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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Poutine sucrée

J’en ai plein le nez des Québécois ! Heureusement que les sondeurs sont venus à ma rescousse en prouvant scientifiquement que ces empaffés de mangeur de tourtière n’ont jamais quitté les frontières douillettes (mais froides) de leur Belle province. Et le mot n’est pas mieux choisi pour dire ce que sont les Québécois : des provinciaux.

Vous voulez en savoir plus sur leur racisme ? Écoutez mon histoire. C’est parti. Vous en aurez pour votre argent.

Issu de la plus haute tradition culinaire qu’ait connu l’humanité, j’arrivai au Québec avec le désir altruiste de partager mes connaissances (sinon mon génie) gastronomiques avec les quelques rustres descendants de bagnards dont la France s’est débarrassée pour le vil prix d’une croisière transatlantique. Mais au lieu de m’accueillir à bras ouverts en acceptant mon enseignement avec la plus grande humilité qui se doit quand on peine à différencier le brie du camembert, ces cuistres m’ont assommé de litanies à l’honneur des poutines, tourtières et autres pâtés chinois, mets tous aussi fades les uns que les autres, et qui n’ont de concurrent que dans la gamelle d’un chien.

Je me refusais de toucher à la poutine. Des pommes de terre baignant d’un ersatz de sauce amidonnée dans un fromage louche et bruyant (cuic-cuic), n’est-il pas plus insultant pour le palais de l’homme qui s’est délecté de succulentes sauces et des vins parmi les meilleurs crus.
Mais mes hôtes québécois n’en démordaient pas et me juraient que je n’aurais jamais goûté meilleur repas qu’entre les bras paradisiaques de Notre Haut Créateur. Me souvenant de mon ami Guigui qui m’embrassait sur les lèvres quand je le traitais de pédale, je me dis qu’il fallait pousser l’outrecuidance québécoise dans ses derniers retranchements pour la confronter le plus rapidement à ses contradictions.

C’est ainsi que je suis devenu non pas un amateur de la poutine, mais un véritable Dieu de la pomme de terre en sauce brune accompagnée de fromage qui fait cuic. J’en préparais sous toutes les coutures, en autant qu’il me fût possible de coudre des pommes frites.
J’inventais de nouvelles variantes, la poutine au bleu, la poutine en sauce milanaise, la poutine en déodorisant pour la maison, un savon à base de poutine dont je trouvai la recette dans le dernier roman à succès, Les Bienveillantes. Mais mon plus grand vendeur était sans conteste la capote anglaise à saveur de poutine. J’engageais de jeunes demoiselles que j’habillais en pomme de terre et que le public adopta rapidement sous le sobriquet de poutassières. Je touchai les sommets de la gloire que je méritais bien évidemment et que je devais entièrement à ma supériorité intellectuelle sur ce peuple de moutons suivistes, quand leurs traditions ataviques vinrent me rattraper.

Qui les Québécois détestent -ils le plus ? J’entends d’un point de vue raciste ? Les Arabes et les Juifs. C’est prouvé scientifiquement, lisez les statistiques. Or, il se trouve que je suis l’enfant unique d’un père arabe d’origine berbère et d’une juive d’origine polonaise. Entre un révolutionnaire FLN et un pogromé d’Auschwitz. Je ne pouvais pas mieux tomber. Je reçus des lettres de menaces avec de la viande fumée de chez Schwartz. D’aucuns me firent parvenir des concombres marinés et des pierogys périmés. Les plus méchants enduirent mes sous-vêtements de harrissa, cette sauce piquante dont raffolait mon père, mais qui brûle criminellement les parties génitales qui ont le malheur d’en être ointes.

J’ai tout vendu. Je me suis retrouvé sur le BS. Je n’arrivais plus à rembourser les frais de dédommagement que m’imposait la justice dans des procès que j’entamais mais que je perdais, certainement par la faute d’une conspiration internationale purement québécoise. Je soupçonne, depuis, l’existence d’un lobby québécois.

Je m’en sors comme je peux. Ces derniers temps, je tonds la pelouse d’un certain Tentend Mécoute qui a parfaitement réussi. Mais j’en ai plein sur le cœur avec cette histoire. Être aussi abominablement supplanté par des minables jaloux qui ne trouvent à vous reprocher que votre origine à la fois arabe et juive (qui représente en somme une belle promesse pour l’humanité), je ne trouve plus rien à dire sur ce peuple que c’est une gang de bâtards, et qu’ils sont ben contents.

Les Québécois racistes ? Et comment !

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