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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Ben oui…

Certain disent qu’on est chanceux au Québec et au Canada puisque les élections ne durent qu’un mois et ensuite on peut passer à autre chose. Je leur donnerais bien raison, mais voila…

Après deux semaines de campagne, j’en avais déjà marre. Après trois semaines, je commence à trouver que tout cela n’est que perte de temps. Un débat des chefs après une semaine, le vote la semaine suivante et basta. «Vite et rapide, comme pour le sexe.», pour citer mon cher directeur. En fait, je crois que se laisser plus de temps pour faire campagne ne sert pas tant à se mettre en valeur autour du pays, mais plutôt à maximiser le nombre de bêtises que les autres candidats pourraient faire. Hypothèse corroborée par l’importance de l’espace médiatique consacré aux déclarations accusatrices ou incendiaires de chacun des chefs de parti envers les équipes adverses.

Je suppose que vous vous attendez maintenant à ce que je parle du débat des chef de cette semaine. Étant le premier sujet d’actualité, je n’ai pas trop le choix, mais compte tenu que tous les médias sans exception l’ont déjà fait depuis mardi, je vous propose d’aller en faire une brève lecture pendant que je me regarde la mousse du nombril pousser… Ça y est? C’est fait? Menteurs! Bon d’accord, vous considérez le Polyscope comme la source ultime d’information. J’ai presqu’envie de vous plaindre. Allons-y dans ce cas.

Le peu d’espoir en l’humanité qu’il me restait le lendemain matin du débat s’est tragiquement effondré en constatant dans La Presse que la majorité des experts consultés et des lecteurs sondés considéraient soit Mario Dumont, soit André Boisclair comme «vainqueur». C’est à croire qu’on ne regardait pas le même débat ou que certains ont préféré regarder la partie de hockey (ils ont beau avoir gagné celle-là, ils ne feront tellement pas les séries…). N’allez pas croire que je considère Jean Charest comme le grand gagnant, mais c’est probablement le seul qui en est resorti avec une image moindrement positive. Avec un bilan très mitigé à défendre et un programme peu aimé par certains, il était calme, posé et s’est même permis quelques sourires désinvoltes. L’expérience de débatteur du Premier ministre s’imposait d’elle même et il a même pu raconter une anecdote insipide sans se faire interrompre. C’est pas rien. Par contre, il était vraiment ennuyant et ça fait toute la différence. C’est probablement là le seul point positif que j’accorde aux aspirants P.M., ils avaient l’air d’être sur la coke plutôt que sur la morphine.

À mon avis, Boisclair n’était convaincant que pour ceux qui étaient déjà convaincus. Transpirant, littéralement, l’amateurisme et coupant trop souvant la parole de son interlocuteur, il faisait preuve d’un peu trop d’arrogance pour son propre bien et n’a simplement pas la crédibilité pour donner des leçons. Côté contenu, j’ai rien retenu; bref, c’était pas très intéressant.

Passons à notre cher Mario Dumont, le «One man show». Avec un équipe inexistante et un budget sans chiffre – mais qui parle sûrement de prison; apparemment, les prisons c’est un point de la plus haute importance dans un budget – le défi est de taille et il n’est apparemment pas l’homme de la situation dans laquelle il s’est lui-même empêtré. Il est par contre responsable du point saillant du débat : le fameux mémo interne envoyé à un ingénieur d’un quelconque département du ministère des transports et cité complêtement hors-contexte et apparemment non pertinant face à la chute du viaduc de la Concorde (lisez les parutions de La Presse de cette semaine pour plus de détails).

Peu importe le mémo ou le contexte, je ne savais pas que le Premier ministre du Québec avait dans ses définitions de tâches la lecture d’insignifiantes correspondances internes. J’ai bien ris de voir Dumont qui semblait aux bords des larmes (impression personnelle) en voyant que Charest n’avait que faire de ses accusations de négligeance en brandissant le document en question.

Pour conclure, il semble que je doivent éclaircir ma position politique car certains croient que je vote PLQ. Le lecteur assidue aura bien sûr compris que je vote blanc à défaut d’un partis digne de mon appuis. Je doit par contre avoué que malgré mon vote blanc j’espère la victoire majoritaire du PLQ afin d’éliminer Boisclair du paysage politique – quand on doit choisir entre la compétence et la jeunesse, le choix est évident pour s’assurer la victoire et on dirait que les militants du PQ ne sont pas si pressés que ça de revoir leur équipe au pouvoir – et on s’entend qu’un gouvernement minoritaire PLQ-PQ finirait en élections précoces à l’automne ou, au mieux, au printemps prochain. Finalement, dans la mesure où 63% de la population (sondage quelconque de La Presse, ma mémoire fait malheureusement défaut) ne veut présentement pas de référendum, et avec un chef qui n’a que la cécession pour objectif, le PQ avec Boiclair à sa tête est-il vraiment le meilleurs choix pour diriger le gourvernement du Québec?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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