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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

L’art de voter pour le moins pire

Il y a un petit problème politique cette année. Au lieu de voter pour le meilleur parti, comme les gens ont normalement l’habitude de le faire, il semble y avoir une tendance généralisée de voter pour le parti « le moins pire ».

Je comprends bien les raisons qui poussent les gens à recourir à cette méthode de prise de décision. Les partis politiques ont passé les derniers mois à se bitcher les uns les autres et à laisser de côté leurs convictions. Au lieu de mettre l’accent sur leurs positions politiques, les chefs de parti ont pris la très mauvaise habitude d’esquiver toutes les questions sensibles à cause de leur crainte de perdre des électeurs.

Les Québécois restent avec un goût amer (et cynique). De nombreuses personnes ont perdu ou oublié les raisons de leur allégeance politique.

On peut aussi facilement comprendre la population étudiante qui doit se sentir bien délaissée. Les partis politiques se foutent des étudiants comme de l’an 40 pour une raison bien claire : les étudiants ont un taux de participation abyssal aux élections. Pourquoi les politiciens gâcheraient des promesses et de l’argent sur une classe sociale qui ne votera pas de toute façon ?
Cette semaine, j’ai demandé à de nombreuses personnes leur choix politique et les raisons de ce choix. Ce qui en ressort, c’est que la majorité des gens détestent plusieurs partis mais n’en aiment aucun. J’ai souvent eu ce genre de conversation :

  • Pourquoi penses-tu voter pour (parti#1)?
  • Ben, parce que le (parti #2) me fait vraiment chier avec toutes ses déclarations insensées. J’ai perdu toute la confiance que j’avais pour le (parti #3) et je n’ai pas du tout les mêmes convictions que le (parti #4) et le (parti #5). Faque il me reste juste le (parti #1), même si je ne l’aime pas vraiment.
  • Ok, mais qu’as-tu en commun avec les idéaux du (parti #1)?
  • Je ne sais pas vraiment, mais ce qui est sûr, c’est qu’il est le moins pire

des cinq. Pas question que je vote pour les autres!

En bon samaritain que je suis, j’ai alors entrepris d’aider la population polytechnicienne. Puisque détester des partis politiques semble être de mise pour faire un choix éclairé aux élections prochaines, j’ai recueilli pour vous un éventail des bonnes et moins bonnes raisons pour lesquelles ne pas voter pour les partis. Après avoir pris connaissance de tous leurs défauts, vous pourrez choisir avec beaucoup plus de discernement quel parti vous haïssez le plus.

Parti Libéral du Québec

Ils n’étaient pas prêts. De l’avis de plusieurs, le parti a eu un bilan horrible. On n’a qu’à se souvenir des défusions, des écoles juives, des prêts et bourses de 105 millions, des accommodements raisonnables non résolus et des promesses brisées. Parmi ces promesses, il y avait bien sûr celle de baisser les impôts. Or, le gouvernement n’a pas baissé les impôts. Il a plutôt augmenté les frais des garderies, augmenté le coût de l’électricité, augmenté les cotisations du régime de garde parental, etc. Le PLQ va croire qu’il peut faire n’importe quoi, car de toute façon, on va le réélire. Jean Charest a passé quatre ans à suivre Ottawa comme un mouton. De plus, le chef du parti adore battre des orphelines dans ses temps libres et a une tête-à-claques.

Parti Québécois

Ce parti est beaucoup trop à la solde des syndicats. Si vous avez envie que les centrales syndicales gèrent la province, votez pour ce parti! Le PQ veut aussi faire un référendum, alors que presque personne n’est intéressé. Le chef, qui n’a pas toujours les allures d’un chef, a souvent l’air à deux doigts de craquer. À quand une crise de nerf à l’assemblée? Aussi, si vous habitez à Côtes-des-Neiges ou à Outremont, vous pouvez tout de suite oublier ça. Votre vote va se faire ensevelir sous la montagne de votes libéraux. Il ne faut pas oublier que de tous les chefs, c’est André Boisclair qui est le plus idiot (calculé selon le nombre d’années d’études). Il est étonnant qu’il n’ait même pas fini son Cégep, alors qu’un DEC en sciences humaines consiste plus ou moins à fumer du pot 5 jours par semaine. De plus, il a une fameuse tête-à-claques.

Action Démocratique du Québec

Ce parti est souvent un peu trop de droite. C’est aussi le parti d’une seule personne, Mario Dumont, qui d’ailleurs s’amuse à foutre tous ses députés à la porte pour un oui ou pour un non. Il s’amuse aussi à changer d’opinion chaque mois, selon les modes et l’humeur du peuple. Il a créé le concept abstrait « d’autonomie du Québec » pour plaire autant aux fédéralistes qu’aux souverainistes. De plus, Mario Dumont est arriéré, vient de Rivière-du-Loup, est responsable d’un génocide et a une tête-à-claques.

Parti Vert

Il n’y a pas que l’environnement dans la vie. C’est bien d’aimer les arbres, mais il ne faut pas oublier qu’on a besoin d’en couper pour faire rouler l’économie. Le parti n’a pas de plan clair pour gérer le Québec et n’a d’ailleurs aucune chance de gagner. Il ne faut surtout pas oublier que la plupart des candidats sont des hippies-granolas-écolos-extrémistes. De plus, le chef n’a pas une tête-à-claque, ce qui est très suspect.

Québec Solidaire

Ce parti, un tantinet trop socialiste, causerait la ruine économique du Québec s’il était au pouvoir. Il a prévu tellement de programmes sociaux qu’il faudrait un taux d’imposition de 100% pour tous les réaliser. Il n’a aucune chance de gagner et n’a pas de plan clair pour la gestion de la province. Plusieurs candidates sont des féministes enragées. De plus, la chef a un look prolétaire beaucoup trop lesbiano-bolchévique.

Les Autres

Afin de vous faire une opinion claire des quelques autres partis dont personne ne connait l’existence, vous pouvez vous référer au merveilleux article de mon collègue en page 8. Ne vous faites pas d’illusions cependant, ils sont tous aussi fades et désillusoires que ceux énoncés ci-haut.
Aux urnes, Québécois ! Votons pour celui qui nous fait le moins chier !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.