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Le monde selon JP

Ronald K. Noble. Ce nom ne vous dit rien? Il ne me disait rien à moi non plus avant de lire un article sur lui dans un journal. Ce monsieur est le big boss d’Interpol (International Criminal Police Organization) cette « super police » regroupant 182 pays, basée à Lyon en France mais dirigée par les états-uniens à toutes fins pratiques. Donc, dans cet article, M. Noble se porte à la défense de son collègue canadien de la GRC, M. Zaccardelli, à propos de l’« affaire Arar ». Pour M. Noble, M. Zaccardeli et la GRC ont parfaitement bien agit en « partageant les informations » avec leurs collègues états-uniens. M. Noble se demande : et si M.Arar était un terroriste? Et si, en ignorant et en ne partageant pas les informations, la GRC avait mis en danger des centaines de vies innocentes (formule consacrée qu’emploient ces chevaliers des temps modernes pour défendre les atteintes aux libertés civiles)? Ma grand-mère me disait « avec des “si” on pourrait mettre Paris en bouteille. » Avec des « si » un citoyen canadien a été enlevé par les autorités canadiennes et abandonné aux mains des États-Unis. Avec des « si » un citoyen du plus meilleur pays du monde s’est retrouvé dans des geôles syriennes (notez l’ironie de la chose) où il a goûté aux droits des prisonniers made in Syrie.

Bill Clinton (nouvel envoyé spécial de l’ONU pour la reconstruction des pays ravagés par le tsunami) se fait maintenant apôtre de la cause humanitaire. C’est lors de la conférence Promesses du millénaire que M. Clinton a défendu avec ferveur une aide accrue aux pays en voie de développement. Ce n’est pas comme s’il avait été président du pays le plus riche du monde pendant 8 ans. Une conférence intéressante où aucun leader des pays visés n’était conférencier, mais où des personnalités comme « Monsieur Jean-Luc Mongrain, grand défenseur des citoyens » ont pris la parole. Rappelons que le but des objectifs du millénaire est d’éradiquer la pauvreté extrême dans le monde. Je suis très fier que Montréal ait été représentée par le maire Tremblay, mais que fera Montréal pour atteindre ces objectifs ? Ben, on organise des conférences ! Mais bon, c’est facile de ma part de casser du sucre sur cette conférence. Après tout, la volonté y était. La fondation Clinton a ramassé plus de 7 milliards pour aider à mettre sur pied des projets de développement. Les personnalités présentes ont permis de donner de la visibilité à cette conférence et à cette problématique, et le fait que ces conférences se tiennent à Montréal fait contrepoids à la superbe performance du Nouveau Gouvernement du Canada sur la scène internationale.

Parlant de performance, lors de la conférence de Nairobi (Kenya – magnifique pays), le Canada a reçu le prix de « fossile du jour » et s’est classé 51e sur 56 dans la lutte contre les changements climatiques. Ça se passe de commentaires.

Je regardais un film dont j’ai oublié le nom, dans lequel un acteur dont je ne connais pas le nom, jouait le rôle du président des États-Unis d’Amérique. Dans ce film, le leader du monde libre, comme il aimait tant nous le rappeler, a eu une tirade émouvante sur un fond musicale lent; il venait d’envoyer ses supers avions de chasses contre le QG des méchants Libyens qui avaient attaqué un site militaire étatsunno-israélien. Et donc il se sentait mal parce qu’un pauvre concierge libyen qui n’avait rien à branler la dedans se retrouverait avec une bombe en pleine face parce qu’il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Scène suivante, il retourne forniquer sa rousse. Exit le pauvre concierge libyen. Vous rappelez-vous qu’en janvier 2005, 225 000 personnes sont mortes, emportées par un tsunami? Que sont devenus ces centaines de Cris que le gouvernement de l’Ontario avait du déplacer à cause de la contamination de leur eau potable? Et toutes ces personnes sans abri qui n’avaient ni toit ni souper le soir de Noël? Le bouton « OFF » de la télécommande ne sert pas qu’à éteindre la TV. On l’utilise aussi pour fermer les yeux.

États-Unis : 2986 morts. Irak : 150 000 morts. Afghanistan : 3700 morts en 11 mois. Soudan : plus d’un million de déplacés. Parfois je me demande pourquoi? Et en essayant de trouver des réponses, je me rends compte de la futilité de ces raisons. Que vaut un baril de pétrole par rapport à une vie? Que vaut un bout de terre par rapport à une vie? Oui, c’est facile de ma part, moi qui n’ai jamais eu à me battre contre l’oppression d’un régime, d’une société, d’un corps étranger. Oui, je n’ai pas eu à me défendre contre des individus qui veulent ma mort et celle de ma famille. Mais n’est ce pas en oubliant que la vie est sacrée que tout cela a commencé? Peut-être est ce le mépris pour la vie de l’autre qui est le plus grand danger de notre siècle? Comme dit MC Solaar, « le peuple est devenu impopulaire »; les « dommages collatéraux » font maintenant partie du décor, les « attaques préventives » sont maintenant les meilleures défenses, même les décapitations, les lapidations et les pendaisons deviennent communes. Beau monde.

Au Tchad, pays voisin du Soudan, des violences entre arabes et non arabes secouent l’est du pays. Déjà vu? D’ailleurs ce pays où règne un quasi-dictateur (élu à 77% des voix – sous les yeux d’observateurs internationaux qui ont remarqué « des irrégularités ») est accusé par le Soudan d’ingérence depuis plusieurs mois. Sans être un expert dans le domaine, il me semble que ça ressemble beaucoup à une poudrière tout ça. Et pourtant, la communauté internationale, les larmes aux yeux, avait déclaré avoir tiré des leçons du Rwanda. Néanmoins, des efforts avaient été faits. Pour la première fois de l’histoire, une force d’interposition sous mandat de L’Union Africaine avait été déployée au Soudan. Le Canada, parmi d’autres, avait fournit une aide matérielle et surtout politique à cette force. Malheureusement, les occidentaux ayant d’autres chats à fouetter, cette force est maintenant sous-équipée, sous-financée et en nombre insuffisant. Le gouvernement soudanais et ses milices d’un côté, et les rebelles de l’autre peuvent donc s’adonner à leur guerre comme ils veulent. Quand ils en auront fini avec les civils piégés au milieu, la communauté internationale avec plus de larmes aux yeux, clamera avec force : « Plus jamais ça! ».

Mots-clés : International (30)



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