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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Semaine logarithmique

J’angoisse quand je réalise que je ne sais pas où ma semaine va me mener. Alors le dimanche soir, j’écris l’horaire des choses à faire. Dimanche dernier, j’ai pris le premier papier qui m’est tombé sous la main. J’ai tracé des lignes pour séparer les jours en colonnes.

Lundi, j’y ai inscris mis mes devoirs, mes cours et le ménage de ma chambre. Mardi, mon rapport de lab, l’écriture de mon article et me faire du pain. Mercredi…mercredi me paraissait plutôt serré, j’ai juste planifié laver la vaisselle et monter mon article pour le journal. Jeudi était vraiment mince, j’y ai mis ma réunion d’équipe. En voyant l’allure de vendredi, j’ai compris que je n’avais pas de temps pour faire de grandes choses, peut-être juste le temps pour manger mon pain. Heureux, je me doutais par contre que mon horaire était tordu. En prenant du recul, j’avais honte. Mes colonnes étaient logarithmiques.

Je me trouvais un peu con, mais en récrivant mon horaire sur du papier quadrillé, j’ai remarqué que finalement ça m’arrangeait tout ça.

Les lundis, c’est de la merde, alors autant les scraper bien comme il le faut. Alors pour tout faire ce que j’avais planifié le lundi, il fallait que je me lève vers 6h00 et que je finisse vers 19h00. Le soir je serai fatigué, alors le mardi je vais me lever tard. Ce n’est pas grave parce que j’ai moins de choses à faire. Le mercredi c’est encore mieux, et le jeudi encore plus, et le vendredi, j’en ai pour à peine une heure. Vraiment c’est parfait! Faut pas se mentir, personne ne fout rien le vendredi, et de toute façon, le jeudi il y a plein de 5 , 7 qui finissent à 3…

Pour être sûr de ne pas déroger de ma nouvelle méthode organisationnelle, j’ai noirci toutes les cases horaires qui violaient la semaine logarithmique dans mon agenda!
C’est évident que c’est génial, visuellement c’est clair… Regardez la pente!

C’est une semaine qui glisse vers la fin de semaine. Et le dimanche c’est le jour du Seigneur, c’est le sacrifice, c’est là que tu te prépares à remonter en haut de la glissade, et à minuit, ça recommence!

Il n’y a pas de doute que si j’ai une compagnie, tous les employés vont y passer! Exit la semaine rectangulaire!..Mais je n’aurai pas de compagnie, je suis un génie. Les génies se font engager, et s’ils sont vraiment géniaux, ils peuvent demander ce qu’ils veulent. Moi je veux un bureau avec une fenêtre qui pointe vers le Stade Olympique, une toilette privée, du tapis, une secrétaire qui sait tricoter, un numéro de téléphone qui fini par -6969 et une chaise avec du poil…et évidemment, un horaire logarithmique. Le salaire aussi devrait être génial! L’argent a en effet cette habileté incroyable de nous faire croire qu’on le mérite.

Pour être un génie, il faut être distrait, persévérant et ne pas avoir peur du ridicule. J’ai tout d’un génie!

La semaine de 4 jours n’est peut-être pas envisageable de sitôt, mais avec ma solution, si tu rentres pour l’heure du midi le vendredi, ça fait quand même 5 jours! Non?

J’aimerais finir en citant Albert Jacquard, le vieil intello. Je sais qu’il nous repousse avec sa voix et sa sagesse qui ne fait qu’empirer l’angoisse de se savoir simple d’esprit, mais il est plutôt intéressant. Selon lui, la vie est logarithmique. C’est-à-dire que si l’on vit 100 ans, au bout de la 10e année de notre vie, on aura vécu la moitié de nos expériences. C’est-à-dire que le temps nous paraît aussi long entre les 10 premières années de nos vies que les 90 suivantes. Avec mes 23 ans, j’aurais donc vécu 68% de ma vie. Quand on y pense, il me reste 32% d’expérience de vie pour me marier (facultatif), avoir des enfants (le s est facultatif), avoir une carrière stimulante (le salaire n’est pas facultatif), une retraite active et une mort brève et distrayante…

Quand on pense au progrès que j’ai fait depuis l’âge oŭ j’avais des couches, je crois que sa théorie est plausible. De plus, Amélie Nothomb a déjà dit que la vie après l’adolescence n’était qu’un long épilogue.

Ça c’est ce que j’appelle étaler ma culture.

…pauvre de moi.

Puisque le Polyscope prend relâche, vous n’aurez pas de nouvelles de moi d’ici janvier. D’ici là, vous pouvez toujours vous défoncer et aller lire mes anciens articles sur le site web du journal www.PolyScope.qc.ca, mais mes vieux articles ne sont pas si bons que ça… J’ai tellement maturé depuis!

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Mots-clés : Le truc à Renaud (27)

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