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Ma journée

Question d’attendre que ma casserole de riz soit prête, je me suis dit qu’il serait probablement plus intéressant d’aller faire un petit tour dans le banc de neige de mon balcon que d’écouter les différents ministres et premiers ministres se bitcher et faire des promesses pré-électorales. Après une heure de pelletage, j’ai retrouvé l’ordinateur que j’avais laissé traîner pendant les vagues de -45°C pour voir si je pouvais l’overclocker suffisamment pour y installer la toute nouvelle mouture de Microsoft, Windows Vista. Mais sans un processeur à 80 coeurs (c’est même pas une blague) qu’on nous promet pour dans cinq ans, je ne crois pas que je vais pouvoir rédiger des textes dans notepad à côté d’un petit post-it jaune avec un niveau de transparence de 64,17%. Avec les configurations minimales j’ai au moins pu aller voir mes emails, visiter polyscope.istheshit.net et lire qu’une station d’essence au Nebraska (c’est pas en Saskatchewan ça…) offrait depuis cette semaine de l’essence garantie et certifiée par les plus hautes autorités « sans origine terroriste ».

C’est à ce moment que je me suis rappelé que j’avais un rapport à remettre le jour même. Je pris donc la direction de Poly à bord d’un autobus propulsé à l’essence non certifié « sans origine terroriste ». Plein de remords de financer la haine intercontinentale, même lors d’un geste environementalement responsable, je me suis consolé en me disant qu’il fallait bien choisir ses priorités et qu’au moins j’en avais. Il parait que selon Stephen Dion, faire des priorités n’est pas une chose simple. Stephen Harper l’aura compris : plutôt que de choisir une priorité, il vaut mieux en choisir cinq; comme ça tout le monde est content.

Rendu à l’entrée du pavillon Mackay-Lassonde, je fus outré de constater que deux des portes étaient hors d’usage et même sécurisées par de petits cordons jaunes comme une scène de crime et qu’une troisième porte arborait une poigné à moitié arrachée. Me rappelant la journée portes ouvertes de la veille, je me suis simplement dit que les visiteurs, sûrement venus d’un de ces pays qui nous vendent de l’essence non-certifiée, étaient venus faire un attentat contre la productive École Polytechnique dans le seul but de nous faire perdre de précieuses secondes en nous forçant à nous rendre à la quatrième et dernière porte.

Constatant la présence des autobus en partance pour le party Molson et étant comme par hasard en habit de soirée, je me suis dirigé vers la foule d’impliqués en soif d’alcool en fût et de rôti de boeuf refroidi. Face à une telle déchéance, je ne pu que fomenter un coup d’état afin de rapatrier au Polyscope les quatre bancs du Forum qui ornent la salle de réception de la brasserie.

J’apostrophai donc Éric de sa conversation téléphonique pour le mettre au courant de nos intentions. Celui-ci nous proposa instantanément de cacher les dits sièges dans les culottes de Philippe, réputées pour leur capacité volumétrique.

Philippe en quête de remplissage (de son verre évidemment) et d’impliquées ouvertes se trouvait au bar. Question de faire ça subtilement, nous entreprîmes d’insérer les bancs dans ses vêtements inférieurs à son insu. En quittant le lieu du crime, impliquées aux bras, Philippe s’exclama, « J’ai le cul qui gratte mais je suis contant ».

De retour au Polyscope, une séance de photos fut organisée pour immortaliser le moment. Me rappelant mon dîner, je partis en marmonant: « Merde, j’ai une casserole de riz sur le feu! ».




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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