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Une résolution du Nouvel An pour les étudiants canadiens

Par Ben Fine & Josh Scheinert

Un des faits les plus marquants du XXe siècle a été l’incapacité collective de l’humanité à résister au mal. Toutefois, devant l’indifférence universelle, un groupe a constamment élevé la voix pour réclamer justice : les étudiants.

* Octobre 1956 : des étudiants hongrois marchent dans les rues de Budapest, déclenchant dans le pays un mouvement de révolte contre l’autorité soviétique.

* Années 1960, dans le sud des États-Unis : des étudiants blancs originaires du Nord participent aux «freedom rides» (marches de la liberté) dans une tentative pour supprimer la ségrégation sévissant dans le Sud raciste.

* Fin des années 1980, partout dans le monde : des étudiants contribuent au lancement d’un boycottage international contre l’apartheid de l’Afrique du Sud, paralysant son économie et participant à la chute du régime.

Avançons jusqu’en 2007, au Darfour. Ses cimetières innombrables constituent la preuve que des crimes contre l’humanité ont été commis. Les villages incendiés sont devenus des rappels permanents de ce qui, jusqu’ici, a filtré sous notre surveillance. Les visages des réfugiés racontent des drames d’une horreur inexprimable.

Néanmoins, en ce qui concerne le Darfour, le vent est en train de tourner. Les célébrités, de même que les dirigeants mondiaux, se mettent à en parler ouvertement. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a qualifié la situation d’« inacceptable ». Le conseil des droits de l’homme a tenu une séance spéciale sur le Darfour. Le Soudan commence à sentir la pression. Bref, nous nous rapprochons du jour où les Casques bleus pourront être déployés sur le terrain pour renforcer la sécurité des civils.

Nous nous trouvons à un moment critique. Il est temps que les étudiants canadiens se rassemblent en masse pour faire pression sur notre gouvernement afin que celui-ci adopte des mesures concrètes permettant d’amener la fin des massacres au Darfour. Après quatre ans d’inaction, plus de 200 000 morts et des millions de personnes déplacées, il faut que nous prenions position.

Le Canada peut et doit occuper un rôle dominant dans l’éradication de cette crise. Sur le front diplomatique, nous pouvons faciliter le démarrage d’une mission multilatérale qui protégerait les civils. Nos avions CF-18 serviraient à faire respecter la « zone interdite de vol », empêchant ainsi que les avions soudanais ne bombardent des villages lorsqu’ils aident les milices Janjiwids. Financièrement, notre contribution en dollars peut apporter une aide décisive. Il est temps que nous nous manifestions et que nous nous engagions; nous possédons les aptitudes nécessaires pour diriger.

Agir en nous basant sur ces aptitudes est simple. Le premier ministre doit prendre le téléphone, rallier les dirigeants de son gouvernement et du monde afin qu’ils acceptent que des forces multinationales importantes soient affectées au sol pour protéger les civils. Pour l’instant, il ne s’est pas assez fait entendre – et nous constatons les conséquences de son inaction. Cependant, les politiciens n’agissent pas sans raison. Pour que le premier ministre prenne le téléphone, il doit voir que ses électeurs exigent davantage – que les Canadiens réclament du leadership.

C’est ici que nous, les étudiants, faisons notre entrée. Notre gouvernement nous écoute. Nous n’avons qu’à nous faire entendre. Les étudiants savent comment s’organiser et se mobiliser; nous le faisons sur nos campus tous les jours. Nous sommes des experts lorsqu’il s’agit de rédiger des lettres, de signer des pétitions et de faire passer nos messages. Cette fois-ci ne devrait pas faire exception. De Victoria à St John’s, il est temps que les étudiants du Canada s’expriment d’une seule voix à l’échelle nationale en demandant une vraie solution à la crise du Darfour.

L’Histoire du XXIe siècle est en train de s’écrire, alors que le Darfour est parvenu à un carrefour. En tant qu’étudiants, nous avons un rôle décisif à jouer dans la manière dont l’Histoire sera façonnée. Soit le Darfour recommence à vivre, soit il continue de périr. Luttons pour le changement autant que d’autres étudiants l’ont fait avant nous. Si nous nous en abstenons, et que le Darfour meurt, alors une partie de notre humanité disparaîtra avec lui.

« Une résolution du Nouvel An pour les étudiants canadiens » a été publié dans plus de deux douzaines de journaux étudiants, de toutes les provinces et dans les deux langues officielles.

Ben Fine, le directeur exécutif de STAND Canada (Student Taking Action Now : Darfur) est un étudiant de la faculté de médecine de l’Université de Toronto. Josh Scheinert, l’avocat et directeur des communications de STAND Canada, est un étudiant de la Osgoode Hall Law School.

Merci à Suzan Yee pour la traduction.

Mots-clés : International (30)

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