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Un conseil d’ami

Par Thomas Thon

En cette période de début de session, un important rappel doit être transmis aux nouveaux étudiants qui seront nombreux ce trimestre à chauffer les bancs des amphithéâtres de Polytechnique. Le conseil est simple : Ne critiquez jamais les institutions de l’École Polytechnique et encore moins son association étudiante!

C’est mal.

Même si vous vous heurtez à des situations ridicules, que vous notez un fonctionnement administratif absurde, taisez-vous, ne dites rien. Rappelez-vous bien que vous allez passer la majeure partie des quatre prochaines ingrates années de votre vie dans cette institution, et vous ne voulez surtout pas passer pour un antipathique rabat-joie ou un jaloux.

Car oui, les succès retentissants de l’AEP ne se comptent plus depuis quatre décennies. Et tout le monde en est jaloux, surtout aux HEC. L’association des étudiants de Polytechnique a récemment fait une entrée dans wikipédia sous la rubrique succès du XXe siècle. C’est dire.

Jour après jour, plus de huit cents impliqués contribuent à l’inexorable marche en avant de cette association, faisant d’elle la corporation étudiante ayant le plus grand pouvoir de négociation au Canada. L’AÉP, votre association, est également affiliée à la FEUQ. Voulez-vous une autre preuve de sa puissance? L’AÉP a signé un contrat d’exclusivité de quinze ans avec le distributeur alimentaire ARAMARK.
Maintenant que vous avez bien appris à respecter le menu fretin, passons au respect des autorités supérieures, les administrateurs de l’École. D’abord, il faut savoir qu’à Polytechnique, seuls ceux qui ont un amour et un sentiment d’appartenance indéfectible pour leur alma mater sont dignes d’en être diplômés (et seuls dignes de vivre). D’ailleurs, ceux qui ne possèdent pas cette ferveur sont facilement reconnaissables à leur air aigri et leur humeur grise qu’ils trimbalent, solitaires comme des fantômes, dans les couloirs et les salles de classes. Les plus révoltés sont pendus par le directeur des études, pour l’exemple. Voir photo. Ils sont encore plus facilement remarquables le jour de la remise des diplômes, puisqu’ils sont les seuls à ne pas avoir d’ami qui vient les féliciter après la récolte de leur sésame, tandis que les autres, heureux et rayonnants, ne cessent de se donner des tapes dans le dos en se remémorant les souvenirs du bon vieux temps : « Hey bien oui, on a fini ! »

Une autre chose très importante à retenir, les mesures prises par l’École sont tout le temps les plus justes. Par exemple, la décision prise par les instances infaillibles de fermer le service de poste, est non critiquable (pour le détail de ce raisonnement infaillible, voir R.-L.P, il ne se trompe jamais). L’ajout des frais technologiques sur votre facture trimestrielle est aussi une décision juste. Faut-il encore justifier l’indispensabilité des écrans plasma accrochés aux fenêtres des laboratoires du pavillon Lassonde qui diffusent des images de robots et de circuits. Ces dernières sont destinées à impressionner l’étudiant bouseux (excusez le pléonasme) qui fait ses premiers pas dans cette école et à décupler son sentiment d’appartenance.

Finalement, les seules personnes que vous pouvez critiquer à Polytechnique, se sont vos chargés de cours. Car eux, ils n’ont aucun pouvoir. Vous pouvez ne pas étudier toute la session et attendre la veille de l’examen pour réviser, vous pouvez remettre des rapports de laboratoire et des travaux tout pourris, quand vous recevrez vos notes qui le seront tout autant, vous n’aurez qu’à dire : « Ah man! C’te prof là y est vraiment pourri. Y connaît rien d’la matière du cours pis en plus y parle même pas bien le françah ».

Conclusion. Poly, c’est quand même une école formidable.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.