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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Se plaindre

C’est bien connu, se plaindre est le sport national au Québec. Même le hockey ne compte pas autant d’adeptes. Bien sûr, certains argumenterons que ce n’est pas un vrai sport dans la mesure où aucun effort physique n’est concrètement requis, mais les sceptiques seront rapidement confondus par certains experts qui se font une joie d’élever leur art au niveau des plus grands athlètes olympiques en utilisant tout leur corps pour se plaindre. Évidemment, nombreux s’y engagent pour une carrière professionnelle et réussissent même à obtenir une notoriété enviée de plusieurs.

Personnellement, je n’ose prétendre à une grande maîtrise de la plainte, mais comme de nombreuses personnes, j’en suis un adepte quotidien et ne manque pas une occasion de faire un peu d’exercice. Tout débute par un bon échauffement en se levant le matin. Ainsi, il est inévitablement trop tôt pour se lever. Une fois passé 9h02, il devient immédiatement trop tard pour être encore au lit. Forcément, il fait toujours trop froid pour se lever, ou trop chaud, en fonction de la saison, mais puisque des choses « productives » doivent être accomplies durant la journée, le sacrifice sensoriel est inévitable. De toutes façons, le pire s’en vient : il faudra sortir dehors à un horrible moins quinze degrés Celsius, qui donne environ moins huit mille avec le facteur vent. J’ai beau m’habiller convenablement (relativement à la température, on s’entend), il reste toujours une partie de mon anatomie qui souffre suffisamment du froid pour me motiver à faire un peu de sport : « Maudit hiver! » Quoi qu’en constatant qu’à la mi-janvier il fait des températures de printemps, il est inévitable de blâmer quelqu’un ou quelque chose : « Maudit pollueur! », « Maudit réchauffement de la planète! ». En fait, c’est là une astuce efficace : s’il n’y a personne à blâmer pour quelque chose qui vous énerve, le moindre objet ou même concept intangible peut servir à assouvir vos envies les plus sadiques (n’allez pas penser n’importe quoi là…). Je pourrais continuer comme ça longtemps, mais vous comprenez le principe (c’est-à-dire un grand néant inutile).

Bref, chiâler est une activité qui permet de passer le temps ou de remplir des pages (et je ne parle pas ici que de celles du Polyscope, votre journal adoré que vous lisez de long en large parce que vous n’avez rien de mieux à faire puisque tous vos travaux sont déjà terminés et remis et que seule une petite broue bien froide et bien goûtue ainsi qu’un journal des plus pertinents pourront assouvir votre soif un vendredi après-midi), mais chose certaine, ça permet de se défouler et d’extérioriser la moindre des petites frustrations insignifiantes de la vie courante qui ne vous agace pas suffisamment pour faire quelque chose de concret pour y remédier, et tout cela en essayant de ne pas tomber sur les nerfs des autres ou de votre tendre moitié. Savoir doser est d’ailleurs l’une des grandes difficultés à surmonter pour maîtriser cet art quotidien.

Où je veux en venir avec tout ça ? Ceux qui ont suivi depuis le début comprendront rapidement que c’est dans un vide rempli que je m’en vais, et pour les autres je veux vous offrir une raison de faire un peu de sport autour d’une ‘tit frette cet après-midi.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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