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Fin de session

Je n’aime rien comme la fin de session. J’adore m’enivrer de son doux parfum, me délecter de l’impression fugitive qu’elle me procure le temps d’après, d’après la session, celui où je m’étale en prélat de la farniente sur mon canapé de velours dans une atmosphère empreinte de fragile tranquillité. Mais combien cher est le prix de cette paix que j’appelle de tous mes vœux ! Que de nuits blanches passées à réviser mes notes, à entreprendre la construction d’un barrage d’eau qui ne verra jamais le jour, à échafauder avec grands soins et méticulosité tous les détails d’une rampe d’escalier qui finira dans le bac de recyclage de mon chargé de cours ! Il y a un goût âcre de ces efforts vains dont la récompense tarde toujours à venir et qui ne dure que le temps de ces deux semaines où je n’aurai pas le temps d’oublier que je fus un jour étudiant pour que le rythme infernal de cette vie polytechnicienne reprenne de nouveau son cours.

C’est aux portes ouvertes que Polytechnique va essayer de montrer un visage d’elle qui n’est pas tout à fait le sien, ou pas complètement du moins. De la même façon qu’une roturière vous fait l’éloge de ses galbes en vous cachant sa jambe de bois. Évidemment, ce que vous remarquez quand vous arrivez pour la première fois à poly, le premier contact, c’est les grandes portes du pavillon Lassonde. À l’entrée, des étudiants vont vous attendre pour vous guider tout au long de la journée à travers les différentes salles de cours et de laboratoires, ou encore dans la bibliothèque où vous apercevrez des jeunes gens qui préparent leurs derniers devoirs avant les examens finaux. Mais les journées portes ouvertes vous aident aussi à découvrir d’autres aspects de l’école. Vous découvrez des stands qui regroupent des projets en cours de développement, ou encore la vie étudiante polytechnicienne. Ah quelle est géniale, cette vie polytechnicienne ! Vous découvrirez les principaux comités de l’école qui sont prêt à vous en donner plein les yeux, des comités culturels aux sociétés techniques. Beaucoup d’entre vous seront impressionnés et se diront « quelle école magnifique, les gens savent s’y amuser, sont sérieux et les projets de maîtrise ou de doctorats sont tout simplement effarants ! »

Voilà donc en résumé court mais que je considère suffisant le but des journées portes ouvertes. Des collègues ou même des amis me diraient que je devrais mettre à nu la vraie situation de l’école. Évidemment j’ai refusé, j’ai une admiration totale pour mon école et son service des com. Il est inimaginable pour moi de me mettre à écrire quelque chose d’aussi déplorable que la situation réelle. Je ne veux pas parler des mauvais états financiers de l’école, ou encore des multiples problèmes que connaît son nouveau pavillon, loin de moi cette idée. Je suis non seulement fier de faire partie de l’École Polytechnique mais aussi honoré de participer à sa compagne de propagande. Être étudiant ici, c’est apprendre à travailler d’arrache-pied (comme un nègre), ou encore comprendre le sens du leadership (pour mieux obéir). Bref que des qualités que nul ni personne n’envierait à Poly. En plus, où peut-on boire de la bière à longueur de journée à part ici et (à moindre titre) les bars? Où peut-on rencontrer des gens avec des personnalités remarquables qu’ici et (à une échelle moindre) l’académie des sciences de Paris.

Vous l’aurez compris, l’École Polytechnique de Montréal est une institution à adopter dare-dare pour faire vos études (pseudo) universitaires. Bienvenue chez vous.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.