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Voyage sur la lune en bonne compagnie

Celui qui est reconnu comme la bête de scène par excellence du Québec a, le temps d’une tournée, troqué sa folie contre un moment d’intimité avec son public. En effet, ayant achevé sa tournée Nucléaire en novembre dernier, Yann Perreau propose maintenant un voyage dans son univers parallèle, destination la Lune. L’artiste rentre tout juste au bercail après avoir rodé son show en sillonnant les routes de l’Europe pour la première partie de Dominic A. À prime abord, imaginer un Yann Perreau calme et intimiste peut sembler hors des limites du possible. Honnêtement, un mélange d’appréhension et de curiosité se bousculaient en moi à l’attente de cette première montréalaise tellement il s’agissait d’une opposition diamétrale entre l’homme incarnant l’esprit de déchaînement et de dévouement par rapport à cette douceur et vulnérabilité qu’il propose dans sa tournée. Constat final : une réussite! Contrairement à mes craintes, l’homme n’a pas sombré dans un monde platonique à saveur fade et prévisible. À l’opposé, il a gardé cette fougue, quelque peu assagie pour les fins du spectacle, et ce charisme propre à lui, laissant parfois même échapper quelques coups de bassin qui lui sont légendaires. On sent que la bête n’est jamais bien loin, qu’elle est prête à ressurgir à tout moment.

Pour cette tournée, l’artiste est accompagné de son acolyte Alex McMahon, membre du groupe Les Plasters. Personnellement, je crois que ce dernier est tout autant responsable de la réussite du spectacle. Il alterne entre son clavier, son ordinateur, le piano et accompagne parfois le chanteur dans ses chansons. La magie opère entre les deux musiciens, tout comme entre le duo et leur public. D’ailleurs, contrairement à la tournée Nucléaire, c’est la voix et la mélodie qui priment sur les sons électroniques et les éclairages éblouissants. Les chansons ont été revisitées, de sorte que même si on connaît bien les paroles, on a l’impression de les redécouvrir, de les entendre pour la première fois. Comme si le sens et les émotions étaient présentés sous un autre point de vue, un autre niveau. Le répertoire oscille entre les deux albums, Western Romance et Nucléaire. L’auteur-compositeur-interprète démontre également sa passion pour la poésie et son grand talent artistique, on boit les paroles et on s’enivre de la musique. D’ailleurs, pour guise d’intermède entre les chansons, il récite des parties de poèmes, affirmant lui-même ne pas aimer rédiger ses petits échanges avec le public. Sauf, par contre, pour nous témoigner de son voyage sur la Lune et nous y transporter un instant. Son amour pour la poésie et la littérature l’a poussé, une fois de plus, à composer une musique et offrir une interprétation empreinte de sensibilité pour le poème L’Oiseau bleu, de Bukowski (rappelons-nous le texte Grande Brune de Arthur H, dont il a composé la musique et écrit le texte, et qu’il a inclus dans son dernier album). Les privilégiés de la première montréalaise ont eu l’honneur d’assister à un merveilleux duo Arianne Moffatt – Yann Perreau, celle-ci étant membre de l’assistance. Quoiqu’il est permis de douter de la spontanéité de cette prestation…

Vous êtes donc conviés à passer la nuit, à la belle étoile et sous une délicieuse Lune, avec Yann Perreau, authentique et planant, et Alex McMahon, homme-orchestre et versatile. Une nuit prometteuse de sensualité et de délectation…

La tournée Perreau et la Lune se poursuit à la grandeur du Québec jusqu’à la mi-août, avec un second passage à Montréal les 31 mai et 1er juin au Théâtre des Quatre-Sous. Les petites salles visitées permettent d’offrir l’intimité visée par ce voyage.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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