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Résolutions pour 2007

Il est devenu de bon ton d’avoir des résolutions pour la nouvelle année. Le cycle des astres et autres déliquescences planétaires jouent de drôles de tours (haha) à l’humeur des nos congénères qui ne diffèrent guère finalement, tant est cruelle notre innocence, des primates dont nous nous rions souvent pour nous croire supérieurs, alors que nous faisons preuve de la même crédulité à l’égard de ce qui nous dépasse (voire transcende, parce que c’est joli comme verbe quand même). Pauvres de nous !
Mais alors que j’allais tirer à boulet rouge (parce que j’aime tirer, pas vous?)
sur cette fâcheuse manie du je-jureque je-jure-que qui court sur toutes les lèvres que je croise (et embrasse à l’occasion), ne voilà-t-il pas que je découvre, sidéré, mais un peu bête, que de nombreux plumitifs avant moi ont joué de la fronde pour envoyer à tout va leurs crottes de nez aux bigleux et aux rachitiques, aux dépravés et aux communistes, aux athées et aux alpinistes, bref à tous ceux qui n’ont que l’espoir du bonheur sur terre (ne fût-ce que pour eux) ou à tout le moins l’insolence d’espérer un peu dans la pirouette planétaire de l’astre Terre autour de Monsieur Soleil (on salue ici Madame).

Tout serait gentil et beau si lesdits frondeurs ne lésinaient pas à faire couler le vitriol comme d’aucuns du champagne sur les courbes délicates de ces demoiselles dont je rêve en mouillant mes draps, mais avec moins de charme toutefois et tant de condescendance et d’outrecuidance dans le geste que je ne peux, même à bout de peine, me résoudre à les imiter en leur emboîtant le pas.

Que faire alors? D’un côté, se trouvent ces bigots qui psalmodient la litanie du je-jure-que je-jure-que sans me convaincre ni me charmer, de l’autre l’invective de l’armée de plumes qui giclent et crache en toute impunité et à l’unisson sur les premiers, au centre, bien malgré lui, moi, éternellement minoritaire et disloqué, partagé entre le feu et le carburant, jouant des allumettes avec la trouille au ventre de faire tout flamber.

Alors zut! Je n’irai pas. Il n’y aura ni résolution, ni méchanceté à l’égard de ceux qui en ont. Depuis le temps que je roule ma bosse, j’aurais dû comprendre que dans ce monde cruel où le soleil radieux le dispute à l’aigre et malingre image d’un dictateur sur le trépas, un monde triste où les plus belles jeunes filles garnissent hideusement leur sculpture par une culotte de cheval et des vergetures nauséeuses ; dans ce monde, au mépris de la logique et de l’ordre, c’est chacun sa merde et tout le monde sa gueule. Alors bonne année quand même et merci de m’épargner vos lettres de haine. J’ai cessé d’en faire collection. Zou.

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