas confronter le problème plutôt que de le renier ?

Et donc, avec l’expertise et le dévouement de l’AELEP ainsi que de l’AEP, un excellent amalgame pourrait être formé et servir d’exemple au reste de la communauté canadienne.

Finalement, en jetant un coup d’œil rapide à l’horizon, on voit que le destin du Canada et plus spécifiquement de la province de la fleur de Lys, est directement lié à la cohésion de ses habitants, alors marchons ensemble, main dans la main, en vue de démanteler le nœud Gordien plutôt que d’en créer d’autres.

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