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Arcade Fire à Montréal

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Déjà histoire du passé, les cinq concerts d’Arcade Fire à l’église de la fédération ukrainienne, sur le Plateau, auront ravis près de 3000 fans la semaine dernière. Malheureusement, ils en auront laissé tout autant sombrer dans le désespoir, tous les billets ayant pris preneurs en l’espace de deux minutes lors de la mise en vente. Quelques chanceux ont malgré tout mis la main sur un des derniers cinquante billets mis en vente chaque jour, moyennant de nombreuses heures d’attente au grand froid (voir mon article de la semaine dernière). Qu’importe, on est prêt à tout pour aller voir ce groupe en spectacle.

Les échos de cette série de concert nous viennent de partout, tant à la télévision, dans les journaux, à la radio que sur les blogs. Le collectif performe très bien sur scène, avec ses dix membres, ses dizaines d’instruments, son énergie intense, ses grandes envolées musicales, ses folies et ses improvisations. Les spectateurs ont eu droit à bien des surprises, allant du cover de Poupée de cire, poupée de son à une finale endiablée vendredi soir dans le sous-sol de l’église. Les internautes rapportent tous l’énergie incroyable dégagée par les dix membres, les moments d’improvisations, l’admiration religieuse des spectateurs et les danses chaotiques sur scène. Plusieurs ont été déçus de ne pas se faire servir une finale sur le pavé de l’église, ce qui avait été fait à Londres. Considérant le froid québécois, ça aurait été de la pure folie.

Et maintenant quoi?

C’est concept : le prochain album s’appelle Neon Bible. Pour le moment, le groupe présente des blocs de cinq concerts dans des églises à Londres, Montréal puis New-York, question de roder le spectacle avant la tournée internationale qui débutera dans quelques mois. La parution de Neon Bible aura lieu début mars, mais les chansons du prochain album ont déjà reçus un acceuil chaleureux de la part du public. Même son de cloche du côté des forums et des critiques sur internet : Neon Bible passera haut la main le test du 2e album. D’aucun ne sera déçu par le travail de génie fournie par le collectif montréalais. Funeral, le premier album du groupe a connue un succès retentissant sur la scène rock-indie internationale et il est maintenant considéré comme l’un des meilleurs albums des dix dernières années. Sauront-ils faire mieux avec Neon Bible ?

En plus de contribuer largement à l’éclosion de la scène underground montréalaise, Arcade Fire adopte un style très authentique. Ils refusent systématiquement toute entrevue, et se tiennent loin des projecteurs. Il n’est pas faux de dire que l’Internet, en plus du bouche à oreille, a largement contribué à l’expansion du phénomène Arcade Fire. Jouant beaucoup avec le mystère, ils sont passé en peu de temps au joyeux rang des groupes cultes.

Déçu d’avoir manqué cette série de concerts ? Vous n’aurez pas à prendre votre mal trop en patience, puisqu’ils seront de retour dans la métropole les 12 et 13 mai prochain, à l’aréna Maurice-Richard. Les billets seront mis en vente le 2 mars, et s’envoleront en un clin d’œil.

Neon Bible

Le prochain album nous arrive avec une musique et des textes très noirs et obscurs. Déjà, le groupe a mis à la disposition des internautes plusieurs nouvelles chansons sur www.neonbile.com ou encore sur MySpace (il faut chercher un peu, les chansons étant dispersées sous différents noms de groupe). Si comme moi vous avez assisté à un des concerts de la semaine dernière, vous avez eu la chance d’écouter une bonne majorité des nouvelles chansons pour la première fois en spectacle.

Fort en émotions et en envolées musicales, le chanteur traite sur Neon Bible de sujets beaucoup plus personnels, de peurs et de sentiments. La musique est très riche, composée de violons, guitares, basse, drum, flûtes, cymbales, xylophone, trompette, orgue et j’en passe. On regrette par contre les chansons joyeuses qui devenaient terriblement intenses par moment, mais on adore l’orgue dans plusieurs chansons, la sensibilité des paroles ainsi que la reprise de No Cars Go. La version 2007 de cette merveilleuse chanson est beaucoup plus rapide, et à plusieurs égards l’une des meilleures de l’album, l’une des plus « groovy ». On sort quand même du style Arcade Fire avec (Antichrist Television Blues), une chanson un peu plus dur à s’approprier, mais qui promet des moments très intenses en spectacle. My Body Is a Cage promet également de grands frissons, avec sa mélodie triste intensifiée par l’orgue et ses grandes envolées très typiques du groupe. Intervention, entendue à la BBC il y a quelques semaines, nous transporte dans un autre monde, avec son long crescendo mettant à profit l’orgue et sa finale très rock. Black Waves/Bad vibrations est profondément intense, avec sa partie « Black » interprétée par Régine et sa partie « Bad » interprétée par Win. La transition menant de l’un à l’autre est surprenante. D’ailleurs, l’arrangement musical de l’album est assuré par Régine Chassagne et Owen Pallet (maintenant connu sous Final Fantasy). L’ensemble est toujours aussi symphonique et chaotique à la fois, ce qui avait été apprécié par tous sur Funeral. Un mois avant la sortie officielle de l’album, Arcade Fire surprend tout le monde en publiant sur www.neonbible.com les paroles de toutes les chansons de l’album.

Je vous conseille de commander l’album en pré-vente. Beaucoup moins cher que de se le procurer dans les Archambault de ce monde, deux versions de l’album sont disponibles : une édition normale à 9.99$ et une édition deluxe à 15.99$, contenant une affiche et un « flip-book » de 32 pages fait par le groupe. www.mergerecords.com
Quel accueil réservera le public au nouvel album ? Il ne fait plus aucun doute que les fans sont déjà vendus, mais il reste maintenant à voir si l’album plaira à un plus large public lors de sa sortie en magasin. Arcade Fire réussira-t-il à conquérir de nouveaux horizons ? À suivre…




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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