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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Renaud chez les fous!

Polytechnique est une école de fous.

Partout les gens courent et boivent du café. Du café pour courir plus vite, et puis de la gomme… pour mâcher plus vite. La cadence effrénée isole les étudiants dans une espèce de bulle d’étude qui rend assurément fou.

Peu après être arrivé à Poly, tous les étudiants reçoivent une dose de délire. Certains se promènent le crâne rasé d’une fausse calvitie ou tout simplement déguisé en vache. Contrairement à ces heureux, certaines personnes m’inquiètent beaucoup plus. Je parle de ceux qui n’ont pas encore trouvé où canaliser leur démence.

À chaque semaine je délire sur cette page. Pour certains, leur refuge c’est l’AEP, un bel asile.

Les sciences rendent fou et l’art c’est la folie valorisée. Les deux sont complémentaires ! L’art et les sciences sont mariés. En pratique ils sont peut-être en chicane, mais quel couple ne l’est pas ?

J’admire les membres du Polyscope, de Polyrad, d’Allo-Poly et plus que jamais, de Poly-Théâtre. Il est tellement agréable de voir les créations qui naissent malgré les cours lourds, les examens le matin, les TP à taper et les rapports à remettre en retard. La vie ça ne commence pas avec le jonc, vaudrait mieux s’amuser entre-temps!

Mon héro, depuis que j’ai passé ma phase Jean-Luc Brassard (même si j’ai encore son poster dans ma chambre), c’est Léonard Da Vinci. Léo comme je l’appelle… comme le beau Léo. Il est pour moi l’être idéal, il est un grand ingénieur, un architecte innovateur, un grand maître de la peinture, un visionnaire et en plus, un homosexuel qui aurait essayé de détruire l’église avec son code, mais ça je ne sais pas si c’est vrai.

Da Vinci m’a fait comprendre qu’il n’y a pas pire que le manque de créativité. Même s’il n’avait pas les ressources pour réaliser toutes ses inventions, c’est à lui qu’en revient la paternité.

Pour paraphraser Einstein (si vous me le permettez), l’imagination est la plus grande richesse. Mais malheureusement, on n’enseigne pas l’art à Poly. Au moins, elle est valorisée et même financée.

En dehors des cours, Poly-Théâtre nous présente cette semaine Un village de Fou. Une pièce sur l’ignorance et la beauté de la naïveté. Écrite par Neil Simon, elle raconte l’histoire de Léon, un jeune professeur ambitieux qui arrive dans le village de Kulyenchikov en Russie à la fin du 19e siècle. En plus d’y trouver un village d’idiots, il trouvera l’amour avec Sophia.

La pièce traduite par Benoît Girard est délicieusement adaptée, je dirais même qu’elle a un petit goût de sirop d’érable. Le clash des accents dans l’interprétation, tantôt d’Europe de l’est, tantôt de Longueuil rend la pièce très sympathique. Les personnages sont super attachants et colorés et tous les acteurs sont malheureusement excellents. En particulier, j’aimerais surligner Slovitch le boucher avec un soleil en sang sur son tablier qui n’est pas sans rappeler le gars fru de Musique Plus.

La pièce est remplie de phrases à la fois naïves et géniales. De puissantes formulations que l’on pourrait facilement comparer à des mots d’enfants qui n’ont en fait rien de naïf. Je citerais Lenya, qui dit à sa fille : « Vaut mieux être riche et intelligente que pauvre et heureuse! » De toute ma vie, je n’ai jamais entendu le paradoxe de Poly aussi bien résumé.

La mise en scène est brillante! Les transitions sont parfaites et subtiles. Sans aucun changement aux décors, les éclairages dynamisent efficacement la pièce. À cet effet, j’ai spécialement aimé la conclusion narrative très intéressante visuellement.

La pièce ne manquera certainement pas de vous faire rire et vous rafraîchira pas mal plus qu’une Molson!

La pièce sera jouée le 22, 23 et 24 Février 2007 à 20h00. Ça veut dire à partir d’hier soir et jusqu’à samedi. Ça fait que cancelle tes plans poches et va t’acheter (grand mot pour juste 5$) une paire de billet au 2e… ou cherche la vache.

S’il est de votre devoir de voter aux élections de l’AEP et si vous avez perdu 10 minutes pour remplir le sondage de la bibliothèque pour gagner un iPod, il n’y a pas de mot pour décrire votre obligation d’aller voir le travail de Poly-Théâtre.

Bon show !

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Mots-clés : Le truc à Renaud (27)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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