Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Faisons chanter les chargés de cours

Qu’est ce qu’un professeur? Selon nous, c’est une personne qui communique son savoir, qui instruit, qui influence et qui prêche par l’exemple. Les professeurs en ingénierie ne devraient pas se contenter de transmettre uniquement des connaissances techniques. Ils devraient également enseigner, par leurs actions, le professionnalisme et l’intégrité attendus de tout ingénieur au long de sa carrière. Eh bien chers collègues, vous devez savoir qu’il n’en est pas toujours ainsi… même à Polytechnique.

Le Polyscope de la semaine dernière rapportait la première partie des périlleuses aventures du programme de génie des matériaux en lien avec sa gestion. Voici maintenant un nouvel épisode dénonçant l’abus d’autorité que le directeur du département de génie chimique (et professeur de surcroît), M. Legros, a fait dans l’exercice de ses fonctions.
En effet, M. Legros a récemment soumis deux chargés de cours à ce qui a toutes les allures d’une situation de chantage. Ces derniers ont eu une surprise au moment de la signature de leur contrat : une diminution de salaire de 60% par rapport à la rémunération habituellement octroyée pour une charge de cours. Justification : « raisons administratives ». Dans le cas d’un refus de leur part, M. Legros envisageait même l’annulation pure et simple des cours concernés, décision qui va à l’encontre de la Déclaration des droits et responsabilité des étudiants de Polytechnique (http://www.polymtl.ca/rensgen/docOff/etudiant.php).

Pour votre information, en génie des matériaux, les cours ne se donnent généralement qu’une seule fois par année. Les deux cours en question (MTR3500 et MTR4500) étant obligatoires dans le cursus du programme de génie des matériaux, leur annulation aurait lourdement pénalisé toute une cohorte d’étudiants ! M. Legros voulait‑il jouer sur le fait que les chargés de cours connaissaient bien les étudiants et les côtoyaient quotidiennement ? Est-ce normal que la décision de donner ou non un cours repose sur les épaules de chargés de cours ? Est-ce normal que cette décision implique de leur part un sacrifice concernant leurs conditions de travail ? Les chargés avaient-ils d’autres choix que d’accepter une baisse de salaire pour que les cours aient lieux ?

Évidemment, les chargés ont négocié et ils ont réussi à obtenir que leur diminution de salaire ne soit « que » de 30%. Ce n’est pas l’ampleur de la diminution de salaire qui nous préoccupe mais plutôt les répercutions engendrées par cette diminution. Heureusement, comme la formation des étudiants leur tient à cœur, l’un de chargé de cours arrive à condenser la matière afin d’avoir le temps de faire des travaux dirigés, tandis que le second dispense bénévolement les heures de travaux dirigés. Leur dévouement envers les étudiants est irréprochable, ce qui ne semble pas être le cas de M. Legros.

Nous condamnons donc les agissements du directeur de département de génie chimique qui abuse de son autorité et envisage même de léser les étudiants pour diminuer les frais reliés à son budget départemental. C’est quand même étonnant que ce soit des cours en génie des matériaux dont le budget se fait couper. Cependant, le programme de génie des matériaux n’est pas encore mort et les dirigeants doivent s’acquitter de leurs responsabilités dans les règles de l’art et selon le code de déontologie des ingénieurs (voir section : « Contribution à l’avancement de la profession »). Il est inacceptable de retrouver de telles pratiques dans une institution comme l’École Polytechnique de Montréal. C’est pourquoi nous tenons à dénoncer l’attitude cavalière adoptée par M. Legros, non seulement à l’égard du programme de génie des matériaux mais également par rapport à des questions touchant directement la qualité de la formation dispensée à Polytechnique.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Que les banques goûtent à leur propre médecine !

23 mars 2012

Enfin, un peu d’aide afin de rendre la position pro-hausse cohérente Lorsque j’étais au secondaire, de 2003 à 2008, il m’arrivait de lire la Presse. À la fin, dans la section des opinions et des lettres, où diverses personnes s’exprimaient régulièrement sur pourquoi le Québec a des problèmes et sur les solutions qu’on doit amener à ces problèmes. L’idée suivante était généralement exposée par l’Institut économique de Montréal et le Conseil du Patronat : en...

Entrevue avec Diane Riopel, professeure et titulaire de la chaire Marianne-Mareschal

19 mars 2010

Les femmes et le génie Professeure à l’École Polytechnique de Montréal au département de mathématiques et de génie industriel et titulaire de la chaire Marianne-Mareschal, Mme Riopel effectue des recherches dans le domaine de la manutention, de l’entreposage, de la logistique, de l’implantation et de la logistique inverse. En plus d’être membre du Centre de recherche sur les transports (CRT) et du Groupe d’études et de recherche en analyse des décisions (GERAD), Mme Riopel est...

Pancartes Électorales

2 mars 2007

Je me suis réveillé avec Christine. Saint-Pierre de nom. Oui, elle était là, souriante près de moi, j’étais dans mon lit et le calorifère avait réchauffé son côté du lit. J’étais blotti et je l’admirais sur sa pancarte, le poing au menton, l’air à la fois pensive et fonceuse. Depuis que je la vois tous les matins au réveil, je l’appelle Cricri. Ma Christine à moi me sourit et je lui fais confiance. Christine...