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Mon voyage à New-York

Je me suis enfin résolu à aller aux United States USA. J’aurais aimé être the guest de monsieur le président Bush : je n’aurais pas regretté le plaisir de refuser l’invitation. Mais le bougre n’a pas daigné répondre à mes nombreuses lettres où je le traitais d’âne bâté, et je crains que nous ne soyons définitivement fâchés. L’amitié tient à si peu de choses, finalement !
Comme je n’ai pas les moyens de Monsieur Ford, j’ai abandonné ma voiture à la casse et j’ai pris l’autocar.
Six heures de routes m’ont suffi pour lire trois romans soporifiques en perfectionnant ma technique du grattage de couilles dans la position dite assise.
Mais si le temps de la route a bien été de six heures, le voyage aura duré le double, les agents des douanes ayant découvert tout à coup le plaisir de faire la nique aux Canadiens à leur frontière terrestre, pour continuellement honorer la mémoire de Maher Arar et honnir celle d’Ahmed Ressam (à moins que ce ne soit l’inverse). Salauds d’arabes !
Fort d’un enseignement religieux, nourri depuis la tendre enfance au culte d’Allah et bien instruit de la sagesse mahométane, j’ai cru bon de partager ma science avec ces agents qui m’avaient l’air sympathiques, malgré le molosse qu’ils tenaient au bout de sa lesse et la trique qu’ils brandissaient à l’air en la remuant périodiquement (je parle bien entendu de bâtons).

Moi qui aimais m’imaginer entrer sur le territoire qui a vu naître Chaplin dans la liesse populaire et les cris de joie, j’ai bien été déçu. Les fonctionnaires m’ont malmené jusqu’à demander pitié, et je dois arrêter ici ces lamentations minables.

Heureusement pour moi, une petite vieille qui faisait le voyage aussi s’est éprise de moi, admiratrice de la technique de grattage susmentionnée et quelque peu compatissante de mon sort. Nous nous sommes mutuellement tenu le crâchoire pendant le reste du chemin et avons résolu de subir le reste du voyage dans les bras l’un de l’autre. Nous avons ainsi parcouru Manhattan bandé de fl ics. Nous avons traversé Broadway en chantant sous la pluie (de balles) et avons dormi dans la rue parce que nous avions brûlé nos dernières économies sur la roulette d’un Casino.

Comme j’avais été un peu échaudé par le voyage en autocar, j’ai voulu prendre l’avion pour le retour à Montréal.
C’était sans compter l’exécution de Monsieur le dictateur Saddam Hussein qui a mis l’alerte de sécurité au rouge violacé. Dix heures d’attentes, trois vols manqués et une valise en mille morceaux plus tard, j’ai retrouvé mon lit et mon chat en me jurant de ne plus remettre les pieds aux United States USA tant et aussi longtemps que sévira le Patriot Act.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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