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Les Zapartistes

Il y a de bonnes choses qui ne changent pas. Durant le temps des fêtes, les Zapartistes croquent, entre deux morceaux de tourtières, dans la revue de l’année, et votre humble chroniqueur a eu la chance d’y assister.

Ce groupe humoristique à saveur politique a encore une fois bénéficié d’une publicité gratuite à l’aube de leurs représentations au Spectrum. L’an passé, Radio-Canada congédiait François Parenteau pour sa grande gueule amoureuse du Québec, allant jusqu’à dénoncer rageusement son employeur. Son fidèle acolyte Christian Vanasse n’a pas hésité à lui emboîter le pas en déposant sa démission.

Cette année ne fit pas exception. Les Zapartistes ont eu l’audace de bouder les entreprises d’envergures en distribuant leur DVD dans des boutiques indépendantes. Les Renaud-Bray de ce monde et autres Archambault ont exhibé le muscle de leur dictat commercial, ne lésinant pas sur les menaces de boycott. Grande âme, Les Zapartistes ont entièrement assumé leur geste et envoyé contre paître l’empire. Une belle impertinence qui a (encore) mérité l’attention des médias. Nos humoristes ont déjà hâte au scandale de l’an prochain…

Donc, ce spectacle… Un chef-d’oeuvre, rien de moins. À un point tel que la revue de l’année de Jean-René Dufort et celle d’RBO ont paru bien tristes par la suite. Cela devenait tout simplement trop facile de comparer les imitations de chacun et force nous est d’admettre que les Zapartistes ont l’œil juste.

François Parenteau se démarque loin devant tout le monde. On croirait un véritable petit caméléon qui prend la peau des personnages les plus influents qu’il imite avec brio, Harper et Charest notamment. De ce fait, Parenteau est régulièrement accueilli par des huées complices, Charest se demandant pourquoi les gens scandent Michou (sa femme) avec autant d’entrain. Un joli plaisir partagé entre les spectateurs et les comédiens. Définitivement, les Zapartistes ont maintenant leurs propres partisans.

Le «controversé» groupe avait choisi cette année d’être accompagné d’un orchestre sur scène plutôt que d’être suivi de performances d’artistes émergents. C’est un choix qui se discute mais on doit admettre que la présence du band ajoute du piquant aux chansons des humoristes qui aiment à s’improviser chanteurs. Parlant de chants, Brigitte Poupart s’est brillamment distinguée avec une jolie voix d’une puissance étonnante, elle qui, à la même date l’an passé, effectuait ses premiers pas sur scène en compagnie des Zaps. Elle interprète aujourd’hui avec talent ses personnages (spécialement Michaëlle Jean) et nous laisse savourer des échanges délicieux avec Vanasse et Parenteau, ce qui n’est pas rien.

Un des meilleurs moments fut quand François Patenaude (le 4e mousquetaire) et Brigitte Poupart ont joué un joli numéro alors qu’ils ont pris la peine de nous expliquer la tangente que prend notre système de santé. Brigitte jouait pour l’occasion une femme atteinte de cancer sur une liste d’attente. Patenaude lui expliquait pourquoi elle attendait, l’argent de la guerre des cliniques privées faisant figure de priorité au détriment de sa santé. Un beau moment mélancolique.

Sinon, comment les Zapartistes allaient souligner l’arriver de l’aire Dion, Stéphane de son prénom ? Un peu comme l’ont fait par la suite RBO dans leur Byebye avec la Face de mépris, Christian Vanasse a résumé le sujet en interprétant avec brio la chanson Maman Dion de Mononc’Serge. La plupart des paroles étaient changées, évidemment, mais le refrain était réellement succulent et hilarant : « Fuck you, fuck you, fuck you… Stéphane Dion! »

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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