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Carotte Gold

C’est le début de la session. On est mercredi. J’écris mon article deux jours avant le vendredi. Venredi – 2 = mercredi. Jusque là tout est beau!

Le problème c’est que je ne sais pas de quoi je vais parler. C’est le même sentiment que celui que j’éprouve en entrant dans mes cours pour la première fois. « Comment vais-je faire? » C’est un peu comme si on t’annonce à l’entrée d’un manège à la ronde : « Faut que t’attendes 4 mois, pis ça va être plate en taa… Ah oui, j’oubliais, y’a pas de manège au bout. »

Alors pour ne pas me décourager, je commence avec un peu de manque de respect envers l’école. Je vais plus ou moins aux cours de la première semaine et je me permets de dormir. Comme pour apprivoiser mon environnement. Le chien renifle son territoire, moi je bave sur les bureaux qui m’appuieront pour les 4 prochains mois. C’est un peu pareil pour mon article. Les gens pensent que c’est facile d’écrire de fascinantes aventures comme les miennes à chaque semaine, mais non, c’est aussi épuisant que de faire l’amour à tous ceux qui me lisent. En effet, je m’imagine toutes vos émotions en me lisant, j’essaie d’entrer en fusion avec votre tête, je me préoccupe de votre plaisir au dépend du mien et à la fin, parfois je pleure.

Alors, à chaque début de session, il y a dans mon premier article un peu de manque de respect. J’ai commencé par ne pas écrire d’article la semaine passée, et cette semaine j’en botche un. Au lieu d’investir une dizaine d’heures d’écriture comme d’habitude, je le fais à la course en 50 minutes.

– « Ça paraît en osti! »
– « Va chier! » je te dis.

Voilà pour la partie manque de respect. La semaine prochaine, je serai gentil. Après vous avoir mis à dos, je devrai vous regagner, un à un, précieux public.

Depuis que je suis tout jeune, pour moi tout est une question de « carotte et de bâton ». Je ne fais rien si je ne suis pas extrêmement motivé. Quoique je ne comprenne pas bien à quoi sert le bâton dans l’expression, la carotte, elle, me motive. Je la veux et je dois la mériter. Vous êtes pour moi une carotte. Ma récompense, c’est que vous me lisiez. Je veux donc vous manger!

Mioum! La carotte sera bonne!

Je fonctionne de même pour mes études scolaires. La carotte, c’est de passer mes cours. Pour m’assurer d’avoir la carotte, je me donne un coup de bâton (i.e. : Je coule volontairement mes intras). Comme ça je panique et ça me force à bien réussir mes finaux pour avoir ma carotte.

Le contraire, c’est moins bon. On ne donne pas la carotte avant le bâton. Ça fuck toute la patente! Ça serait comme donner un bac à tous ceux qui s’inscrivent à Poly et alors qu’il travaillent déjà comme ingénieur, leur demander de venir le soir faire algèbre linéaire. D’ailleurs c’est le concept tordu de la carte de crédit : « Jouissez maintenant, payez plus tard! » Moi j’appelle ça la carte de carottes.

Quand j’arrive dans les grands magasins, je demande toujours s’ils prennent Carotte Gold.

Je suis si seul dans ma tête. J’avais pensé faire un party dans ma tête, mais vendredi, c’est le Ice Party à Poly. Je serai donc seul, à danser, sur les rythmes endiablés de ma pensée.

«Poo Tchika laka laka wooh ooh!»

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Mots-clés : Le truc à Renaud (27)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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